vendredi , 21 septembre 2018
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Bruce Springsteen

Wrecking Ball

Label: Columbia / Sony Music

CLASSIC ROCK - Le boss est de retour. Un surnom qu’il porte depuis avant sa célébrité mondiale. On ne compte plus les éloges à son talent, mais chaque nouveau disque est une remise en jeu de ce titre. Alors, WRECKING BALL (boule de démolition) va-t-il casser la baraque, ou démolir le statut du Boss ?

Dès les premiers sons, la signature est là, c’est bien du Springsteen. Tant sur la musique que sur le texte. Toujours fier d’être américain (sans être toujours fier du comportement des Américains, comme pour le très célèbre "Born in the USA" où Springsteen critique le statut des anciens combattant du Viet Nam, et ne crie justement pas sa fierté d’être américain comme on l’a souvent cru), s’engageant volontiers contre ce qui le révolte, il annonce d’entrer de jeu qu’il va prendre soin des siens (We take car of our own). Une belle déclaration d’amour à son public le plus fidèle. "Easy Money", comme plusieurs titres de l’album, emprunte facilement au folklore américain l’écriture et l’arrangement musical. Entre country et celtique, cet air enjoué pourrait se chanter, si son texte ne parlait pas d’une manière détournée des gangsters. L’argent facile du titre, c’est aussi parler de la crise actuelle. Ce que fait aussi par exemple "Jack of all Tardes" (homme à tout faire). L’instrumentation est parfois à la limite du kitsch, comme une trompette ici faisant presque écho à un enterrement de soldat.

 

 

Sur un air toujours aussi enjoué et léger, "Death in my Hometown" (mort dans ma ville natale) ne parle pas de terrorisme sur le sol américain, mais bien des industriels sans scrupules. Un texte bien lourd sur une musique qui, si on ne comprend pas le texte, pourrait bien servir de ritournelle pour la danse. Ce n’est pas tout de parler de crise économique, le Boss aborde aussi les problèmes de la vie, chose qui n’est pas exceptionnelle dans sa carrière (on le voyait déjà sur l’excellent album de 1978 DARKNESS IN THE EDGE OF TOWN). Ici c’est le cas pour "This Depression", face à la dépression nerveuse, ou "Shackled and Drawn" pour la vieillesse,

Les bonnes valeurs américaines sont aussi présentes dans les textes de "Rocky Ground", appelant à un certain patriotisme ancré dans une bonne chrétienté. Sur une mélodie entêtante, arrangé de manière moderne (la boite a rythme du R’n B, l’emprunt au rap), ce titre comme le suivant "Land of Hope and Dream", veulent terminer le disque de manière positive. Malgré son titre et son enjouement très country, "We are Alive" traine un texte lourd de sens, faisant écho à plusieurs drames américains, mais, comme les deux titres précédant, reste encore un hymne bien chrétien.

 

 

Ma chronique pourrait s’arrêter la, car c’est officiellement ici que l’album se termine. La version CD contient deux inédits (non présent sur la version 33t qui est pourtant accompagné d’un CD audio). Curieusement, "Swallowed up", le premier bonus contraste avec les trois titres précédents. Calme, sobre, sur un texte moins emprunt de gloire à la chrétienté et d’avantage de regrets et de tristesse. Quand à "American Land" est une vision bien plus réaliste sur un air très celtique des espoirs puis de la désillusion des pionniers américains du XIXe siècle.

J’ai lu à plusieurs reprises que cet album est celui ou Springsteen se fâche contre tout ce qui l’importe. Un constat un peu faux à mon sens. Ce n’est pas de la colère. Il y a de la dénonciation, mais aussi une envie certaine de terminer le disque en redonnant de l’espoir, malgré la crise économique ou la dépression. Globalement, le disque emprunte beaucoup aux musiques américaines plus traditionnelles, tout en se marquant comme un album moderne et récent sur le plan sonore. Le Boss prend peut-être de l’âge, mais il a encore toutes ses capacités musicales. Une nouvelle preuve qui ne rivalisera pas avec ses plus grands disques, mais ne sera absolument pas boudé par ses fans !

 


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