dimanche , 18 novembre 2018
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Jimi Hendrix

Valleys Of Neptune

Label: Sony Music / Legacy Recordings


Commençons par “éloigner les motifs de fâcheries”… Oui, ce CD posthume
est, par essence, discutable. En effet, la maison de disque
“exploite honteusement” le travail d’un défunt (qui n’est même plus là pour
la ramener en plus !). Jimi Hendrix, vivant, n’aurait effectivement jamais
autorisé telle quelle cette sortie puisque que composée de versions de
travail. De plus, impardonnable, on fait passer son contenu déjà entendu pour
de “l’inédit”, en donnant des titres différents aux différentes versions
d’une même chanson, histoire de bien embrouiller l’amateur !


Que les choses soient claires: cette nouvelle collection (vendue aux US avec 2
instrumentaux bonus, soit 14 titres au lieu de 12) s’adresse aux connaisseurs
es-Hendrix (les autres peuvent dés à présent cesser leur lecture et
retourner à leur “nouvelle Star-Ac”… Et pis dors) qui prendront leur pied à
découvrir non pas des titres inédits, seul le morceau éponyme peut y
prétendre intégralement, mais des versions inédites, nuance de taille, avec
un son parfait ce qui participe à cette impression de “fraicheur”: merci Eddie
Kramer (producteur historique d’Hendrix et de ce projet).
Maintenant que tout le monde est d’accord, si on s’intéressait à ce qui
théoriquement prime sur un album: la musique. Qui dit versions de travail,
démos, ou encore jams (dans ce cas précis) ne signifie pas automatiquement
“rebus”. Ce qui, entre autres, singularise la géniale musique d’Hendrix, c’est
que ses “brouillons” sont dignes d’intérêt voir indispensables (même
instrumentaux: voir les CD Dagger Records disponibles uniquement sur le site de
la famille Hendrix).

 

Que les choses soient claires

 

Alors donc, à quel niveau ce situe musicalement VALLEYS OF NEPTUNE ? Dans sa
globalité, assez haut il faut bien le reconnaitre surtout à notre époque…
mais c’est un autre débat. Ce que je retiens en priorité: la version
définitive (enfin !) de “Valleys of Neptune” dont seules des ébauches étaient
disponibles officiellement (Dagger encore et toujours), l’explosif Hear my Train
a comin’ (électrique-studio pour la première fois), “Sunshine of your Love” (reprise
instrumentale à fond les ballons du classique de Cream dont on ne connaissait
que l’interprétation en concert: “Live at Winterland” notamment). Ensuite
viennent les moins cruciaux “Stone Free”, “Fire & Red House” (versions 1969 de
titres issus du premier album: enregistrés en 1966-67 avec “des moyens
rudimentaires et à la va-vite” au regret de son auteur), “Bleeding Heart”,
nouvelle prise d’un titre déjà disponible sur la compilation Blues, Mr Bad
Luck, Ships Passing Through The Night et Lullaby for the Summer : on frôle ici
l’escroquerie car on hérite respectivement de pré-versions de “Look Over Yonder”, de
“Night Bird Flying” et de “Ezy Ryder”, dont on peux dénicher les versions
définitives sur “South Saturn Delta” et “First Rays of the New Rising Sun”.

 

 

 

 

Pour
finir, on aurait bien aimé pouvoir échanger “Lover Man”, version définitive
déjà dispo sur South Saturn Delta et surtout “Crying Blue Rain”, Jam-Blues
instrumentale informe, pardon “free”, contre d’autres vrais inédits un peu
moins anecdotiques… Ce n’est pas ça qui manque: des “nouveautés” analogues
sortiront, à raison d’une ou deux tous les ans, au cours des 10 ou 20
prochaines années !
En septembre prochain, pour commémorer les 40 ans de la disparition du divin
gaucher, on devrait avoir droit au mythique et inédit concert du Royal Albert
Hall de février 1969 (accompagné de son making-of: une équipe TV l’ayant
suivi pendant des jours comme son ombre).
Au final, un bon album énergique à se procurer, en priorité, aprés avoir
fait de nombreuses fois l’expérience des quatre chef-d’oeuvres qu’Hendrix a publié
de son vivant.


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