jeudi , 20 septembre 2018
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The Ruby Suns

Fight Softly

Label: Sub Pop (distr. Irascible)


INDIE On croirait presque que Vampire Weekend et
Animal Collective ont enfanté d’un rejeton. Tout faux, il s’agit d’un groupe
néo-zélandais (Auckland) : The Ruby Suns. Pseudo-groupe dirons-nous car
pour son troisième album la composition a encore changé. Ryan Mc Phun, tête
pensante est lui bel et bien toujours présent, accompagné cette fois de huit
musiciens. Au programme, des influences world, ainsi que le veut la tendance du
moment.

Ryan Mc Phun, ou l’expatrié Californien. N’ayant selon lui plus
rien à expérimenter outre-Atlantique, celui-ci décide de s’exiler dans un petit
coin néo-zélandais, d’y fonder un groupe et de s’inspirer de tout et rien.
Cette fois-ci, c’est MERRIWEATHER POST PAVILLION qui est passé dans
ses platines. Comme quoi, où qu’on aille, Panda Bear vous suit à la trace. Mais
n’est pas Panda Bear qui veut et ce FIGHT SOFTLY reste un cran en dessous par
rapport au maître du genre. Une voix perchée et des instrumentations
électroniques sans queue ni tête : voilà le concept. World : un zeste de musique africaine, une pincée de
polynésienne et saupoudrez le tout d’espagnol. Mélangez et vous obtiendrez le
son caractéristique de FIGHT SOFTLY. Un Ryan Mc Phun (n’ayant pas que la voix
de perchée) réussit, malgré les limites du plagiat Beach Boysien et Animalien,
un beau tour de force. Avant même la sortie de l’album, le très réussi “Cranberry” et ses rythmiques obsédantes en torturaient plus d’un.
Mais explorons tout d’abord les trois premiers titres qui font office de mise
en bouche.

Pitbull noir rencontré en
tournée

“Sun Lake Rinsed” donne le ton. Ce sera très
psychédélique et ensoleillé. Presque R’n’B pour le coup. Selon ses dires, Mc
Phun n’écouterait que de la pop commerciale, comprenez Spears et autres
Timberlake, et cela s’en ressent par moments. De la pop sous acides. “Mingus and Pike” s’emballe un peu plus et les basses deviennent
omniprésentes. Les paroles auraient trait à un pitbull noir rencontré en
tournée… Acides, donc ? A la 108ème seconde, ça prend une
toute autre direction : les airs : planant et euphorique ! C’est
d’ailleurs l’une des caractéristiques de Ruby Suns, cette façon d’emmener
l’auditeur là où il ne s’y attendrait pas et ce, sans concessions. Puis, arrive “Cinco”, comprenant également cette énergie groovy pop. Mais
passons sans escale au plat de résistance : “Cranberry”. Le
titre qui deviendra peut-être celui de l’été 2010. Sa longue introduction de
plus d’une minute laisse place à un beat effréné et des riffs de synthétiseurs
entêtants, calibré pour les pistes de danse. Il a fait la joie des critiques,
il satisfera pleinement les clubbeurs estivaux.

Arrive ensuite la deuxième partie de l’album, sorte de
carrefour de FIGHT SOFTLY : “Closet Astrologer”. Le calme et
les vagues du Pacifique reprennent le dessus cinq minutes durant. Une nostalgie
enivrante transparaît de ce son vaporeux. Yeasayer n’est pas loin. Sur “Haunted House”, ils se rapprochent encore. Pop des années 80 te
voilà. “How Kids Fail” quant à lui aboutit en un feu
d’artifice de percussions et “Dusty Fruit” prouve que l’innocence
et la joie de vivre sont mots d’ordre chez Ruby Suns. Mélange admirable de rythmes world, catchy et electronica. Plaisant et plein de bonne volonté, totalement drogué ou
pas. « Fight soflty » prophétise Mc Phun. Effectivement, car cet
album est un hymne au bonheur et donc à la paix. La contradiction de ces deux
mots trouve tout son sens grâce à ces dix titres ensoleillés. Des Caraïbes à la
Californie, les frontières musicales deviennent floues et le monde moderne en
perd ses contours.

The Ruby Suns sera en concert au Nox Orae, La Tour de Peilz (CH), le 18 août 2010

Nox Orae, la Nuit du Rivage

Avec: Yeasayer, The Ruby Suns, Ganglians, Uberreel

Parc Roussy, La Tour de Peilz (CH), le 18 août 2010.

Prélocations CHF 20.- Site ici


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