lundi , 24 septembre 2018
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Musicalarue


Festival - Du blues local, du rock breton, du punk outre-Atlantique... Merci Luxey.

Au cœur même de la ville de Luxey, l’ambiance est particulière durant ces trois jours. Pour arriver sur la scène St-Roch, tournez après l’église. Pour un petit raccourci vers la scène principale, longez la maison de retraite !

On commence donc notre dédale dans les rues de la ville vendredi avec Very Big Small Orchestra, un groupe local que l’on avait déjà vu en concert à Bayonne. Cette fois, ils sont au complet, en version Very Big Orchestra. Leur blues est accrocheur, on adore, même si on attendait surtout leur tube intergalaxique « Biscarosse ». Un titre très drôle, qui commence par les mots suivants « Existe t il un bled plus merdique que Biscarosse dans les Landes ? ». Un petit harmonica pour apporter la pointe de nostalgie, et on en redemande encore et encore.

On retrouve la fougue et la poésie avec Feu ! Chatterton. La scène, le théâtre de verdure, est très belle, et la pinède en fond se marie parfaitement avec les textes du groupe. D’ailleurs, le chanteur précise que le dernier album a été enregistré juste à côté. Arthur s’assure d’avoir un fil conducteur entre les titres, que les transitions ne paraissent pas vides. Il propose donc de « changer de véhicule » entre « Boeing » et « Côte Concorde », ou de « danser nonchalamment au rythme du pigeon, et roucouler » pour introduire « L’oiseau ». Leur aisance sur scène durant les titres du premier album est flagrante : « Ophélie », « A l’aube », « Boeing », les membres du groupe sont déchainés. Et si les titres du second album sont parfaitement exécutés (« Souvenirs », « Ginger », « Ivresse », « Zone Libre »), on sent qu’ils cherchent encore comment leur donner vie sur scène. «  La mort dans la pinède » est évidemment joué, et c’est un beau moment que de l’écouter en étant au cœur de cette pinède. Le groupe termine par « Malinche », probablement leur titre le plus connu. Sauf que le titre bascule dans l’électro franche et sauvage, et durant dix minutes, la pinède prend vie. Pour les chanceux restés par la suite, le groupe a offert « Sari d’Orcino » comme rappel intime, comme une pointe de douceur pour que la redescente soit moins brutale.

Obligés donc de se presser pour ne pas manquer Matmatah, on se retrouve bien loin de la scène, et si la prestation est très efficace, difficile pour nous de vraiment s’en imprégner. Heureusement, les classiques sont là, et nous réveillent. « Au conditionnel », « La cerise », quel plaisir d’entendre enfin en direct des morceaux que l’on fredonne depuis dix, quinze, voire vingt ans pour « Lambe An Dro », « Apologie », « Derrière ton dos » ou encore « Les moutons » !  Une demande en mariage vient interrompre le concert, et le chanteur annonce la participation de québécois sur scène, on a l’impression d’un concert entre potes. Bon, avec beaucoup de potes. On retient le solo de batterie qui nous a littéralement cloué sur place !

Le samedi, on démarre avec Slim Paul, accompagné d’un bassiste et un batteur. L’ancien guitariste de Scarecrow a lancé son premier album DEAD ALREADY. Encore du bon blues avec « Beauty N the beat », qui parle du Mississippi, de la souffrance, de la mélancolie qu’on retrouve dans le bon vieux blues. « Buried Land », « Let me in » qui groove, et Slim Paul ose même reprendre CCR avec « Bad Moon Rising » ! On aime on aime. En guise de rappel, il interprète seul « Nola song », clairement notre coup de cœur. Une guitare folk, une voix éraillée, de la douceur… Il n’en faut pas plus pour tomber en amour. Slim Paul enchaîne sur « Dead Already », avec assez de charisme pour habiter la scène à lui seul.  Le trio termine le concert en se perdant dans un trip expérimental vraiment cool.

La soirée continue avec La Green Box, nouveau projet d’un membre de la Rue Kétanou.  Leur nom est directement inspiré du roman « L’Homme qui rit », dans lequel Victor Hugo invente un théâtre ambulant dans une roulotte dirigé par des saltimbanques.  Le groupe met en chanson des poèmes de l’auteur à travers des styles assez variés : blues, folk, bluegrass avec le banjo, guitare lapsteel… Mais il manque quelque peu une pointe de folie dans la voix. Les poèmes sont parfois un peu plus récités qu’interprétés. On retient particulièrement le poème « Novembre », qui prend la forme d’un slam, plus franc et plus profond. Notre coup de cœur se porte sans aucune hésitation sur le poème « Jeanne ». Le chanteur introduit le titre : « Mon recueil préféré est « L’art d’être grand-père ». Je pensais que Victor Hugo était un grand-père sévère, mais il est en fait très gentil ». Le poème est interprété à la sauce bluegrass, parfaitement adaptée au ton humoristique du poème. On adore.

Le festival se termine pour nous dimanche avec le québécois Keith Kouna, qui introduit toujours ses titres d’une manière étonnante. « J’imagine que notre milieu du show-biz au Québec est aussi merdique que le votre », « J’ai des hallucinations visuelles avec le pastis, la poire, mais aussi des hallucinations auditives qui me disait Kouna pas de panique », pour enchaîner sur « Pas de panique ». Ou encore «  Voici une chanson d’amour universelle car tout le monde s’aime sur cette planète » pour introduire « Tic Tac ». Keith Kouna déborde d’énergie, et nous sommes surpris lorsqu’il avoue avoir enchaîné sept concerts en huit jours ! Il joue aussi « Napalm », « La joyeuse », et effectue un spectaculaire bodysurf sans perdre le micro ! Pour représenter le dernier album BONSOIR SHERIFF, on retrouve par exemple « Marie ». Avec « Oublie ça », version québécoise de « Laisse béton », Keith Kouna réalise un exercice de style vraiment réussi. Les tournures sont drôles et le texte colle à l’original, c’est très réussi ! Le concert se termine sur une pointe nostalgique avec « Labrador », qui nous laisse mélancolique d’une place où l’on n’est jamais allé, pas même Keith Kouna.

 

Bilan du festival : un doux mariage entre musique et arts de cirque, des prestations variées et réussies au cœur d’un petit village… On reviendra !

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