dimanche , 22 septembre 2019
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Portishead

Third


Comme son nom l’indique, le nouvel album de Portishead est aussi le troisième. A priori peu original, le titre marque en fait la continuité de l’oeuvre, malgré les années d’absence et la parenthèse solo de Beth Gibbons. Ont-ils bien fait de revenir? La réponse est assurément oui. Portishead revient avec un album magnifique. La sensualité est toujours là, moins insouciante qu’elle ne l’était, plus fragile que jamais, aussi belle qu’alors. Concrètement, Third commence vraiment avec le deuxième morceau, «Hunter», trip-hop envoûtante qui entremêle nouveautés et souvenirs. Suivent «Nylon Smile» et «The Rip» dans un crescendo parfaitement orchestré, ponctué d’un passage accoustique poignant. Portishead est toujours Portishead, ça n’a pas l’air réchauffé du tout et c’est un plaisir à écouter.  Avec «We carry on», la musique tourne électro-industrielle, histoire de ne pas devenir redondante. Dans « Deep Water », l’ambiance est à la balade, avant de se prendre les raffales de «Machine Gun» et les plaintes stridentes de Beth Gibbons en pleine face. L’insouciance a aussi fait place à des pages vraiment très sombres de l’humanité.  Retour à la vie sur la fin grâce à l’extrême sensualité de «Small» et le final trip-hop «Magic Doors  et «Threads» .       
Portishead a mûri. L’insouciance et la joie de vivre ont lâché du terrain et les cicatrices s’expriment maintenant à ciel ouvert. L’ambiance est donc un peu différente, un peu moins enthousiaste et d’autant plus attachante de fragilité. Plus acidulé que les précédents, Third séduira probablement un public plus restreint malgré la beauté et la justesse de la performance. Un troisième album magnifique qui ne plaira malheureusement pas à tout le monde. 


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