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Sarah Eddy – Best of 2004 -2014

Best of 2004 -2014

Label: Akoufene

CHANSON FRANCAISE - Sarah Eddy a commencé et continue sa carrière fidèlement avec le label indépendant Acoufène et son créateur Jean-Baptiste Mersiol. L’histoire a commencé au début des années 2000, où Jean-Baptiste répond à une annonce « Cherche compositeur » à l’Université de Strasbourg. Plus de dix ans plus tard et après cinq albums solos, la collaboration est toujours actuelle. Sarah Eddy a, entre-temps, composé pour elle et pour d’autres artistes, et participé à de nombreux projets. 10 ans de carrière enregistrée, c’est l’occasion de jeter un regard vers le passé et de faire le point.

Il y a des musiciens dont on ne regrette absolument pas qu’ils aient choisi le chant pour s’exprimer, et Sarah Eddy fait partie de ces gens-là. Avec une voix agréable, une personnalité très sincère et touchante sur disque comme sur scène et un univers propre qui est bien loin de la potiche chantant des chansons d’amour ou parlant de choses légères, cette compilation est l’occasion de constater que, tout au long de sa carrière, chaque chanson est un univers, une histoire, une réflexion, respirant la réflexion, le vécu. 

Du coté musical, on reste globalement dans la variété française, dans le coté le plus noble. La seule reprise est « l’Oppression » de Léo Ferré (en duo avec Bireli Lagrène), chanson qui se fond très bien sur cet album. Pour les autres compositions, notre interprète a quasiment tout écrit, seule ou en collaboration. C’est dire si l’univers du disque lui est proche. Comme dans de nombreux disques de variété française, l’intérêt est presque plus dans le texte que dans la composition, qui dans sa forme, reste une alternance de couplets et de refrains. Mais ces textes sont tour à tour poétiques, satiriques, engagés, etc.

Autant de genres rassemblés ici, mais la qualité de ceux-ci (et l’interprétation juste) laisse respirer la sincérité. Bien sur, un bon texte doit avoir une bonne mélodie et l’arrangement adéquat. Et là, c’est le sans faute. Parfois plus grave, parfois très léger, le ton n’est pas toujours celui qu’on attend, mais ces petites surprises sont vraiment sympathiques. Par exemple « Pas assez », avec ce style jazzy, enjoué, chantant, aurait pu être traité avec bien plus de pathos. Heureusement que ce n’est pas le cas, et la chanson y gagne. « Ni clone, ni clown » et « L’Arbre génial logique » poussent les portes du rock alors que « J’ai besoin » contient la fraicheur des ballades folks bien mélodiques des années 70. D’ailleurs, les titres cités vous donnent un aperçu de la qualité des textes que j’évoquais avant.

Que ce soit orienté rock, jazz ou folk, Sarah Eddy nous offre une belle rétrospective de dix ans de carrière. Comme nous en avions déjà parlé lors de la chronique de l’album LA PORTE, chaque chanson est une invitation au voyage dans un univers propre à la chanteuse. Les couleurs changent d’une destination à l’autre, mais chacune sait parfaitement vous accueillir.


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