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Kilbi, suite et fin

Vendredi et samedi

Kilbi Festival, Düdingen (CH), vendredi 24 et samedi 25 mai 2013

REVIEW- Suite et fin de notre séjour à Düdingen. Avec une programmation alléchante le vendredi et d’avantage de découvertes le samedi, ces deux dernières journées s’annonçaient encore très intéressantes. On a rechaussé les bottes, ajusté l’écharpe, enfoncé le bonnet et remonté le col de la veste. Nous voilà fin prêt.

Ils sont jeunes, insouciants et Hollandais, ce sont les Mozes and The Firstborn et leur concert en début de soirée au B-Stage a été une bonne surprise. Ils définissent leur style comme du garage pop, ce qui correspond en effet à ce qu’on a pu entendre. Avec un batteur aux attitudes et gestes de Dave Grohl période Nirvana qui envoie la sauce et un bassiste gaucher qui tient une basse de droitier à l’envers, le groupe a intrigué et convaincu les plus réticents. Leur tube "I Got Skills" résonne encore. Tout comme les Dead Bunny hier, ce groupe lance la soirée sur les meilleurs auspices.

Notre photographe de talent, Régis, a longuement insisté sur l’importance d’aller écouter la prestation de Soley, groupe islandais. On suppose un coup de cœur pour la chanteuse Soley Stefansdottir, mais quoi qu’il en soit, l’idée était plutôt judicieuse au vu de la prestation agréable. On aurait souhaité toutefois vibrer un peu plus. Les ambiances indie-pop-folk au piano sont sympas, mais la grande scène d’un festival open-air n’est peut-être pas la meilleure place actuellement pour le groupe. On gardera en tête la personnalité excentrique de la chanteuse.

Il y a des concerts que l’on n’a pas vu assez, c’est bien dommage. Par exemple le duo suisse de Minimetal qui fêtera l’année prochaine ses 20 ans de carrière. On a vu malheureusement que la fin du concert. Le projet Minimetal ne se limite pas qu’à la musique, c’est un concept artistique et créatif global.  Les deux amis font de la sculpture, peinture, du graphisme et mélange le tout. Au Kilbi, nous avons eu droit à une représentation musicale, mais nous vous invitons à découvrir d’avantage ces deux artistes.

Que dire de Connan Mockasin ? Personnage fantasque, beaucoup plus excentrique que la chanteuse de Soley finalement, qui s’entoure de musiciens aussi barjots que lui et qui fait un mélange d’indie-pop et de musique psychédélique. Le tableau visuel était chouette, l’artiste et ses musiciens ont des looks décalés et endrogynes entre robes de chambre, jupes, perruques et chaussettes montantes. On aurait pu imaginer le Boy Georges des années 80 apparaître dans un  tel décor. Musicalement, on aurait pu par contre en attendre d’avantage.

On passe d’un extrême à l’autre. Après Connan Mockasin, on se dirige pour voir les Canadiens de Fucked Up. Le chanteur Damian Abraham est l’attraction du groupe à lui tout seul, il est juste magnifique. Ce gros bonhomme chauve et barbu qui hurle dans son micro peut paraître limité au premier abord, mais on se rend vite compte qu’il s’éclate sur scène à faire ses pitreries. Et qu’au fond, c’est sans doute un sensible qui a utilisé le punk hardcore comme défouloir de la vie. L’ambiance est surréaliste, ça pogote, ça fait du stage-diving, ça fait des bisous au chanteur et tout le monde à l’air de se marrer sur scène et dans le public. Sauf Régis, qui a moins aimé.

Nous n’allons pas vous parler de Grizzly Bear. Non. C’est comme ça. En fait, on va vous en parler dans quelques jours, avec un article spécial, mais de leur prestation à Paris. On se la raconte un peu, mais c’est comme ça chez Lords of Rock, on a des émissaires Suisses qui vont voir Grizzly Bear à Paris le samedi, alors que le vendredi ils étaient au Kilbi. Bon, on vous met quand même une photo de Régis, pour une fois qu’il bosse un peu…

Nous voilà déjà samedi, comme ça passe vite. On débute en douceur avec Valgeir Sigurössen. C’est aussi un Islandais, mais cette fois Régis n’est pas tombé amoureux du chanteur. D’ailleurs il n’y avait pas de chanteur. Valgeir Sigurössen est derrière son synthé ou bidouille son ordi pour placer des samples, alors qu’un violoncelliste complète le tableau. C’est un peu comme le concert de classique du Paléo le dimanche après-midi, tu vas le voir, t’es content, mais c’est pas eux qui t’ont fait venir ce jour là au festival.

La bonne découverte du jour est à mettre sur le compte des Allah Las. Un quatuor de L.A. qui se définit aussi comme groupe de garage pop ou de surf rock. Pour une première écoute en live, les principales influences ou références auraient été The Beatles mélangé avec Oasis. Donc oui, une sacré base brit-pop-rock pour un concert vraiment sympa. Le seul bémol (il en faut toujours un), c’est qu’on a eu l’impression d’entendre toujours la même chanson à quelques exceptions près. Il va falloir écouter leur unique album si ils reviennent dans le coin pour apprivoiser et différencier ces morceaux.

Au Kilbi, il y a toujours des trucs vraiment décalés. Cette année, c’est sans doute Jandek qui remporte la palme. Ce projet, ce concept, est l’œuvre de Sterling Richard Smith. Cela fait 35 qu’il fait de la musique et il a sorti environ 70 albums. Classifié à juste titre dans les « Outsiders musicaux », Jandek n’a donné que 2 interviews (par téléphone) dans toute sa carrière. On imagine bien qu’en 35 ans, sa musique a dû varier, se développer (peut-on parler d’évolution ?), n’empêche que ça reste très conceptuel. Imaginez plutôt, une basse qui fait son truc, un batteur qui tape parfois très vite et tout à coup tout doucement et une jeune fille qui déclame des poèmes sur un ton monocorde. Plus d’un spectateur a été surpris, et pourtant le public du Kilbi est plutôt pointu.

On va passer directement au bouquet final, à savoir The Flaming Lips. D’habitude les artistes se produisant au Kilbi mettent l’accent sur la musique (normal) sans se préoccuper du décor ou vaguement du lightshow. Pour les Flaming Lips, le visuel, les artifices, les lumières ont toute leur importance. Et pour clore le festival, c’était vraiment bien vu. Wayne Coyne trônait sur une espèce de podium customisé avec des tubes de lumières qui rejoignaient ensuite le haut de l’écran géant, un peu comme une traine de robe de mariée. Il a utilisé ses nombreux gadgets (pistolet lampe de poche, bébé en plastique, autres lumières, trompette-fumigène) et nous avons même eu droit aux canons à confettis. Spectacle ! Musicalement, c’est propre, du très bon rock psychédélique. Le groupe a 30 ans de carrière, ils connaissent bien leur job. On aurait pu souhaiter avoir quelques titres des 4 premiers albums (période avant Warner), mais ça n’a pas été le cas. On pinaille un peu, mais les impressions après ce concert étaient plus que bonnes.

Une bien belle cuvée qui se termine. Certes, on n’a pas pu tout voir. Les concerts au Club Stage étaient souvent bondés, on n’était pas encore ou plus sur le site pour d’autres groupes, mais l’essentiel a été vu. Un grand merci à l’équipe du Kilbi pour ce festival si particulier, mais ô combien savoureux. Vivement 2014.


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