vendredi , 21 septembre 2018
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Good Shoes

No Hope, No Future

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Ceci n’est pas un album de punk nihiliste composé de vingt-sept titres
d’une minute comme son intitulé pourrait nous le faire penser. Il
s’agît du deuxième album de Good Shoes, trois ans après la sortie de
Think before you speak, le premier. L’élaboration d’un deuxième album
est, la plupart du temps, un instant crucial dans la carrière d’un
groupe, il est souvent décisif. Il me semble que celui-ci ne pourra
échapper à cette loi impitoyable.

 

Il est une chose primordiale à laquelle il faut accorder une importance particulière lors de la création, de la production de tout type d’œuvre, de n’importe quel genre de discours, de l’art et de la science en général, c’est la cohérence. Cette œuvre en manque cruellement, tant par la succession confuse des titres, que par la construction même des morceaux. Alors que leur premier album satisfaisait ce principe de cohérence, celui-ci donne l’impression d’être quelque peu déconstruit, dans le mauvais sens du terme. En premier lieu, à l’intérieur même d’un morceau, les arrangements sont relativement faibles et nous laissent une empreinte de frustration. Ils commencent par développer une première idée plutôt intéressante mais ne parviennent jamais à la concrétiser en l’amplifiant, en la travaillant et préfèrent passer à une partie suivante (transition couplet-refrain par exemple), qui, souvent, ne colle pas réellement avec la partie précédente. L’exemple le plus flagrant est peut être la première piste. Les quarante premières secondes introductrices de ce deuxième album rappellent indéniablement le premier, puis, survint le refrain « the way my heart beats », tranchant cruellement avec l’esprit du couplet. On dirait qu’ils se sont efforcés de respecter la métrique couplet-refrain-etc et que cette volonté a quelque peu entravé leur création.

 

Frustration

 

Le deuxième facteur aboutissant à cette incohérence est la succession illogique des pistes. Elle nous transmet l’étrange impression que les musiciens ont décidé de faire tel morceau à la manière de Art Brut, et de faire sonner tel autre à la manière d’un Radiohead raté (respectivement “I Know” et “Everything You Do”). Ou encore la “Times Change” comme le canon de Pachelbel revisité version punk-rock par Guitar Part. Certains morceaux nous donnent également le sentiment d’être des compositions créées pour des groupes de rock fait sur mesure dans des écoles de musique, ou encore de sonner comme des morceaux de démonstrations de pédales d’effets. (Hey mec, tu cherches un super son rock pour sonner comme tes groupes préférés, teste la nouvelle Boss maxi combo disto-chorus). L’album se termine pourtant d’une manière hardiment plus élégante avec “Then She Walks Away” et”City By The Sea” qui paraissent plus sincères, contrairement aux autres.
Cet album sera une assez grande déception pour ceux qui ont aimé le premier.


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