dimanche , 23 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » 2009

2009

Seconde partie


Traversons l’Atlantique pour cette seconde partie du bilan 2009, et allons voir ce qui s’est passé du côté de chez ce bon vieil Oncle Sam. Eh bien si l’album de The Horrors a fait plus ou moins l’unanimité en Angleterre, aux Etats-Unis ce sont deux disques qui se sont partagé les faveurs des critiques : VECKATIMEST de Grizzly Bear et MERRIWEATHER POST PAVILLON d’Animal Collective. Grizzly Bear s’est vraiment révélé en 2006 avec YELLOW HOUSE et a donc sensément enfoncé le clou cette année avec VECKATIMEST, un album délicat folk-pop-baroque, qui commence par une première partie effectivement assez superbe avant de piquer quand même quelque peu du nez dans une seconde partie plus intimiste (et beaucoup plus contestable musicalement parlant). MERRIWEATHER POST PAVILLON d’Animal Collective possède de son côté, effectivement, à peu près toutes les caractéristiques du disque chouchou de la critique branchée : il s’agit d’un groupe underground, le son est très électronique, et la musique est énormément basée sur des motifs répétitifs sensés (avec l’aide de quelques opiacés…) engendrer la transe. Ne manque qu’un petit élément pour que tout le monde soit content : des chansons.

Des chansons, des vraies, des belles, il y en a à foison dans le premier album de Girls, assurément l’une des vraies révélations de l’année. Ces deux garçons, à bien y réfléchir, sont un peu les anti-Horrors absolus : pas de look, sur la tête un truc qui s’appelle une non-coiffure, un son rachitique qui sent le Do It Yourself à plein nez, mais côté compositions, « Laura » ou « Hellhole Ratrace », nom de Dieu que ça claque ! Question pop, en règle générale, ça a d’ailleurs pas mal carburé en Amérique cette année. En témoignent par exemple les excellents disques sortis par Passion Pit (MANNERS), Jeremy Jay (SLOW DANCE), Gossip (MUSIC FOR MEN) ou Chester French (LOVE THE FUTURE). Reste le cas Julian Casablancas et de son premier album solo mi-passionnant mi-embarrassant, PHRAZES FOR THE YOUNG…

Côté ‘rock qui dépote’, Wolfmother a plutôt fait du bon boulot avec son COSMIC EGG, tandis que les cinglés Jay Reatard et Peaches ont, chacun, sorti de très bon disques (WATCH ME FALL / I FEEL CREAM). The Dead Weather et Them Crooked Vultures, nouveaux groupes respectivement de Jack White et Josh Homme, ont eux aussi réalisé des albums surpuissants (HOREHOUND et THEM CROOKED VULTURES), mais dans les deux cas, leur musique est quand même malgré tout sûrement plus taillée pour la scène que pour le studio. Pour la bonne bouche et pour en finir avec le rock américain, signalons les quelques imparables tubes techno-rock disséminés sur le nouveau Yeah Yeah Yeahs (IT’S BLITZ !) au milieu d’autres morceaux plus dispensables, l’excellence du nouveau Wilco (le groupe ayant abandonné tous ses concepts pour revenir à ce qu’il sait le mieux faire, des chansons), l’intensité de THE ETERNAL, le dernier Sonic Youth, ou le folk délicat d’Alela Diane (TO BE STILL).

Un petit tour dans le reste du monde maintenant pour mettre en avant les petites perles électro-pop imparables d’Empire of the Sun, la musique électronique planante des Suédois de Fever Ray ou les sublimes chansons de Patrick Watson. Côté français (je laisserai aux spécialistes le soin de parler du rock suisse), c’est encore une fois la scène électro qui s’en sort le mieux avec Pony Pony Run Run ou Naive New Beaters. Beaux disques également de Coming Soon (GHOST TRAIN TRAGEDY), Air (LOVE 2), même si leur musique commence un poil à tourner en rond, ou Emilie Simon (THE BIG MACHINE) qui a cette fois, sans fausse honte, totalement endossé les habits de Kate Bush française. Mais c’est certainement Phoenix qui a frappé le plus fort en 2009 avec son excellentissime WOLFGANG AMADEUS PHOENIX qui n’a pas grand chose à envier au meilleur de la production anglo-saxonne.

Et le disque de l’année alors dans tout cela ? Eh bien il est peut-être à aller chercher du côté des vétérans de Flaming Lips et de leur kaléidoscopique et génial EMBRYONIC, qui propose tout ce qui devrait à chaque fois constituer la base d’un vrai album de rock : des chansons et un univers. EMBRYONIC est une aventure, un ‘trip’, une expérience comme trop peu de disques l’ont été cette année, cette décennie.

2009 est morte, maintenant vive 2010 (et les nouveaux albums annoncés d’Arcade Fire, Klaxons, MGMT, Strokes, Massive Attack, Fleet Foxes ou Interpol). Quelle sera la tendance des douze prochains mois ? Eh bien les (excellents) disques sortis cette année par Metric, Phantogram, Bat For Lashes ou St Vincent permettent certainement de se faire une idée : 10 contre 1 qu’on file tout droit vers un ‘revival années 90’…

 

PS : RIP Alain Bashung.
PPS : Je m’en voudrais d’oublier le très bel album électronique de Tim Exile, LISTENING TREE.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page