lundi , 24 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Concerts » Eiffel au Pont Rouge

Eiffel au Pont Rouge

Live au Pont-Rouge

Le Pont-Rouge, Monthey (CH), samedi 27 octobre 2012

REVIEW - Entre complexes chimiques et pharmaceutiques, centre d’incinération pour déchets et raffinerie pétrolière, la zone industrielle de Monthey est un peu l’arrière-cuisine peu reluisante de notre existence capitaliste. Mais, au milieu de ces mastocs de l’industrie, existe un petit coin irréductible, une bâtisse où se fomente subrepticement la Révolution : le Pont-Rouge, endroit autant généreux qu’accueillant. Ce samedi de froid glacial était ainsi l’occasion pour vos deux chroniqueurs-explorateurs d’épingler ce nouveau trophée à leur rachitique tableau de chasse des salles de concert, et ceci pour une grande occasion. Au programme de la soirée figuraient en effet les Bordelais d’Eiffel, troublions et empêcheurs de tourner en rond, venus, l’espace d’un instant, perturber le ronron de la chaine de production.

 

En tant qu’apôtre d’une noirceur subtile, tintée d’humour et de chaleur en concert, c’est donc plus la fleur-au-fusil que le point levé que Romain Humeau et ses acolytes sont venus brandir au public valaisan FOULE MONSTRE, leur nouvel opus. Après une brève mais prometteuse prestation, mélangeant ambiance atmosphérique et électronique, des français de I’m Seventeen (merci à eux !), Eiffel lance la machine avec "Place de mon cœur" et l’excellentissime "Libre", ce dernier étant peut-être à nos yeux, tant musicalement que textuellement, le summum de FOULE MONSTRE. C’est avec cet album que A TOUT MOMENT, sorti en 2009, tient la tête d’affiche de la soirée, notamment avec "Le cœur Australie" ou "Sous ton aile". Plus assagie et connaisseuse qu’hystérique, l’assistance se prend gentiment au jeu des Bordelais, en particulier celui de Romain Humeau, personnage au charisme rare mêlant avec facilité gestuelle, humour et improvisation, ceci dans une tension frisant parfois avec la possession. Les autres membres du groupe savent aussi donner d’eux-mêmes tout en étant un peu plus en retrait, à l’exception peut-être du guitariste Nicolas Bonnière qui enchaîne abruptement les épisodes de statisme et de furie (les fans de Dolly s’en souviendront).

 

 

Les morceaux s’enchaînent et nous confirment toute la variété d’un répertoire, d’ailleurs récemment enrichi des sonorités électros de FOULE MONSTRE. On alterne ainsi entre des passages musicalement apaisant ou envoutant, notamment avec une brillante "Chamade", et des moments hyper-électrisés (Frères ennemis). L’assistance apparaît aussi transportée par les ponts, parfois obsédant, parfois aériens, du "Chaos of Myself", d’une "Chanson trouée", ou de "Biggest than the biggest". Mais le concert atteint son paroxysme avec "A tout moment la Rue ", lorsque que Romain Humeau se faufile parmi les spectateurs et les spectatrices, comme pour nous rappeler que la révolte et la frustration sommeillent au sein de la foule, pour un jeu de réponse « oui-non » et une petite séance accroupie, avant que le public n’explose en se relevant.. La grande classe !

 

 

Ce moment est alors l’énième confirmation que notre venue au Pont-Rouge fut plus que pertinente. Après coup, on trouvera un seul bémol à cette soirée : la mue opérée entre le 1/4 D’HEURE DES AHURIS et A TOUT MOMENT semble ici définitivement consommée. Même si le Pont-Rouge a eu l’occasion d’apprécier "Biggest than the biggest", "Il pleut des Cordes", et l’impérissable "Hype" en rappel, les morceaux des albums précédent ce dernier se sont ainsi faits trop rares (la frustration est évidente à l’idée de ne pas avoir pu écouter « Sombre »). Mais ne boudons pas notre plaisir. Eiffel… Le jour où tu reviendras par chez nous, nous irons encore te voir, encore et toujours, parce que tu le mérites largement.

 


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page