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Taylor Hawkins & The Coattail Riders

Red Light Fever

Label: RCA / Universal


 ROCK Second opus du groupe Taylor Hawkins & The Coattail Riders, ce Red Light Fever et une apologie du power chord.  Un
album rock, oui, avec tout ce que le terme rock peut comprendre.
Développement avec un nouveau venu dans la maison.

Sans connaître et au vu de
la configuration (guitare, basse, batterie), on aurait pu s’attendre à un album
grunge et pêchu, ou simplement modeste. C’était sans compter des invités de
marque et une production archi-léchée. Le
moins que l’on puisse dire, c’est que ce second album commence en grande pompe.
Nul besoin d’écouter plus de trente secondes pour sentir le « trop-plein ».
“Not Back Luck”, titre introductif,
annonce vite la couleur, à en juger son introduction. La suite est lourde et
bien posée, une section rythmique carrée et rentre dedans. Le refrain survient
en bourreau, les chœurs à la Queen se font leur place. Puis solo de guitare.
Les guitares d’ailleurs, on en entend au moins trois ou quatre suivant les morceaux.
Distortions ultra compressées et solos fitness sont le plat de résistance. Ça
nous éloigne encore un peu du trio type garage. Assemblant
des structures rock tout au plus basiques et des fioritures omniprésentes à la
guitare, le groupe maintient toutefois une cadence puissante et exaltée,
alternant entre passages calmes et passages plus destructifs. Guest stars de l’album, Brian May (Queen), Dave Grohl
(Nirvana, Foo Fighters) et Roger Taylor (Queen) font la part belle au rock
lourd et hi-fi qui parsème la galette (à noter que Taylor Hawkins n’est nul
autre que le batteur des Foo Fighters, batteur-chanteur ici avec les Coattail
Riders).

Distortions ultra compressées et solos fitness

Les
morceaux se suivent et l’on ne comprend pourtant pas le leitmotiv dans toutes ces
performances. Comme une succession de tubes rock pour bikers, il n’y a pas d’ingéniosité, pas d’originalité, pas
d’intimité. Du moins, s’il y en avait, le travail de production a du tirer la
chasse d’eau dessus. Et des power chords,
non-stop. Et des solos, non-stop. Brian May joue sur “Way Down”, troisième titre
uniquement, pourtant l’emprunte Queen est saillante tout au long de l’album.
“Sunshine” vient comme un pincement. Car même si elle n’a pas la carrure pour
sauver l’album, le souvenir de Kurt Cobain est inévitable, une voix éraillée
qui nous rappelle le trio de Seattle. Le solo est plus modeste, mais le tout
est encore bien trop léché et la section rythmique fidèle à sa dynamique habituelle. Il
n’est pas aisé d’étiqueter cet album. Une sorte de convergence entre un rock
banal sur-travaillé et les gimmicks à succès américains. Car même si je me suis
retenu, cet album est extraordinairement américain. Entre les rythmes
skate-punk de frat’ band et les riffs
lourds de bikers, on a un cocktail
qui, outre-mer, est voué au succès. Et c’est sans doute là le drame. Sans me tromper, nous avons affaire là à un groupe qui repose son
succès sur le nom de ses protagonistes et sur le show scénique dont il est sans
doute capable. Car du modeste trio rock, on aboutit à un stadium band. Vous l’aurez compris, l’album ne restera,
espérons-le, pas dans les annales. Si vous êtes plutôt mainstream ou rock de
festival open air, vous y trouverez certainement plus que moi. Si au contraire
vous êtes un brin artistique, n’y perdez pas de temps.


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