Elbow

Elbow poursuit ici sa route en raison d’un (plutôt réussi) album tous les trois ans. Le temps de chaque fois créer un ensemble plus qu’intéressant. Il permet de pénétrer selon plusieurs « entrées »  dans la forêt des songes. Guy Garvey (leader et chanteur)  donne une profondeur lyrique à des morceaux qui en manquent et qui sans lui pourraient sembler anecdotiques ("Open Arms » par exemple).  Par la voix de leur interprète,  ils deviennent quasiment dantesques puisqu’ils peuvent fait vivre le paradis et l’enfer sur la plage.

 

Le murmure se fait parfois envolée avec "Neat Little Rows" par exemple. Mais jouant sur divers types d’haltères sonores, le groupe offre toujours une palette diversifiée aux couleurs douces comme violentes en des boulevards électriques qui conduisent à l’amer même lorsque certains accents sont crémeux et d’autres luisants de la brillantine. 

Néanmoins chaque titre est à l'image des autres. Tous sont poux parmi les poux. Il faut les chercher  plus bas que dans la tête. Là où l’émotion opère dans un grouillement du scarabée qui remplit notre corps. Avec Elbow  l'incendie larvaire n'est jamais maîtrisé.  Il  reste aussi plein qu'une sous-pente ou un garde-manger. 

 

Le spéculum est dans la tête, le couteau à dissection dans le cœur

 

Se retrouvent à travers BUILD A ROCKET BOYS ! comme ce fut le cas avec CAST OF THOUSANDS (2003)  nos galeries intérieures.  Notre paquet de viande et de nerfs n'est qu'une forêt sauvage où – justement – notre scarabée reste tapit. La musique l’agite et peut parfois mettre au jour ce qui fait  notre débauche,  notre absence de vertu.  Il ne faut donc pas se priver d’une telle activité insectivore de la musique. Soudain le spéculum est dans la tête, le couteau à dissection dans le cœur.  La musique semble venir de loin pour agiter nos 21 grammes d’âme (si l’on en croît un cinéaste mexicain) face au 21 cm2 de textile lilas (bien portés) qui la font chavirer..

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