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Metropop 2006, samedi 11.11.2006

Down on your knees


Comme à son habitude, l’organisation a mis les petits plats dans les grands. Rien n’a été laissé au hasard, du service d’ordre aux différents stands nécessaires au ravitaillement. De plus, cette année, la découverte du vin suisse est au programme avec une dégustation gratuite. Tout semble être fait pour passer un bon moment et profiter des concerts sans avoir à s’inquiéter du reste.

Le menu des réjouissances commence peu après 20h15 avec Ayo. Vous ne connaissez pas ? Le clip du single « Down On My Knees » passe en boucle sur toute bonne chaîne musicale qui se respecte. Pour éclairer les quelques lanternes égarées, il s’agit d’un doux mélange de soul, saupoudré de blues et de reggae, tout ça bien évidemment au format acoustique.

L’arrivée sur scène de l’artiste ajoute à l’ambiance bon enfant qui règne dans la salle. Perchée sur son tabouret, et sans avoir à se forcer, elle rayonne littéralement. Pendues à ses lèvres, les oreilles passionnées attendent avec impatience les premières notes de musique. Le show commence assez rapidement. Les sons qui s’échappent des guitares font preuve d’une grande authenticité, ils sont comme empreints d’une fraîcheur candide. L’effet est immédiat, l’assemblée présente entre en osmose quasi parfaite avec le duo, et ce, après quelques minutes de représentation seulement. Entre deux titres, notre charmante chanteuse n’hésite pas à s’adresser au public, d’une voix timide et souriante. L’appétit musical de la foule s’en retrouve électrisé. Quel bonheur que de se retrouver ainsi dans une oasis de douces et mélodiques sonorités.

21h40 à notre montre, la fête continue de plus belle avec Lily Allen. Là encore, la gentillesse et le positivisme sont au rendez-vous, cependant avec quelques surprises de taille. Pas moins de huit personnes sont présentes sur scènes. Deux choristes, une guitare, une basse, une batterie, trois trompettes et la chanteuse, pour un spectacle unique d’ambiances contrastées. Le résultat est sans équivoque, le style est personnel, impossible à classifier, la formation s’ingénie à brouiller les pistes. Le public se prête au jeu, la salle se noircit de monde. Les influences musicales sont carrément inextricables, parfois reggae, parfois ska ou même soul, elles dégagent une sorte de vague groovy, entraînante, frôlant la perfection. Le combo, loin de s’attarder sur un style particulier, n’hésite pas à passer à quelques morceaux nettement plus calmes et sensuels. L’atmosphère se fait dès lors plus intimiste, le charme des cabarets des années quarante refait lentement surface.

Dedans, dehors, la soirée bat son plein. Les festivaliers émergent lentement d’une léthargie en attendant le clou du spectacle ; le plat de résistance se fait désirer.

Ca y est, le grand moment est enfin arrivé. Un solo de batterie hallucinant annonce la venue sur scène de la tête d’affiche : The Servant. La bande à Dan Black arrive sur scène devant une foule en délire. Les places commencent à se faire chères, la salle est comble. Les premières notes du nouvel opus, How to Destroy A Relationship, entraînent une explosion d’applaudissements. Les sons plus durs qu’à l’accoutumée prédisent une représentation nettement plus rock que pop. Cela tombe bien, les spectateurs sont spécialement venus pour écouter du rock ! Les mélodies, quant à elles, toujours bien présentes, se trouvent comme transcendées par cette débauche de sons agressifs. La machine est lancée, une véritable usine à tubes. Les déhanchements et mimiques du charismatique chanteur deviennent furieusement hypnotiques. Le rythme est donné avec les toutes nouvelles compositions, l’excellent «Brains» ou alors encore I’énigmatique «I Should be Your Girlfriend», sans oublier l’inoubliable «Orchestra», véritable morceau d’anthologie du précédent album. La salle est chauffée à blanc. Le résultat est à la hauteurs de toutes les espérances et l’assemblée en redemande. Les harmoniques et les modulations de la voix de notre charmant dandy britannique affolent la guitare et la basse, les trois pôles pris ensemble accentuent encore l’effet de cette pasionaria musicale.

Le temps passe trop vite, malheureusement. De ce concentré de bonheur, il ne nous reste, pour notre plus grand désespoir, que les dernières notes du concert qui s’évaporent dans la nuit profonde. Qu’à cela ne tienne, il nous reste l’album pour nous consoler !

Photos par ©Alain Groux

Lien vers l’interview de Servant

Lien vers le site du Metropop

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