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HF Thiéfaine aux Docks


Les Docks, Lausanne (CH), jeudi 11 février 2016

REVIEW - Lausanne neigeux une fois n’est pas coutume, aux Docks concert d’Hubert Félix Thiéfaine : à guichet fermé, à cœur ouvert, on risque un œil au judas…

C’est toujours avec un franc respect, l’œil de coin que l’on retrouve HF Thiéfaine, qui dégage le charisme de sa délicatesse. Voilà quelqu’un que l’on a envie d’appeler Monsieur, une classe légendaire et fiable. Autant dans l’image que les textes. 

Ce qui frappe dans le public c’est la mixité des âges, des genres et ce qui rallie c’est l’attention accordée au chanteur. Thiéfaine adore la scène et la foule serrée le sent. Il a débuté sa tournée en octobre 2015, elle se poursuivra jusqu’au festivals de l’été et célèbre les 40 ans de sa carrière.

 

 

Il présente "Stratégie de l’inespoir", 17ème album studio sorti en 2014. Celui-ci a été co-réalisé avec son fils, Lucas, guitariste. Il engrange un esprit nettement rock’n’roll, aspect  auquel Lucas a clairement contribué. Thiéfaine raconte que son fils est capital dans le spectacle, il amène le son de la jeunesse. Il narre l’émerveillement du grandissement musical de sa progéniture. Ce qui émeut durant tout le show, c’est effectivement le regard porté sur son fils. Thiéfaine le lorgne discrètement, sappuyant sur cette présence. Tendresse, fierté et complicité.

Les premières notes d'en remontant le fleuve ouvrent le spectacle. Thiéfaine construit le concert avec toutes sortes de morceaux, variant les ambiances. 1/3 proviennent du dernier album (Karaganda (Camp 99)

Médiocratie, Angélus, Fenêtre sur désert, Amour désaffecté,…), 1/3 vont parties des incontournables, morceaux que le public demandent faute de quoi frustration il y a (les dingues et les paumés, je t'en remets au vent, la ruelle des morts, Petit matin 4.10 heure d’été,…), 1/3 sont du choix propre du chanteur : ce qu’il aime bien, a pu jouer ou pas du tout jouer. Une perle jaillit alors. Une inédite narrant l'Amour. 

 

 

Thiéfaine s’arrange aussi pour toujours avoir du plaisir à jouer les incontournables, ceci en leur donnant la couleur du dernier album. Ces chansons étonnent par leur actualité tenace. Thiéfaine évoque son passé tant de chanteur de cabaret à la rue Mouffetard comme à Lausanne que de militant rentrant de manif. Il se livre ainsi parfois en quelques mots, comme quelqu'un qui n'a pas besoin d'en dire trop pour raviver les souvenirs. Sur appel du public qui connaît largement l’interprétation de "La fille du coupeur de joint", Thiéfaine revient. Au 2ème rappel en acoustique, seul en scène, Thiéfaine entame des adieux. Intimité avec le public. On espère retarder le plus longtemps possible ces adieux à lui. 

 

Un concert qui passe comme de rien, le temps n’a plus d’importance. 

 

Séduisant. Bouleversant. Flinguant.

 

Avec Stratégies de l’inespoir, je n’ai jamais vu Thiéfaine autant dans l’espoir !

 


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