lundi , 24 septembre 2018
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Shaka Ponk en interview

En interview

INTERVIEW – Après leur concert explosif sous le Chapiteau en fin d’après-midi, le groupe Shaka Ponk a bien voulu nous recevoir dans les backstage pour répondre à quelques questions. Entretien avec Ion et Samaha Sam.

 

Lords : Alors comment s’est déroulé ce concert sous le Chapiteau ? Plutôt content ?

Ion : Oui super content, on est plutôt habitué à jouer en fin de soirée, en fin de programmation vers minuit. On a écran sur scène, en vidéo projection pour faire apparaitre le singe et en journée c’est compliqué. Là il y avait un chapiteau et c’était vraiment incroyable, on a été agréablement surpris et on a kifé.

Est-ce que vous connaissiez le Paléo ? Quelle image aviez-vous de ce festival avant de venir ?

Samaha Sam : Je savais que c’était un gros festival en Suisse, très festif et qu’il fallait vraiment y aller. Je savais aussi qu’il y avait de la boue…et j’avais entendu parler des bottes de pluie, mais je pensais que c’était une blague. Je les ai pas apportée et quand j’ai vu tout le monde avec ses bottes, j’y croyais pas, c’est assez troublant (rires)

Et pourtant c’est sec aujourd’hui comparé au début de semaine…

Ion : Apparemment on est chanceux… les jours précédents n’étaient pas autant ensoleillés.

Votre troisième album est sorti il y a quelques semaines, êtes-vous satisfait au niveau de ventes ?

Ion : On est surtout satisfait par rapport aux concerts, c’est là que les gens réagissent à notre musique. Comme sur les autres albums, on a essayé d’aller sur des terres un peu  inconnues, il y a un côté fifties-bubble- électro et comme toujours rock n’roll.

Donc satisfait de l’accueil en live?

Samaha Sam : Très bon accueil des gens. On a toujours un peu la surprise, car on change un peu de style, tout en gardant l’esprit Shaka Ponk, donc on avait quelques appréhensions et au final on est ravi.
Ion : Le label aussi apparemment, donc c’est bon signe (rires)

 

 

Je n’ai pas vraiment compris le titre de l’album THE GEEKS AND THE JERKIN’SOCKS, des explications ?

Ion : C’est un malentendu à la base… L’album devait s’appeler The Galactics and the Surfing Jokes. C’est Frah qui avait trouvé ce titre, qui l’avait dit à Sam, qui l’a répété à Steve et au final qui est arrivé à mon oreille, et moi j’ai entendu The Geeks and The jerkin’socks. J’ai trouvé ce titre mortel et on l’a gardé, c’est un accident heureux comme souvent chez nous.

Et si on traduit ?

Samaha Sam : Les geeks… ben un peu nous (rires).. et Jerkin’socks c’est une expression courante chez les geeks qui vient de « jerking to a sock » qui veut dire heu… comment dire ca
Ion : Tu peux le dire !
Samaha Sam : (rires) Ejaculer dans une chaussette (rires), se branler dans une chaussette. C’est un truc de geek, vu qu’ils passent beaucoup de temps devant leur ordinateur, ce qui est un peu mon cas, vu qu’on fait du graphisme, de la musique, donc au final l’expression c’est pour  les geeks qui n’ont pas le temps d’avoir une vie sexuelle épanouie. Ce n’est pas qu’on le fasse, mais c’est une expression qui nous va bien quand même.

J’ai lu que vous aviez pas mal de succès en Allemagne, que vous aviez vécu à Berlin. Pourquoi l’Allemagne ?

Ion : C’était au tout début du groupe, qui n’existait presque pas encore, on  s’est appelé Shaka Ponk 3 jours avant de partir à Berlin. La motivation, c’était de partir un peu à l’aventure de quitter le confort qu’on avait tous à Paris avec nos amis et nos familles. Le fait de s’exiler c’était vraiment se mettre en danger et en plus découvrir des modes de vie, des personnes, surtout à Berlin qui est une ville cosmopolite et ouvert d’esprit. C’est la ville parfaite pour trouver de l’inspiration et créer librement. C’était pas vraiment prémédité…
Samaha Sam : les loyers n’étaient pas chers, ça aide aussi…
Ion : On aurait très bien pu aller à Londres ou Barcelone, mais c’est vrai que Berlin c’était pas trop cher et au final c’est le mieux qui pouvait nous arriver.

Vous aviez des petits boulots à coté, vous viviez de la musique ? La vie de bohème en quelque sorte.

