jeudi , 20 septembre 2018
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KEITH KOUNA EN INTERVIEW

BONSOIR SHERIF

Ulysse Maison d'Artistes

Punk's not dead ! Rencontre avec Keith Kouna avant son concert à Musicalarue.

LOR : Nous sommes dimanche, tu joues ce soir, donc le dernier jour du festival. As-tu pu profiter de Musicalarue les jours précédents ?

Keith : Non, c’est vraiment dommage, j’aurais aimé voir Goran Bregovic. Mais on avait un concert dans le Lot hier, et demain matin certains prennent l’avion à midi pour retourner au Québec, et jouer le soir même.

 

Donc un rythme de tournée soutenu ?

On vient d’enchaîner sept concerts en huit jours ! On est crevés. Par exemple, hier dans le Lot, on a fini le show, le parté a pris dans la maison, puis les coqs nous ont réveillé à 5h du matin… Alors, on arrive aujourd’hui à Musicalarue, c’est notre show le plus cool, il faut tout donner, et on est déjà fatigués. On va donner les dernières forces ce soir.

( Ci-dessous, la preuve qu'ils ont vraiment tout donné. ©Nolly Vallium)

 

D’après ce que tu dis, tes musiciens ont d’autres projets ?

Ils accompagnent d’autres groupes comme Tire le coyote, Gabrielle Shonk, Men I Trust. Mais je joue quand même avec eux depuis longtemps. Le claviériste et le guitariste sont avec moi depuis LES ANNEES MONSIEUR en 2009, et le batteur et le bassiste depuis DU PLAISIR ET DES BOMBES en 2012. J’ai vraiment beaucoup tourné avec eux.

 

Ce n’est pas votre première tournée en France ?

Non, ça doit être la quatrième, mais avant ça j’étais déjà venu. J’ai été en résidence à Paris pendant six mois, mais j’étais plutôt dans le style de la chanson. A cette occasion j’ai fait pas mal de dates. Je suis resté deux ans en Europe, de 1997 à 1999, à jouer pas mal dans la rue, c’est là que j’ai écrit les titres de mon premier disque, qui est sorti dix ans plus tard.

 

Pourquoi ?

J’ai voulu enregistrer à mon retour d’Europe, mais j’ai été plutôt mal entouré. Alors j’ai tout plaqué pour fonder les Goules avec des potes. Je pensais enregistrer mes titres personnels quelques mois plus tard, et finalement le groupe des Goules a quand même duré sept ans ! Alors, quand on a choisi de mettre Les Goules sur la glace, je me suis dit que c’était le bon moment pour enfin enregistrer mes titres. J’aurais vraiment aimé jouer avec les Goules en France. C’est encore plus décalé que ce que je fais. Mais je suis le seul à encore faire de la musique.

 

Si tu pouvais remonter le temps et donner des conseils à ton jeune toi, que dirais-tu ?

Excellente question ! La grande différence, c’est qu’à l’époque, le matériel n’était pas accessible pour que tu fasses toi-même quelque chose d’aussi bien qu’en studio. Tu étais obligé de passer par des studios d’enregistrement qui coutaient cher. J’aurais donc aimé être au courant de tout ce qui est droits d’auteur, j’ai mis vraiment du temps à m’y intéresser. J’aurais aimé connaître un peu plus l’industrie. C’est correct, j’ai appris sur le tas, je n’ai pas de regrets, mais par exemple je trouve que le premier album des Goules est bâclé. Il faut aussi bien choisir les gens qui t’entourent en studio. L’ingénieur, c’est super important.  Par exemple, pour BONSOIR SHERIF,  la pré-production a eu lieu en France, et on savait vraiment où on allait le jour où on est rentrés dans notre studio au Québec. Il faut prendre le temps de faire une pré-production, tu es gagnant au final. Je ne suis pas une bibitte de studio : plus c’est long, plus t’es perdu !

 

As-tu tes petites habitudes dans certaines salles, certains festivals ?

J’aime vraiment les Francofolies, le FEQ, le Festif de Baie-St-Paul aussi. Par contre, lorsqu’il s’agit de jouer solo en acoustique, je vais au Quai des Brumes à Montréal.

 

Que penses tu des tremplins ou l’école de la chanson ?

Ce sont de bons outils mais ça ne m’a jamais attiré. Avec les Goules, on a fait les Francouvertes en 2003. On a été en finale, puis on a gagné 1000 dollars et un micro. Aujourd’hui, tu sors avec 10 000 balles et une tournée, tout a pris de l’ampleur ! Aujourd’hui ca vaut la peine, à l’époque ca ne valait pas le coup.

 

Musicalarue est un festival qui regroupe pleins d’arts différents. Qu’aurais-tu fait si tu ne t’étais pas lancé dans la musique?

De l’écriture, c’est sûr ! J’aime la littérature, le théâtre… Je me dis souvent « après cet album, je prends une pause et j’écris un roman ». Et puis finalement je repars sur un autre album…

 

Pourquoi pas un petit recueil qui permet une écriture épisodique?

Non, il me faut un projet. Même concernant mes albums, je n’écris pas de chansons si je n’ai pas à en écrire.

 

Tu as l’inspiration sur commande en fait ?

Ouais, je fonctionne sous pression. Je ne suis pas du genre à faire 20 chansons, pour ensuite en sélectionner certaines. Si je décide que je veux 13 chansons, j’en écris 13, pas une de plus. En fait, je suis peut être paresseux ! (rires)

 

Tu as commencé par écrire en anglais ?

Oui, quand j’étais jeune. D’ailleurs je suis retombé sur mes recueils de textes, c’était tellement pourri ! Mais quand j’ai commencé à écouter les Béru, Jean Leloup, Richard Desjardins, Renaud, je suis passé au français.

 

Parfois tes textes ressemblent à des poètes, et ta musique reste vraiment brute. Est ce que tu composes les deux en même temps ?

Je commence par la musique. J’improvise beaucoup. Je peux avoir pleins de versions d’un titre, et à travers ça, je trouve des fils conducteurs.

 

Et quand décides-tu que tu as enfin la version finale ?

Tu le sens ! Mais parfois tu peux avoir un mot par exemple qui te reste en tête pendant deux semaines. Ça peut être long. Dans tous les cas, il faut tester tes nouvelles chansons en live pour avoir ensuite un bon enregistrement.

 

 

BONSOIR SHERIF est sorti depuis presque un an : as-tu d’autres projets ?

Je vais finir la tournée en novembre, et enchaîner sur la sortie de mon album pour enfants KID KOUNA, et monter le spectacle !

 

C’est aussi pour les adultes ?

Ben oui ! Le but est de le présenter aux enfants, puis aux adultes à 23h sur le parté, en leur parlant comme à des gamins !

 

Fais-tu ce projet avec les mêmes musiciens ?

Non, j’ai tout fait avec un seul claviériste. On a fait ça hyper chill, ludique, en picolant et fumant des pétards ! C’est super drôle, c’est mon projet le moins lourd. C’est très orchestré, le claviériste fait la batterie, la basse, des cuivres ! Mais là on est en train de se demander comment on va faire ça en spectacle… On va finir le mixage, la pochette, on verra le spectacle ensuite !

 


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