mercredi , 26 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » The Good, The Bad And The Queen

The Good, The Bad And The Queen

The Good, The Bad And The Queen

EMI


Après le deuxième chapitre de l’aventure Gorillaz, revoilà le « cerveau » de Blur, Damon Albarn, dans un nouveau projet discographique, à la tête d’une nouvelle association de malfaiteurs nommé The Good, The Bad & The Queen.

Après la chanson "Clint Eastwood" qui fit connaître son groupe Gorillaz, Albarn a décidé de sortir un album en forme de nouvel hommage à l’acteur et réalisateur américain qui, en 1966, jouait dans le fameux western-spaghetti de Sergio Leone: Le Bon, la brute et le truand (Il Buono, il brutto, il cattivo, ou en anglais: The Good, the Bad and the Ugly!!!).

Pour ce premier album, l’ange Damon s’est entouré d’une bande de vieux briscards ayant écumé tous les hauts lieux, ainsi que les bas-fonds de la musique et dont le casier musical fait état de certains des faits d’armes les plus novateurs ou expérimentaux qui soient. Pensons notamment à Paul Simonon, ancien bassiste de Clash, ou encore Tony Allen, qui a sévi en tant que batteur de Fela Kuti, l’inventeur de l’Afro-jazz. Le quartet est complété par Simon Tong, ancien membre de The Verve, qui a remplacé Graham Coxon pour certains concerts de Blur; il est aussi le guitariste de Gorillaz sur l’album Demon Days.

Avec un tel gang de professionnels, on pouvait s’attendre à un disque révolutionnaire au niveau de ses compositions musicales. À ce niveau-là, nous serons vite déçus, car il n’y a là rien de très novateur. Les fans de Blur ne seront donc pas dépaysés par les nouveaux plans de leur chef de file. En effet, la voix de Damon ne change pas, pour notre plus grand bonheur. Et là où la musique du groupe perd en vitesse et en légèreté par rapport à Blur, elle gagne en consistance et en profondeur. En ce qui concerne les pépites que renferme ce coffre-fort, signalons notamment la première chanson: "History Song", une ballade où la guitare nous guide, portée par une voix solitaire. Dans "80’s Life", le second titre, les chœurs rappellent un peu les Beach Boys et la basse et la guitare font penser au chef-d’oeuvre de Percy Sledge, "When a Man Loves a Woman" (paru en 1966, encore …). Avec "Northern Whale", qui commence de façon vaguement new wave, c’est le calme qui émane de cette ballade hypnotique qui se finit comme au fond de l’océan, avec des samples qui rappellent les cris des dauphins. "Kingdom Of Doom", sur laquelle Damon Albarn joue du clavier, sonne comme du Coldplay à la sauce Blur (merci de comprendre). Sur "Behind The Sun", les différentes cordes (violons et contrebasses) s’allient de façon subtile à la douce voix qui, accompagnée d’un clavier, nous fait penser à des musiques de Enio Morricone. On retrouve cette même influence sur les titres "The Bunting Song" ou "Nature Springs", qui laissent croire que Damon a trouvé un bon parallèle entre le rock de Blur et les influences de Gorillaz.

Ceux qui se laisseront tenter par les trésors que cache cet album en auront pour leur argent parce que c’est un disque qui gagne à être écouté attentivement, seul de préférence, car il ne se partage pas. Et même si les esprits chagrins diront qu’il est un peu trop tranquille, il faudra leur rappeler qu’à défaut d’avoir le Blur et l’argent du Blur, ce premier envol de The Good, The Bad & The Queen cache certainement quelques bijoux de la couronne.


Revenir en haut de la page