Ion : Avant Berlin, ce n’était pas Shaka Ponk, mais plutôt un collectif de potes qui s’amusait à créer, à faire du graphisme, tout ça autour d’un message d’espoir, un peu humaniste et pas mal écolo. On a rencontré un type qui piratait des bannières sur le net, c’était le début du hacking, et il y avait un petit singe, un petit avatar et on s’est approprié l’image de ce singe avec son accord, on l’a mis en 3D, on l’a humanisé, il bouge. On a placé ce message un peu moralisateur dans la bouche de ce singe qui est quand même assez rock n’roll, avec des looks pas possible, un peu kepon, donc ça allège le message, c’est du second degré et c’est plus facile à entendre. On est parti en Allemagne pour évoluer ce truc-là et c’est à Berlin que c’est devenu un groupe de rock. On début c’était surtout de l’imagerie avec cet écran sur scène et tout le visuel qui va avec.

 

 

A la fin de votre album il y a deux featuring, parlez-nous déjà de Beat Assailant, c’est un rappeur américain, c’est ça ?

Ion : oui c’est un rappeur américain qui s’est exilé en France et qui a rencontré des musiciens français. Il s’est maqué avec un groupe français qui jour du funk soul assez pêchu avec un côté rock n’roll derrière, c’est mortel. On les a rencontrés dans des festivals, on a fait la fête avec eux, plusieurs fois, et donc on l’a invité à venir sur un titre. On peut tout faire avec Shaka Ponk, c’est ça qu’on aime.

Le deuxième featuring avec Bertrand Cantat, comment s’est passé la rencontre ?

Samaha Sam : C’était l’année dernière, on faisait un concert à Bordeaux, dans une salle qui s’appelle le Krakatoa. En première partie il y avait un groupe chilien que Bertand connaissait, il est allé les voir et du coup il est resté pour nous voir aussi. Il a eu un coup de cœur, il est passé à la fin pour nous dire qu’il adorait et au final on est resté en contact. Humainement c’était une rencontre très naturel et à un moment donné, on est arrivé à ce morceau-là, Palabra Mi Amor et on s’est dit qu’on allait le mettre sur l’album, mais ce n’était pas prémédité, ça s’est passé très naturellement.

Mais du coup, est-ce que vous avez l’impression que le groupe Shaka Ponk a pris de l’ampleur grâce à ce featuring avec Cantat ?

Samaha Sam : Tout le monde ne connait pas encore le duo, ça commence, il y aura peut-être une émulsion qui se fera.
Ion : Il y a quelques papiers sur le net ou dans la presse écrite, mais ca n’a pas chamboulé la vie de chacun. On appréhendait un peu car il y a toujours beaucoup d’histoires autour de lui, il a essayé de réapparaitre, pourtant discrètement, dans le décor du spectacle, et ce n’est pas facile pour lui. On s’attendait à  se faire un peu taper dessus, mais ça n’a pas été le cas. Le peu de papiers qu’on a lu sur ce featuring était plutôt positif. On l’a fait vraiment par plaisir et c’est vraiment un honneur pour nous que ce type-là ai collaboré avec nous et se soit intéressé à notre univers, il nous bluffé, on est super fier.

Vous jouez une musique teintée de rock-électro et j’ai l’impression que c’est le truc à la mode, tout le monde joue du rock-électro. Vous êtes là depuis déjà un moment, comment voyez-vous l’émergence et l’évolution de ce style musical ?

Ion : Au-delà du rock-électro, on pourrait presque parler de fusion. Nous avons du mal à définir notre musique et on ne se pose pas trop la question. On pourrait dire du Free Rock. Au final c’est une évolution musicale, c’est une ouverture d’esprit, due aux nouvelles technologies, à internet. C’est abordable pour tout le monde, c’est facile de trouver du matériel et de faire ses propres expériences de sons ou d’images et de les partager sur le net. C’est une évolution naturelle. La musique et l’image sont maintenant indissociables, on n’écoute moins la radio, tout se passe sur internet, myspace etc.. il y a des photos, des vidéos et ca ouvre des portes à la création
Samaha Sam : D’où la Monkey TV ! L’image pour nous c’est tellement important, qu’on se filme tout le temps. On a créé cette TV sur internet, on filme nos concerts, on filme les gens, on aime ce contact avec les gens et il y a plein d’interaction.

En live, le coté rock ressort avec des gros riffs, des grosses guitares…

Ion : Depuis le début de ce collectif le but c’est de créer autant des images que du son, souvent avec peu de matériel, mais en revanche en concert, il y a des grosses parties de guitares où on profite du moment. Et quand on a essaye de le refaire en studio, au propre, on perdait toute l’âme et toute l’énergie. On garde l’électro pour l’album et on essaie des versions différente en live. D’ailleurs, un scoop ! Pour le prochain album, on pense peut-être sortir toutes les chansons en deux versions, une électro et une plus rock n’roll.

Donc plein de projets ?

Ion : Oui, c’est ce qui nous anime, c’est pour ça que l’on ne regarde pas trop les chiffres. Dès qu’on retourne dans le bus, on regarde les images des concerts ou en dehors et on regarde ce qu’on peut en faire.

 


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