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Arctic Monkeys

At The Apollo

Musikvertrieb


Voici la réponse sans rémission au dernier live des Rolling Stones filmé par Scorsese (Shine A Light) Au clinquant, au pathétiquement mou, à l’auto-congratulation, voici un objet où le mot “indé” prend tout son sens: Live at The Appolo: Arctic Monkeys.  Une mise en “scène” clin d’oeil aux films d’espionnage, avec quatre protagonistes pour autant de plans fixes. Une musique d’entrée (“Servizio Fotografico” par Bruno Nicolai) qui indique que chez la bande à Turner, on cultive élégamment le goût de la mise en scène sobre et référencée. Visible sur internet, la bande annonce donne le ton: “Still Take You Home” (pièce maîtresse du concert) joué plein pot, de face, sans scrupule ni clin d’oeil.  Entre les roadies, les sécus et les ingés sons, on assiste, discrètement, à une arrivée sur scène des plus banales: ici, on ne se délecte pas des habituels cris écervelés, ni d’un triomphe annoncé. Juste un groupe, dans le silence, ce silence qu’on espérerait souvent plus présent en amoureux de musique.

Plan fixe sur le (très) solide batteur Matt Helders, et “Brianstorm”, évidemment. Pour ceux présents à Paléo en 2007 et déçus par la prestation dite froide, sans, hum, communion avec le public, et sans discours contestataire, passez votre chemin, ou alors il faudra s’y faire: à sens unique, à prendre ou à laisser, la prestation des lads de Sheffield, tout en jouant dans la cour des grands, laisse pantois: empullotés (Alex Turner est décidément de plus en plus élégant), statiques, lumières frontales en berne, le tout sans signe ostentatoire ridicule. Filmé à l’Apollo de Manchester mais subventionnés par leur ville natale (Sheffield), ce concert qui clôturait une longue tournée en 2007 a par ailleurs la bonne idée ici d’officier en tant que best of inofficiel (pas de souci: tout y est) en se risquant de se dévoiler intimement.

Un bien bel objet tout en attendant le prochain album d’Arctic Monkeys, qui devrait débouler d’ici à cet été. Et, avant qu’on oublie de le dire, ceci devrait encore une fois prouver qu’il s’agit tout simplement d’un des groupes les plus doués de la décennie. Une chose est sûre: cela fera réfléchir certains sur le manière d’aborder la musique actuelle ainsi que sa représentation, et plus particulièrement leurs compatriotes. Pour terminer, hommage particulier au réalisateur de ce DVD live, Richard Ayoade, qui, en l’espace de quinze morceaux, prouve par A+B que le genre peut être totalement retourné, avec des bonus des plus surprenants (le petit bonjour de l’immense Richard Hawley, un véritable cours de batterie, ainsi que les titre peu connus “Nettles”, “Da Frame 2R” ainsi que le toujours très apprécié “Leave Before The LIght Goes Down”). A recommander.


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