vendredi , 21 septembre 2018
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Archives de catégorie : Chroniques CDs

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Billy Talent

Billy Talent nomme ses albums comme l’avait fait Led Zeppelin à l’époque. I, II puis III maintenant, pour cette sortie 2009. Mais n’y voyez pas plus de ressemblance. A part peut-être cette obsessions à martyriser les grosses guitares. Billy Talent ne possédera pas contre jamais le succès critique de ses glorieux illustres. Par contre, ils savent comment se retrouver numéro 1 des ventes lors de la sortie de leurs deux premiers albums, notamment en Allemagne et au Canada. Et la recette ne change pas vraiment pour III : produit par le routinier des gros bras Brendan O’Brian (AC/DC, Pearl Jam, Soundgarden), ce LP permettra au groupe de continuer de remplir les salles et bientôt les stades du monde entier au rythme où ils vont. La grosse machine de guerre à l’américaine, sans pitié et sans répit. Lire la suite »

St. Vincent

Bien belle réussite pour le deuxième album d’Annie Clark également connue sous le pseudonyme de St-Vincent. Petite analyse technique de cet artisanat avec notre expert en musicologie.Cette œuvre est le résultat d’un travail personnel de cette songwriter multi-instrumentiste américaine vu qu’elle a approximativement composé et joué la totalité de l’album qu’elle a enregistré grâce au programme garage band. Le processus est intéressant et ne laisse qu’imaginer de bonnes choses quant à la qualité de l’album. Et, en effet, mon imagination ne fut pas déçue. Tout d’abord la voix de St-Vincent est très séduisante et mérite toute notre attention. Sa beauté n’est ni niaise ni vide de sens ou superficielle, sa voix est le symbole d’une sorte beauté remplie de sagesse, de sérénité. Pourtant, St-Vincent ne fait pas preuve d’autosuffisance quant à sa voix. Elle construit en effet une musique relativement complexe, principalement du point de vue rythmique, qui, amputée de la voix qui reste tout de même l’élément principal, garde une totale crédibilité. St-Vincent s’amuse énormément avec les structures rythmiques composées et superpose avec aisance des constructions binaires et ternaires par exemple. Dans le premier titre, "The Strangers", la musique ainsi que la voix peu se comprendre sous la forme d’un standard 4/4 binaire, c’est-à-dire la construction rythmique la plus utilisée depuis quelques dizaines d’années. Mais pour ne pas se contenter de cela, elle y ajoute une partie, une descente de gamme jouée au keyboard, qui est en fait composée en ¾. Il y a donc un décalage entre ces deux constructions rythmiques différentes, décalage qui se résout toute les trois mesures de 4/4, pendant que quatre cycles ont le temps de défiler en ¾, vu que le plus petit dénominateur commun est 12. Afin de citer un deuxième exemple, le troisième titre, "The Neighbors" est très éloquent quant Lire la suite »

Jeremy Jay

Sorti ce printemps, SLOW DANCE annonce un artiste ô combien attachant, le timide Jeremy Jay. Dans une pop bricolée mais tenant la route, renvoyant à Neil Young parfois, à la new wave aussi, ce « charming man » se profile comme le parfait outsider de l’année. Car il sait tout faire. Il y a cette parfaite ritournelle “Gallop“, tout en écho faussement glacial et en rythmique entêtante à coup de claquement de doigts et d’une batterie sommaire. Bien joué Jeremy, on lève une première fois le pouce. Voici avec ce titre une parfaite entrée en matière pour entamer une danse illusoire, comme si l’on se complaisait dans une situation rêvée. En effet, SLOW DANCE semble être en lévitation, sans date ni destination. En déclinant une recette personnelle et toute en agilité, cet album possède une homogénéité dépossédée de répétition : tous frères et sœurs, les dix morceaux ont chacun leur propre histoire, leur propre caractère, leurs petites idées. Pas de remplissage donc… Dans cette unité de corps et d’esprit, on retiendra les deux extrémités. “We Were There“ pour débuter et « Where Could We Go Tonight ?“ pour terminer : électriques, accompagnés d’un clavieret, ils donnent un cadre à ce SLOW DANCE, sans quoi on pourrait parfois être désabusé. Ce continuum n’inspirera en effet pas les esprits pressés et amoureux des singles évidents. Lire la suite »

Ten Years After

Ten Years After s’était produit le 19 juin à Sierre dans le cadre du Blues Festival. Retour - tardif - sur le concert d'un groupe mythique en plein retour de mode de Woodstock, 40ème anniversaire oblige... Lire la suite »

George Harrison

Retour de la rubrique Déchronologie après les principaux festivals de l'été. A l'honneur cette fois-ci, une nouvelle compilation qui suscite le débat: LET IT ROLL de George Harrison, recueil imparfait de dix-neuf morceaux. Lire la suite »

