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Paléo 2014 – mercredi


Paléo Festival, Nyon, mercredi 23 juillet 2014

REVIEW – Après un mardi un peu humide, c’est une météo incertaine qui a accueilli les festivaliers ce mercredi. Tout de suite, on sent l’effet Stromae. Il y a grosse affluence ce soir. Mais si le belge est la vedette de la soirée, il y a d’autres artistes très intéressants ce soir-là !

Tout d’abord, on est passé par Le Détour pour voir Cats on Trees. Le duo français a regroupé la plupart des festivaliers présents sur le site à cette heure et on s’est laissé emmener par leur pop rock par moments tranquille et bien plus rythmée à d’autres. A la fois forte et fragile, leur musique est dépouillée de toute fioriture sur scène et cela évoque parfois Regina Spektor. Les Cats on Trees ont bien rempli leur temps imparti nous jouant tous leurs morceaux ainsi qu’une reprise de ‘’Head over Heels’’ de Tears for Fears. D’ailleurs lors du rappel – spontané pour une fois – le duo toulousain a rejoué un titre du set ayant épuisé leur stock.

Il est l’heure de redescendre – des arbres – vers les Arches et de jeter un coup d’œil à Naâman, le plus breton des Jamaïcains (ou l’inverse si vous préférez). Le jeune homme connait bien son dossier et mélange new root et hip-hop. Ca bouge aux Arches et les festivaliers sont aux anges.

Pas le temps de traîner car il est temps de se rendre sur la grande scène pour aller voir Seasick Steeve. Déjà c’est un personnage : casquette John Deere vissée sur le crane, un vieux débardeur troué, la salopette de l’Oncle Jessee et un accent à couper au couteau. Pendant une heure, il nous emmène dans un univers blues, boogie et folk nostalgique, parfois, énergique surtout. D’ailleurs, c’est avec beaucoup d’humour qu’il interagit avec le public, nous parle de ses instruments qu’il fabrique lui-même et fait même monter une spectatrice pour lui chanter une balade, les yeux dans les yeux. On a ainsi appris que l’un de ses instruments est composé d’un enjoliveur que lui a donné Jack White, d’un manche d’outil de jardin, d’une pelle à barbequeue ainsi que d’une canette de bière ou qu’un autre est fait à partir de pièces d’un moteur. Malgré ses 73 ans, il a de l’énergie à revendre et pendant une heure il a fait le  show ! C’est le litron de rouge à la main après avoir démonté la batterie qu’il quitte la scène visiblement heureux d’avoir joué ici et nous aussi.

Après le Midwest, c’est dans un cabaret que l’on a rendez-vous. En effet, The Pussywarmers & Réka – sextet tessinois – envahit la scène du Club Tent pour nous distiller une mélange de garage, mâtiné de jazz avec un côté cabaret. Voyage rétro dans un univers rock’n roll aux mélodies mélancoliques qui a ses fans.

Il est 21h00 : Jack Jonhson monte sur la grande scène pour balancer sa pop de plage. Passant de la folk à la bossanova en faisant des détours pop, l’ancien surfeur a proposé différentes choses plus ou moins intéressantes qui ont néanmoins su charmer une bonne partie du public. Il s’offre le luxe d’avoir en guest star Seasick Steve pour un titre endiablé ! Mais il ne faut pas rêver, c’est le public de Stromae qui est là et beaucoup restent après le concert pour être en bonne place pour le spectacle à venir.

En attendant, passage au Club Tent pour aller découvrir Von Pariah groupe nantais de cold pop. Le sextet a affuté ses guitares et ont déversé leur gros son une heure durant devant un public restreint mais captivé par leurs vagues sonores froides et  houleuses.

Le public afflue en masse vers la grande scène pour rejoindre ceux qui ne sont venu que pour ça : le concert évènement de cette édition 2014, j’ai nommé Stromae. Et il faut le dire que la foule est impressionnante même pour la grande scène de Paléo, d’autant plus qu’à raison il n’y avait aucun autre concert au même moment. Le coup d’envoi donné, le spectacle commence. Car oui, il s’agit plus d’un spectacle que d’un concert. Entre humour, dancing machine, défilé de mode, le jeune belge cabotine sur scène et remplir l’espace. Bête de scène, à la fois danseur, derviche, blagueur, mannequin dandy, bateleur, acteur, il sait charmer le public. C’est un spectacle millimétré, aux visuels forts que nous offre le jeune homme à l’allure arachnéenne. Sautant du coq à l’âne, il peut tout aussi bien parler de maladie – où il joue de son physique insectoïde pour évoquer le ‘’crabe’’ – puis parler de ‘’Moules Frites’’ (oui y a un sens caché) et enchaîner sur ‘’Formidable’’. On ne va pas parler de la musique car tout ou presque a été dit et question fan service, le public a eu droit à tous ces tubes.

Au final un très bon spectacle dont malheureusement certains n’ont pas pu profiter pleinement malgré les dispositions prises par le festival : l’écran derrière la régie donnait le visuel mais le son était coupé par l’imposante structure elle-même. Quant à l’écran du côté de la Ruche, il était littéralement squatté par des gens dont la connaissance de l’étiquette festivalière était pour le moins lacunaire – pour rester poli – et qui ont préféré rester assis comme dans leur salon plutôt que faire de la place pour tout le monde avec comme argumentaire : « Fallait venir plus tôt ». Belle leçon de générosité ! Deux choses sont infinies…


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