samedi , 22 septembre 2018
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Scary Mansion / Le Loup

La Laiterie, Strasbourg

Concert du 4 Mars 2010


 

Une petite salle noire, un bar sur le coté, une scène aussi grande qu’une chambre. Soan, de la Nouvelle Star est dans la grande salle, et les a placés ici. Au départ, peu de monde. Une cinquantaine de personnes. Scary Mansion et Le Loup, peu de gens connaissent en France. Aux USA, dans leur pays d’origine, c’est sans doute autre chose. Je n’ai pas été voir si Soan a rempli sa salle mais bon. Je sais avec quel plaisir j’ai vécu ce concert de  rock folk décalé.

 

 

 

Scary Mansion ouvre le bal. Ses trois musiciens, composés de la charismatique Leah Hayes, Brad à la basse et Ben à la batterie, entrent presque anonymement sur la scène. Tout commence par une petite ballade et, ensuite, c’est l’enchainement des six premiers titres de leur dernier disque. Armé d’un Thunderstick (à trois cordes, à peine plus grand qu’un ukulélé mais sans caisse de résonance) avec un bricolage au scotch pour le rendre électro-acoustique, Leah Hayes mène le bal par sa personnalité. Celle qu’on prendrait volontiers pour une jeune étudiante fragile, toute fine, sobrement habillé et agréable à regarder sur scène (good-looking, comme on le dit dans leur pays) nous transporte par ses interprétations proche du disque, parfois légèrement plus longue (les titres de l’album dépassent rarement les trois minutes). Sa fragilité et son émotivité reste là, mais savent s’effacer lorsqu’elle devient plus « rock ». Avec un batteur qui prend visiblement beaucoup de plaisir, jusqu’à projeter ses baguettes dans le premier rang du public, ainsi un excellent son, on en profite ! J’avais adoré leur dernier album, là, c’est tout simplement, le nirvana. Et quel moment d’émotions sur “Mighty”, cette ballade si calme mais très touchante, où je guettais les signes de tristesse de la chanteuse. Les titres plus rock rendent également très bien. Pour quelques chansons, Leah troqua son instrument étrange pour une vrai Fender, avec six cordes.

 

 

Leah Hayes mène le bal

 

 

Peu à peu la salle se remplit en cours de concert. Les branchés du premier rang bougent sans complexe sur la musique. Le public adhère, et c’est justice. Une heure de plaisir. Et au final, un batteur qui se lève, prend sa cymbale et continue à la frapper d’une intensité alors qu’elle est déjà à terre. Elle ne se relèvera plus toute seule, et nous non plus !
D’ailleurs pour la petite anecdote, j’ai pris la chanteuse en photo avec mon portable, quand elle rangeait la scène à la fin de leur première partie et elle m’a vu la cadrer. Un échange de sourire, moment magique. Oups, je réagis comme un fan ! Groupe suivant, pour lequel la majorité du public (et de la promotion !) semblait être venu : Le Loup. Je l’ai vu, Le Loup, et il ne laisse pas de marbre. Alors que je ne connaissais pas du tout ce groupe, j’avoue qu’il me laisse un souvenir de scene exceptionnel ! Six musiciens, dont un guitariste sorti tout droit visuellement des ZZ Top (en plus jeune) et un chanteur rouquin ayant le parfait physique du geek, aidé de bien plus d’effets sonore que Scary Mansion, viennent manger le Chaperon rouge qui sommeille en nous. Sans résistance pour ma part.
Très différent de Scary Mansion, qui est beaucoup plus sobre et dépouillé musicalement, Le Loup, c’est la richesse sonore. Le chant devient ici presque accessoire. D’ailleurs, le son de la scène n’est pas toujours au top et on n’arrive pas toujours à l’entendre. Armé de trois guitaristes, dont une basse, un chanteur mi percussionniste, mi bassiste, mi ingénieur avec sa console d’effets devant lui, et d’un batteur visiblement plus sobre que Scary Mansion sur le jeu de scène, mais tout aussi efficace sur des rythmiques bien complexes. Par la suite un sixième percussionniste lui vient en aide. La sonorité des Gibson est bien proche des groupes américains des sixties, voir des crooners des fifties. Beaucoup d’effets viennent enrichir les guitares et la voix, comme des tremolos permanents à la guitare ou des échos sur la voix.

 

 

 

Auditivement, c’est du plaisir. Il y a beaucoup de couches sonores, mais on ressent le coté rétro, avec une recherche de sonorité pour ce groupe. Un coté rétro pour les sons de guitare, un coté rétro pour des passages à la Pink Floyd, plus long, travaillant sur la sonorité et les effets, pour un chanteur avec ses lunettes à la Buddy Holly. Visiblement, les musiciens sont vraiment contents d’être là, et le public aussi, de plus en plus démonstratif.
Avec un avant-dernier titre durant plus de dix minutes (que j’aurais personnellement placé en finale), Le Loup nous laissera KO. Une rythmique proche du tam-tam indiens, des nappes de guitares saturés, et un chant en note longue, où la voix devient presque plus un instrument malgré la présence de parole. Dix minutes ou on tape la rythmique du pied, ou on est obligé de se laisser envahir par cette musique. Ahhh… L’orgasme musical. Dix minutes de plaisir. Un percussionniste à la batterie en plus du batteur, un chanteur et un guitariste se partageant deux autres Tom de batterie, l’effet visuel était aussi là. Bref, on est dans un de ces moments ou on rallongerait indéfiniment la musique pour continuer à prendre du plaisir.
Le final est presque mineur à coté de ce titre, même s’il n’en reste pas moins un bon titre. La barre a été placé bien haute. Le final mérite aussi d’être salué, même s’il évoque très fortement un final d’album de Sparks, où le titre “Equator” (Kimono My House 1974), ou chaque musicien s’arrête progressivement. Il n’en restera qu’un. Après le batteur qui quitte la scène en dernier, reste quelques sonorités étranges (enregistrés). C’est l’ordinateur à coté de la batterie ! Il est toujours la !
Après un petit rappel timide du public, le groupe revient faire un dernier titre. Malgré la négociation avec certains membres du public pour en avoir un de plus, on se heurte à un imposant «No» du chanteur. On ne le prenait pas au sérieux, mais on a dû faire fuir Le Loup de la scène après ce dernier rappel. La salle, même si elle peut difficilement contenir plus de deux cents personnes, était bien remplie. Reviens, Le Loup, on ne te fera pas de mal. Tu nous impressionnes encore, mais bon ce n’est plus pareil !
Un excellent concert, avec des artistes abordables, puisque j’ai personnellement pu féliciter Scary Mansion et me faire dédicacer un CD sans bousculades.

 

 

LIRE EGALEMENT

 

Scary Mansion

MAKE ME CRY (2009)

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Chronique par André Meyer. Lire ici

 

 

Le Loup

FAMILY (2009)

Label:Talitres

Chronique par Julien Gremaud. Lire ici

 


Le Loup - Planes Like Vultures from hardly art on Vimeo.

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