samedi , 22 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » Jean Baptiste Mersiol

Jean Baptiste Mersiol

33

Label: Akoufene

POP-ROCK-FRANCAIS - Jean Baptiste Mersiol est connu dans le paysage alsacien. Chanteur, compositeur, musicien, mais aussi ingénieur son, il a fait ses débuts sur TF1 non pas dans la Star Academy, mais en 1993, à 13 ans, pour une reprise de la chanson « Butterfly » (de Danyel Gerard). Quittant la variété pour le rock, il fonde Insert Coins (qui a joué au Bataclan à Paris ou au Grand casino de Genève) qu’il quittera en 2005, travaille régulièrement avec Sarah Eddy (dont nous reparlerons dans peu de temps sur Lords of rock), enregistre et produit de nombreux artistes dans l’Est de la France (dont Rusted Cans, dont nous avions déjà parlé). Bref, quand à 33 ans, Jean Baptiste Mersiol fait paraitre « 33 » qu’il a produit, c’est avec une certaine expérience. Visiblement, ce nouveau disque compte beaucoup pour lui. Passons au verdict.

« Dans un monde ou l’on recherche la perfection technique alors que l’on écoute des chansons en format mp3 […], mon album serait donc réalisé à travers la démarche qui me parait être la plus à mon image … l’esprit vintage». Ce n’est pas le premier album tourné vers les techniques passées que nous chroniquons ici, loin de la ! Entre les repreneurs de soul music, les hard-rockeurs des années 70, les nostalgiques des années 80, les post-grunges des années 90, et j’en passe, il y en a pour tous les gouts. Mais Jean Baptiste Mersiol ne se définit pas par un style. Globalement classable pour ce disque dans la variété française, il synthétise 50 ans de traditions sous tous ses aspects. On y retrouve la chanson comique (« Je chante comme un vieux »), la chanson d’amour un peu kitch (« J’ai fais l’amour artificiel »), la chanson engagée (« Un monde qui meurt »), des réflexions plus philosophiques (« Qui pourrait me dire ») mais aussi la chanson anglophone (« Generations »). Les textes abordent donc des sujets tendres (ah l’amour…), mais aussi plus légers ou plus sérieux. De quoi s’approcher de l’un des grands chanteurs qu’il admire, Léo Férré, par des textes réussis.

De nombreux artistes qu’il a enregistré, pour qui il a composé aussi, ou ses amis ont fait des featuring pour cet album. Il y a Wendy, Sarah Eddy, Stephany M ainsi que Bouboule, le chanteur des Rhythm Chekers, qui était l’un des premiers groupes de rock de l’Est de la France. L’occasion de s’inviter dans d’autres genres, comme un bon rock’n roll façon Rhythm Chekers. La réussite du disque tient en sa diversité. Il y a des aspects rétros (arrangements, techniques d’enregistrements, etc.) mais surtout une grande part d’intemporel, par des styles musicaux proches, mais variés. Parfois plus folk, parfois plus électro, parfois accompagné d’un simple piano, ce disque fait penser à une compilation des meilleurs titres d’un chanteur. Globalement, la plupart des titres ne sont pas datables par leur sonorité, mélange de vintage discret et d’actuel ! Les compositions sont axées sur des mélodies chantantes, pouvant être enjouées ou plus mélancoliques, selon les textes qu’elles accompagnent. L’arrangement instrumental parait plus discret, mais est très varié, pouvant être assez touffu ou plus sobre. Mon seul bémol sera sur l’accent anglais, très frenchy, dont on se sait si c’est volontairement articulé de cette manière ou si c’est un petit raté. Petit détail, puisque ca concerne deux titres.

En tant qu’auteur-compositeur-interprète-musicien-arrangeur-producteur, Jean Baptiste Mersiol gratifie la chanson française d’un bel opus qui synthétise cinquante ans de chansons. D’ailleurs, une suite est déjà en préparation et paraîtra dans peu de temps !


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page