mercredi , 14 novembre 2018
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Opeth

Pale Communion

Label: Roadrunner

METAL PROGRESSIF - Le 26 août dernier sortait le 11ème album studio des suédois d'Opeth. Entre deux Cynar, notre chroniqueur de choc Manu a trouvé le temps d'analyser ce dernier opus.

Étrangement lorsque paru le précédent méfait (HERITAGE) des suédois (2011) je me souviens bien avoir été l’un des rares à trouver que le groupe avait mis « les couilles sur la table » comme on dit par chez nous. Tant au niveau des sonorités que de celui de la créativité, Opeth a toujours été une référence majeure pour tout chevelu qui se respecte !

Je ne vous cacherai pas que ceux qui découvriront le groupe avec ce dernier album ont intérêt à accrocher leur ceinture ! Il s’agit de la suite logique du précédent opus à un point tel que j’ai l’impression d’écouter le même disque, tant la texture est la même. Pour ce qui est des contenus, jugez vous même.

Pour être certain de quoi on parle, disons tout de suite qu’il s’agit là d’un disque lent, inspiré, précis mais…tranchant. Ne vous fiez pas à la complexité de ce genre de groupe, le spectre du malin est là : toujours à rôder derrière-vous.

« Eternal Rains Will Come » ouvre les hostilités et le moins qu’on puisse dire, c’est que le groupe n’a pas choisi le morceau le plus accessible pour débuter le festin. Refrain à rallonge, pont de plusieurs minutes qui fait immédiatement penser à du Magma période BABA YAGA. Les claviers sont plus en dessous que d’habitude – du moins sur ce titre – mais la voix de Michael reste très en avant par rapport au reste des instruments. Une voix tantôt cristalline tantôt éraillée. Du coup, pas facile d’accrocher et pourtant on sent qu’il se passe un truc.

C’est l’alambiqué « Cups of Eternity » qui enchaîne et pousse l’auditeur dans ses derniers retranchements (déjà !) tant les sonorités et rythmiques serpentes dans les contrées de ce qui, jadis, fit les belles heures du prog’. Je ne m’étendrai pas sur le sujet pour ou contre le prog’ et ces incessantes cassures rythmiques et sonores. Sachez qu’avec Opeth vous aurez la chance de savourer des sonorités feutrées qui ne renonce pas à la spontanéité propre au metal. Exquis.

Bien sur les choses ne sont pas simples car malgré de la technique, de l’émotion, des parties ultra-harmoniques, cet album nécessite une discipline de tous les instants pour apprivoiser l’immense révolution musicale que nous propose les scandinaves.

Il n’y a pas à débattre pendant des heures pour savoir si Opeth est encore Opeth comme je l’ai lu dans un autre canard. Si vous n’aimez pas le changement, allez chez AC/DC ! Akerfeld cesse de hurler et signe avec ce disque, l’un des choix les plus massif de sa carrière, un peu comme à l’époque de DELIVRANCE.

Le groupe ne propose aucun titre réellement accessible en une seule écoute. Les impatients, il va falloir vous armer de courage. Les arrangements restent sobres comme sur « Elysian Woes » et ces quelques notes. Les ponts restent des remparts au sein desquels la promotion de la musique est le seul objectif. Ce disque demeure sombre, très sombre. Ne vous attendez pas à vous endormir dessus.

Par ailleurs, vous constaterez par vous-même que la trame progressive subit une évolution discrète à partir de « Goblin » ou le groupe se fait plus « rock » moins acoustique et donc définitivement limpide. Les ambiances plus froides et directes des « Voices of Treason » et  « Faith in Other » viennent salir intelligemment le caractère prog’ de ce disque en lui permettant même d’expurger le côté poétique de ce qu’on a pu entendre jusqu’ici. Sur « Voices of Treason » on retrouve de grosses distos qui laissent apparaître un projet arrivé à maturité et qui pourrait bien avoir – peut être d’ici peu –  son double maléfique, un peu comme le groupe l’avait fait en 2002 et 2003 avec DAMNATION et DELIVRANCE.

Si ce disque vous choque tant mieux et tant pis. Comme disait le chanteur-poète Daniel Darc : « J’ai besoin de quelqu’un qui n’a pas besoin de moi ». Opeth n’a pas besoin de nous. Nous avons besoin de lui. C’est bien pour cela qu’il fascine autant qu’il énerve.


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