Schnitzer

Tout commence avec la pochette. Hideuse, d’une part, et surtout détail manifeste d’un grand tableau qui en dit, lui, probablement long, contrairement au dit détail qui ne rime à rien. Tout ceci n’est en fait qu’une métaphore. Une métaphore de la position, dans l’espace et dans le temps, de Schnitzer. Dans l’espace d’abord, car autour de tout style, il y a des « péri-styles ». Dans le sujet qui nous intéresse, il y a le rock indie du début des nineties. Ou plus exactement, suite au rock indie US des années 80, il y a eu le grunge et l’indie, notamment, qui ont accouchés de combos très divers et à qualité variable (Nirvana pour le bruit et le groove, Weezer pour le groove et le côté estudiantin, et caetera jusqu’à arriver à des merdes sans nom comme That Dog, dont le seul but était de trouver des mélodies nunuches faites avec de gros sons, et plus les piles étaient à plat dans les pédales d’effets, plus le son était dégueulasse, mieux c’était). Et ces courants ont aussi généré ces fameux « péri-styles », la plupart des styles en cul-de-sac absolus. Lire la suite »

Blur

Neuf ans après le best-of paraît une nouvelle compilation sur l'oeuvre complète de Blur, à l'heure où le groupe se reforme (provisoirement?). Bien entendu, rien n'est à jeter. Notre expert décortique ce "Guide du débutant pour Blur". Lire la suite »

Chairlift

Le trio électro-pop Chairlift, formé en octobre 2005, a enregistré en 2009 leur second album : DOES YOU INSPRIRE YOU. Le premier single "Bruise" est un petit bijou aux sons pop. Dès les premiers boom tchik de la boîte à rythme notre tête se meut de gauche à droite. Involontairement notre bouche murmure les paroles simples et répétitives. Bref, un single efficace qui, sans suprise, a été utilisé pour la campagne de pub d’Apple. Pour les adeptes de la métaphore sucrée, on peut utiliser l’image éculée du bonbon pétillant qui éclate dans la bouche. Malheureusement son arôme trop fort (et écoeurant) anesthésie notre palais pour la suite de la dégustation, les morceaux se distinguant peu ou prou les uns des autres. Ce nouvel album est marqué par les accompagnements intentionnellement démodés. Ainsi, « la pièce maîtresse de l’album » , "Planet Heath", débute par des gazouillements d’oiseaux, puis par des percussions asiatiques, le tout forme un accompagnement au rythme appuyé qui ferait à merveille office de musique pour film érotique des années 80’s (qui passe sur RTL9, on s’entend). "Flying Saucer Hat" est un exemple encore plus probant, chanté par Caroline Polachek, en français, on décele surtout le synthétiseur, affublé d’options vintages, et ses petits riffs à l’aspect enfantin. Lire la suite »

Tiny Vipers

Publié chez Sub Pop, LIFE ON EARTH de Tiny Vipers détonne dans le catalogue de l’incontournable label de Seattle. Originaire elle aussi la ville de l'Etat de Washington, Jesy Fortino – de sa vraie identité - possède néanmoins une grandeur d’esprit consubstantielle aux artistes signés chez Sub Pop. Cette « Vie sur terre » d’une cinquantaine de minute ravira les fans de musique sur le fil, où l’on se prend les pieds dans le tapis par tant de subtilité. Difficile en effet d’y entrer et même de discerner les plages entre elles, entre parties absorbées de guitares, répétition soigneuse de textes, et de silences célestes. Jesy Fortino semble attendre… Il n’y a par contre rien de soporifique dans les onze morceaux des Miniscules Vipères, tout est précautionneux, mesuré et hautement contemplatif. Parfois, on distingue dans ce dépouillement un timbre proche de Michael Stipe ou de Shannon Wright, tout en gardant une approche très personnelle, entre échos et murmures. LIFE ON HEART est austère, abstrait mais porteur d’espoir dans son ensemble. Un disque oxymorique en résumé…On est loin ici d’une Soap & Skin par exemple. On y entrevoit la lumière quand la guitare de Jesy Fortino se fait plus présente, comme sur le très REM Time Takes, ou l’éponyme Life on Heart, sommet de folk sidéral. Contemplatif, parfois hanté, ce deuxième album de la jeune américaine est à garder précieusement pour y passer l’hiver prochain au chaud. Lire la suite »

Magnolia Electric Co.

Il y a du vécu dans cette musique et dans cette voix. Magnolia Electric Co. est le groupe. Jason Molina la voix. JOSEPHINE est le troisième album d’une troupe portée autour de ce folkeux avec lequel il n’est pas vraiment facile de s’y retrouver. Jason Molina, de Lorain, Ohio, a d’abord été bassiste dans des groupes de heavy metal avant d’entamer une carrière solo. En 1996, il fonde Song : Ohia, groupe à taille variable autour de lui-même et écrira sept albums en sept ans d’activité. En 2000, Song : Ohia sortira pas moins de trois disques dans la même année ! Très rapidement, Molina sera fidèle au label Secretly Canadian (Antony and the Johnsons, Foreign Born, I Love You But I've Chosen Darkness et encore d’autres groupes merveilleusement indie). Il collaborera aussi de nombreuses fois avec l’infatigable producteur et, accessoirement, membre de Shellac, le grand Steve Albini (Nirvana, Pixies, Manic Street Preachers). Voilà pour la situation de Magnolia Electric Co. Petit historique indispensable, car le groupe gagne à être connu. Lire la suite »

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