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The Dandy Warhols

The Dandy Warhols are Sound

Beat the World Records


The Dandy Warhols se manifestent enfin. Reste que cette sortie discographique ne présente rien de nouveau mais tente bien de réhabiliter leur grand album incompris, Welcome To The Monkey House, d’une façon suspecte.

 

En 1996, suite à leur premier album riche en style mais pauvre en grandes chansons, DANDYS RULE, OK ? les Dandy Warhols de Portland, Oregon, enregistrent un second disque, leur premier pour une major, Capitol. Malheureusement pour eux, l’album en question est rejeté par la dite major qui le trouve trop rude, trop peu commercial, et en lieu et place, les Dandies repartent enregistrer l’excellentissime THE DANDY WARHOLS COME DOWN. Quelques années plus tard, pour répondre à la demande de leurs fans, les Dandies se décident à sortir sur leur propre maison de disques l’album refusé par Capitol. Son titre est THE BLACK ALBUM, et il est couplé dans un boîtier double CD avec un deuxième disque bourré de raretés. Un rêve de fan, quoi… Pourquoi une telle intro ? Parce que c’est globalement la même histoire que répètent les Dandies avec ce THE DANDY WARHOLS ARE SOUND qui nous intéresse aujourd’hui. Mais globalement seulement.

En 2002, suite à la sortie de leur chef-d’œuvre absolu, 13 TALES FROM URBAN BOHEMIA, les Dandy Warhols s’enferment en studio avec notamment deux membres de Duran Duran, et en ressortent avec un drôle d’album à la sonorité souvent très eighties. Mais une fois de plus, Capitol refuse le disque, et ce coup-ci (toute la différence est là), la maison de disques ne va pas demander aux Dandies de réenregistrer le CD, mais va simplement le faire remixer de son côté et finalement le sortir sous le titre WELCOME TO THE MONKEY HOUSE. On l’aura compris, c’est donc cette version originelle pré-remix de WELCOME TO THE MONKEY HOUSE qui sort aujourd’hui sous le titre THE DANDY WARHOLS ARE SOUND.

 

Circonspect

Seulement voilà, si le fan s’était prosterné à la sortie du fameux BLACK ALBUM, ce coup-ci il est beaucoup plus circonspect. C’est que donc, contrairement au BLACK ALBUM, THE DANDY WARHOLS ARE SOUND n’est pas un album qui a été réenregistré, mais simplement un album remixé. Les différences avec l’album qui est finalement sorti ne sont donc pas si colossales que ça. Pour commencer, si le tracklisting du BLACK ALBUM était très différent de celui de THE DANDY WARHOLS COME DOWN (seulement trois chansons en commun entre les deux disques), celui de THE DANDY WARHOLS ARE SOUND est quasi exactement le même que celui de WELCOME TO THE MONKEY HOUSE (seul le petit morceau d’intro portant le nom du disque a été remplacé ici par un instrumental sans aucun intérêt, « Pete Int’l Spaceport »). Les autres morceaux sont exactement les mêmes que ceux de WELCOME TO THE MONKEY HOUSE, seul l’ordre ayant changé.

 

 

 

 

Les Dandies entament donc les hostilités avec « Burned » qui était le morceau qui concluait WELCOME TO THE MONKEY HOUSE. Wouah, mettre le dernier morceau en premier, quelle originalité ! Petit problème : après cinq écoutes je n’ai toujours pas décelé de différences majeures entre les deux versions (l’ancienne et la nouvelle). Pour le reste des chansons, ce n’est guère mieux : « The Dandy Warhols Love Almost Everyone », « Plan A », « Rock Bottom » et « I am Sound » apparaissent elles aussi dans une forme quasi-identique à l’originale. A chaque fois donc, c’est le mixage qui change, pas la structure du morceau (seul « The Last High » voit quelques petites modifs : le premier refrain a disparu, et il y a une longue partie instrumentale à la fin qui s’enchaîne avec « Wonderful You »). En règle générale, le son de ces chansons est plus maigrelet que celui de WELCOME TO THE MONKEY HOUSE. En fait, et c’est ça finalement le plus intéressant à constater ici, dans son remix, la maison de disques n’a fait qu’appuyer et surgonfler les caractéristiques originelles du disque : dans THE DANDY WARHOLS ARE SOUND, il y avait peu de guitares, dans WELCOME TO THE MONKEY HOUSE il n’y en a quasiment plus du tout. THE DANDY WARHOLS ARE SOUND sonnait un peu eighties, WELCOME TO THE MONKEY HOUSE sonne eighties à mort. Les chansons de THE DANDY WARHOLS ARE SOUND étaient souvent tournées vers la danse, celles de WELCOME TO THE MONKEY HOUSE sont entièrement tournées vers la danse. Et ainsi de suite.

 

 

 

 

Dans l’histoire, sans leur remix super eighties gonflé aux hormones, des morceaux comme « We Used To Be Friends » ou « Scientist » perdent donc une bonne partie de leur diabolique efficacité. « I am Over it », sûrement le morceau le plus gonflant de l’album originel, est certainement celui qui change le plus ici : il apparaît dans une version très lente, fainéante, mais au final il n’est pas vraiment mieux pour autant. Le bilan en fin de parcours est donc maigre. THE DANDY WARHOLS ARE SOUND a souvent un son différent de celui de WELCOME TO THE MONKEY HOUSE, mais aucun des morceaux ici proposés n’est une révélation. Au pire ceux-ci sont moins bien que les morceaux originaux, au mieux ils sont aussi bien, mais aucun n’est mieux. Ils sont juste (légèrement) différents. D’ailleurs il est bien évident que les Dandies eux-mêmes ne sont pas dupes : pour augmenter les différences, une bonne moitié des morceaux a été renommée : « I am a Scientist » devient « Scientist », « (You Come In) Burned » devient « Burned », et ainsi de suite, mais pas de quoi fouetter un chat.

 

 

Le bilan en fin de parcours est donc maigre

Conclusion : voici un disque à réserver aux fans hardcore (il en reste heureusement quelques-uns) juste parce qu’il est marrant de se dire que le MONKEY HOUSE que l’on connaît aurait pu ne jamais exister et être ce disque-là. Pour tous les autres, je ne peux que recommander plutôt, et très, très chaudement, l’originel WELCOME TO THE MONKEY HOUSE, l’album rock génial et bourré de sonorité eighties qui a inventé MGMT, Empire of The Sun, Chairlift ou Passion Pit cinq ans avant MGMT, Empire of The Sun, Chairlift ou Passion Pit…


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