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Paléo 2014 – Mardi


Paléo Festival, Nyon, mardi 22 juillet 2014

REVIEW - Un peu de boue, des guitares douces et plus agressives, de la pop romantique et des beats appuyés. Le Paléo 2014 s'est ouvert ce mardi avec un plan pluie mais surtout une foule d'artistes plus ou moins rock en ouverture!

L’édition 2014 du paléo a débuté les pieds dans la boue mais qu’importe puisque ce sont les oreilles qui comptent ! Les festivités débutent sur la scène des Arches avec Girls in Hawaï. Les Belges démarrent avec « Sun of the Sons » et naviguent dans leur discographie. Le public d'abord clairsemé se prend au jeu, ceux qui passent reconnaissent une chanson et restent. Les guitares d’abord sages commencent à s’exciter, les pieds du public tapent le rythme, Antoine Wielemans grimpe à la structure de la scène, bref, le concert prend vie. Ils sont comme ça, les Girls in Hawaï, généreux dans leur musique, ils donnent tout mais sur la durée, naviguant dans leur discographie, alternant tubes et chansons moins connues avec même un petit inédit. Sur la fin du concert, « Grasshopper » chauffe le public à blanc tandis que « Flavor » enflamme définitivement le public de Paléo, désormais fin prêt à attaquer 5 jours de festival.

Départ sur la Grande scène pour l’inviter surprise du jour, Bastian Baker, qui prend au pied levé la place de Gaétan Roussel, blessé. Bon, avouons d’emblée que Bastian Baker n’était pas en tête de liste des concerts à écouter cette année, arrivera-t-il néanmoins à nous surprendre ? Il débute avec « You’re The One » en douceur, mettant sa voix en avant. Une voix certes un peu lisse mais toujours juste (presque trop ?). Lorsqu’il entame « Lucky », son premier tube, une foule de mains se lèvent. Les fans sont là, mais pas seulement. Certains découvrent intrigués et se laissent séduire par les accents charmeurs de l’idole des jeunes suisses (et même certains chroniqueurs de Lords of Rock, pourtant plus branchés grosses guitares). Pour panacher son show, il se prend au jeu des reprises avec « American Pie » de Don McLean ou « Umbrella » de Rihanna. Lorsque les derniers accords de « Dirty Thirty » résonnent, les midinettes n’en peuvent plus et ce ne sont pas les seules.

Vers 20h00, départ pour le Club Tent pour aller écouter Catfish. Ils sont venus nous présenter leur premier album MUDDY SHIVERS sortit en début d’année. Enchaînant les titres au son vintage, les deux musiciens nous ont baladé le long du Mississippi avec leur rock’n folk sauvage ! La spécificité du groupe est que, bien qu’ils ne sont deux, ils jouent comme s’ils étaient 4 en multipliant les instruments. Si les quelques gouttes de pluie en ont poussé plus d’un à se réfugier sous la tente, le duo français a su conquérir le public par son énergie communicative !

Pendant ce temps, c'est le jeune prodige Jake Bugg qui faisait étalage de toute sa classe mais aussi de son dédain britannique sur la scène des Arches. Il a tout d'abord commencé en douceur avec ses titres les plus acoustiques avant de donner du relief à son set en enchaînant avec des titres plus rageurs pour enfin terminer avec "Lightning Bolt", le titre qui l'a révélé. Celles et ceux qui ont assisté à ce concert seront d'accord avec nous pour dire qu'il s'agissait d'une des meilleures (voire même de la meilleure) prestations scéniques de la soirée.

Au tour des Thirty Seconds To Mars de fouler la Grande Scène. Là aussi, une partie du public est conquise d’avance et menace de s’évanouir au moment où Jared Leto fait son entrée théâtrale tout de blanc vêtu avec lunettes et couronne dorées. Après quinze à distiller une pop rock conventionnelle, le groupe sait comment s’attacher les faveurs du public : les basses sont poussées à bloc, le light show est bien travaillé, Jared fait la causette et semble sincèrement s’amuser. « Kings and Queens » déclenche des cris hystériques tandis que « Hurricane » ou « The Kill (Bury Me) » sont jouées en acoustique. Et même si leur musique reste relativement insipide, on passe un bon moment.

Le parterre de la scène des Arches est plein à craquer. Casquettes, tenues, stylées, la foule attend M.I.A avec impatience. Dans un décor de néons digne de Bollywood, la Britannique fait son entrée aux côtés d’un DJ et de trois danseurs. M.I.A. distille ses morceaux avec le flow qui la caractérise. Elle harangue le public, charme les serpents du rythme, joue avec dans la foule. Sans aucun doute, M.I.A. est la grande prêtresse du mélange de genre : dubstep, techno, hip-hop, rythmes indiens ou tribaux africains. Elle ose tout et ça marche !

Plus qu’une heure avant le concert tant attendu de la soirée : The Black Keys évidemment ! On fait un petit détour par le Club Tent pour découvrir Talisco. C’est du songwriting assez classique qui aurait besoin de mûrir, de se laisser buriner par les vents des déserts américains et laisser sa voix être travaillée par le bourbon ou le mescal. Mais il est bientôt l’heure d’aller prendre place devant la grande scène car l’heure approche !

Si certains ont été déroutés par le tournant pris par la musique des Black Keys surtout sur le dernier album Turn Blue, c’est néanmoins devant un public attentif et ici pour eux qu’ils entrent sur scène. Le set a mélangé des titres des 3 derniers albums mais force est de constater que le côté revivaliste blues rock des débuts du groupe a fait place un son plus pop, même mainstream. De plus, on sent le groupe fatigué de sa tournée de 6 semaines : quelques erreurs par-ci par-là, des frappes ratées, le groupe pas toujours au diapason…

Néanmoins, The Black Keys ont fait le boulot, ont su se montrer généreux et enchaîner tous les titres que les fans attendaient : ‘’Next Girl’’, ‘’Gold on the Ceiling’’ ou encore ‘’Lonely Boy’’ en bref les tubes de EL CAMINO. Dan Auerbach s’est aussi fendu de quelques solos comme on l’espérait pour le grand plaisir des rockeurs. Il y a eu aussi quelques titres du dernier album ‘’Fevers’’ ou ‘’Turn Blue’’. Dans l’ensemble, on a ressenti un petit coup de mou vers le milieu du concert – d’ailleurs après le moment où le groupe semblait le moins au diapason – avec l’impression que le combo cherchait un second souffle que bien heureusement ils ont su insuffler au public pour finir le set principal. Au moment des rappels, Auerbach seul au résonateur entame ‘’Little Black Submarine’’. Le temps s’arrête sur la plaine de l’Asse. A la fin, le groupe termine à deux comme à l’époque des débuts sur ‘’I Got Mine’’.

Au final, un sentiment mitigé pour ce concert évènement qui n’a pas convaincu les fans de la première heure mais qui néanmoins a su ravir le plus grand nombre !


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