samedi , 22 septembre 2018
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Santana

Supernatural - Déchronologie

Label: Sony Legacy


DECHRONOLOGIE On n’attendait plus le père Carlos à la fin des années 90 et voilà qu’à l’été 99 surgit dans les bacs le bien-nommé Supernatural. La réédition de cet album au format Legacy est aujourd’hui à l’honneur dans notre rubrique à succès Déchronologie. Moteur avec notre journaliste fin connaisseur du cas Santana.

J’étais resté, comme beaucoup, agréablement surpris par le LP BROTHERS paru cinq ans auparavant où notre guitariste adoré croisait le fer avec son frère et son neveu sur des thèmes latinos traditionnels et originaux, enchainant même des solos plus heavy dans la forme. Alors voir débarquer cet album était plutôt une bonne surprise sachant que l’artiste grommelait depuis des années dans sa Californie d’adoption. Vous le subodorez, on a vite déchanté… Déjà, une pochette horrible qui rend presque belle celle de BEYOND APPEARANCES de 85 ( c’est dire ! ) et puis la lecture des titres où apparaît le Gotha des artistes les plus pénibles de l’époque : Lauryn Hill, Eagle-Eye Cherry, Dave Matthews ( pur produit de la scène dite underground US dealant une pop prétentieuse qui ne ressemble à rien ), Rob Thomas ( qui ? Impossible d’oublier son nom après la soupe Smooth me direz-vous… ), The Product G&B et on ressort le père Clapton de la naphtaline, toujours le premier à venir aider les copains même quand ils n’ont en pas besoin. Bref, si la lecture fut difficile, l’écoute encore plus et la déception un désastre dont nous ne sommes toujours pas remis.

Désastre

A trop vouloir la reconnaissance qu’il pensait mériter, Santana a perdu son âme et créé par le fait, le concept de disque participatif où bon nombre « d’artistes » seront légions à s’engouffrer. Les compos sont lamentables – et je pèse mes mots – et SUPERNATURAL est un monument érigé à la gloire du populisme et aux adorateurs d’un genre musical honni, le « mainstream ». « Tout le monde il est beau… » voilà en gros, le concept de ce LP où Santana fait le minimum artistique côté compos, recyclant au passage ses pires solos, ou plutôt devrais-je écrire, développant au passage ses pires solos; car, depuis SUPERNATURAL, le bonhomme ne fait plus aucun effort côté guitare, préférant laisser à la production le soin de noyer le tout sous des litres de percussions dont ne voudraient même pas Gloria Estefan et des cuivres typés vacances à Cuba avec le Club Med. Même le noyau dur composé de Raul Rekow, Karl Perrazo et Chester Thompson est à la ramasse… Clive Davis lui avait promis le succès, succès il y eut jusqu’à la nausée mondiale qui pour ma part, me pris direct ; mon exemplaire du disque battant le record du monde de lancer de muzak…

Cette Legacy Edition propose en gros le « meilleur du pire » à savoir ce qui fut rejeté du mix final. Là encore, bonne pâte, je me suis dit qu’il fallait savoir pardonner et se rappeller à quel point le Santana pré-SUPERNATURAL savait transcender l’auditeur même dans ses productions les plus moyennes (BEYOND APPEARANCES justement, AMIGOS en dehors des imparables “Europa” et “Dance Sister Dance” ou encore “Festival”) et qu’aux vues de sa carrière, je me devais d’être humble et courber l’échine. Désolé mais trop de frustration vis-à-vis d’un talent gâché et l’impression que le religieux Devadip a vendu son âme au diable Santana. Quant on sait qu’ont suivi SHAMAN et ALL THAT I AM… Une note positive pour finir ? En cherchant bien, mais vraiment bien, vous trouverez le très bon “Serpents & Doves” issu de ce « Lost Week-end » Santanien, relecture du “Save the Children” de Marvin Gaye avec le magistral Tony Lindsay au chant sur la compil’ Multi Dimensional Warrior qui évite au passage les pires écueils des dernières années…


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