mercredi , 14 novembre 2018
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The Walkmen

You & Me

Musikvertrieb


You & Me, titre simple qui témoigne à lui seul de tout ce que le quintette érudit new-yorkais peut déclarer comme émotion musicale. Ce quatrième opus renoue de plus belle avec tout ce qui fait le trouble du son des Walkmen : résonance volontiers vintage mais à la fois intemporelle, guitares chicanières qui s’étreignent, la voix romantico-écorchée de Hamilton Leithauser, le tout s’accoudant nonchalamment sur une base piano-orgue caverneuse. Sur cette griffe vibrante viennent se greffer, au fil des titres, des voies encore inexplorées par la bande; ainsi, “Red Moon” frémit de trompettes fanfaronnantes, “Canadian Girl” ouvre le bal des percussions exotiques tandis que des cuivres s’oxygènent sur “Long Time Ahead of Us”. Les Walkmen citadins savent nous emmener au-delà des méandres de NYC, afin de s’évader tel un état second de somnambulisme exalté, tout en demeurant un groupe aux accents parfois brutalement garage : la classe écorchée de “In The New Year” est bien là pour le rappeler, et ce n’est pas la frénésie de la complainte de Hamilton qui ira à mon encontre.

Hamilton et sa bande parlent d’amour déçu, certes, mais loin des geignardises grotesques pour sensations candides, ils réaffirment leur univers de solitude, inlassable, parfait pour passer sa soirée à chialer dans sa bière : un mélange de tristesse et de beau, pas plus, pas moins. Quoi de mieux qu’un album lunaire qui transpire d’authenticité pour se redonner les couilles de tout tenter?

Les Walkmen, encensé par la critique lors de la sortie de leur premier marmot en 2002, Everyone Who Pretended to Like Me Is Gone, on attendait de les choper au tournant : plus secouants, plus fantomatiques, voilà qu’ils nous livrent sans conteste leur meilleur album.


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