vendredi , 15 novembre 2019
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The Raconteurs

Help Us Stranger

ROCK - 2008, 11 ans, plus d’une décennie... A cette époque on a connu le dernier JT de PPDA, la perte de Soeur Emmanuelle et William Baldé avec « Rayon de soleil » en tête des charts. Heureusement c’était aussi l’année de sortie du deuxième album des Raconteurs, et ils reviennent (enfin) pour nous présenter leur troisième opus : HELP US STRANGER.

Les Raconteurs ont renoué le contact, il y a maintenant 6 mois (fin 2018) avec « Now that you’re gone » et « Sunday Driver » et ça m’a fait l’effet de revoir un vieux pote : comme si le temps n’avait rien altéré et que nous nous étions quittés la veille. Prêts à reprendre la dernière conversation enivrée, laissée en suspens à la sortie d’un rade. J’imagine que le choix de ces morceaux de « retrouvailles » a été savamment étudié étant donné que s’il fallait résumer les Raconteurs, ce serait la définition qu’on trouverait dans un futur dictionnaire sonore 3.0 à sortir. Ces deux ritournelles tournent autour de leurs axes préférés avec le blues crasseux (« Now That You’re Gone ») et le (parfois folk-)rock électrique (« Sunday Driver »).

Cependant les Raconteurs ce n’est pas qu’un super-groupe de deux leaders ultra-doués, ni même de quatre musiciens : c’est une joyeuse coalition qui s’allie pour le bien du rock et de nos oreilles. On y retrouve ainsi sans surprise, Jack White (que je ne te ferai pas l’affront de présenter) Brendan Benson (multi-instrumentiste et co-frontleader du groupe), Jack Lawrence (bassiste des Dead Weather et The Greenhornes) et Patrick Keeler (batteur de TheGreenhornes).

HELP US STRANGER commence avec « Bored and Razed », guitare, batterie et basse feutrées laissent la place à une vraie intro de rock façon 70’s comme pour montrer que l’envie d’en découdre du groupe est toujours intacte. On les imagine volontiers prendre des pauses de guitare héros sur les premiers accords qui arrivent après quelques 30 secondes et lancent vraiment le morceau.

Les influences musicales sont tantôt « à toi / à moi », Jack White laissant volontiers la barre du navire à l’autre tête-pensante du groupe en la personne de Brendan Benson, qu’il « jalouse de ses talents de compositeur de chansons ». Et je ne peux qu’être d’accord avec ses propos tellement les arrangements sont bien sentis selon moi. Ils n’hésitent pas à jouer sur les changements de rythme et de style parfois en plein milieu d’un titre (« Only Child », « Shine The Light On Me », « Somedays I Don’t Feel Like Trying »), même si certains diront qu’on leur sert de la « pop » avec un petit air cynique…

« Help Me Stranger » démarre sur une sorte de vieux blues entonné par JackLawrence, bassiste du groupe qui déraille pour accueillir un morceau folk rock saupoudré de blues licks : du pur produit The Raconteurs. Les mêmes fameux licks que distille Jack White tout au long de l’album, on a parfois l’impression (énervante) de facilité, celle là même qui me laisse penser qu’il serait capable de jouer sur un tancarville et que ça sonnerait toujours aussi bien.

« Don’t Bother Me » est un mix un peu fou, et désolé pour les vrais fans, entre les chœurs de Queen et le combo riff lourd de guitare/batterie de Led Zeppelin. La reprise « Hey Gip (Dig The Slowness) », seul morceau non crédité au duo White/Benson, est l’occasion de se laisser aller à des solos de guitares et harmonica à l’ancienne qu’aurait oublié d’enregistrer Donovan, l’auteur original du morceau. Eh oui, on arrive sur la partie plus électrique, qui sonne garage rock avec des nappes de guitares escortées de leurs pédales d’effets (« Sunday Driver », « Live a Lie », « What’s Yours is Mine »).

« Thoughts And Prayers » termine le voyage, ça y est nous sommes arrivés de l’autre côté de l’Atlantique : ce titre fleure bon les pintes de Guinness et les côtes irlandaises avec sa guitare sèche et ses violons. Ou peut être est-ce juste mon esprit qui s’aventure trop loin, bercé par cette dernière caresse sonore.

Ce troisième effort est une vraie bonne surprise car même s’ils n’aiment pas ce terme, le supergroupe de Détroit nous offre encore douze titres riches. Il trouvera aisément sa place dans vos albums de l’été/année/décennie (jusqu’au prochain…). Pour un des albums les plus attendus de l’année, il fallait bien ça et il remplit parfaitement sa mission : libérer notre endorphine.

À défaut de pouvoir retrouver le groupe en France cette année (a priori), vous pourrez réécouter leur concert donné à l’Olympia le 26 Mai dernier ici, capté par France Inter et présenté par Michka Assayas que je vous recommande chaudement.

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One comment

  1. Excellente critique ! J’avais peur a la sortie des si t’es que je ne trouvais pas fous, mais au sein de l’album ils deviennent cohérents est vraiment bons. Je ne regrette pas les 10 ans d’attente.

    J’avais aussi très peur que l’album soit un album de Jack et ses potes plutôt qu’un album des Raconteurs et me voilà rassuré, ils s’amusent tous les 4 et les compositions n’ont rien à envier à celle des deux albums précédents.

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