samedi , 17 novembre 2018
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Foo Fighters

Wasting Light

Label: RCA Records / Sony Music

ROCK Il s’agit parfois d’une tâche de longue haleine : écouter, réécouter, inlassablement, pour enfin distinguer un petit quelque chose au bout du couloir. Pire, il arrive d’autres fois que ça ne passe pas, absolument pas. Mais à l’inverse, il existe ces moments de félicité où tout s’arrête, où le temps paraît suspendu : cet instant où on prend une véritable claque qui nous rend plus vivant que jamais. L’écoute de WASTING LIGHT des Foo Fighters est justement un moment de cet acabit. Ce septième album de la bande à Dave Grohl, ce stakhano-couteau suisse de la musique crasse, sera-t-il alors promu au firmament, au panthéon du rock moderne, ou le retrouvera-t-on rapidement relégué dans la ligue inférieure des feux de paille et des avortons ? Pour nous, la réponse est toute faite. Chronique.

Tout est limpide après trente secondes du "Bridge Burning" introductif : c’est puissant ; guitares, basse et batterie déboulent toutes voiles dehors pour amorcer la déferlante. La magnifique voix de Dave Grohl, modulable à souhait, et la batterie du monstrueux Taylor Hawkins soutiennent parfaitement bien ce morceau, comme le reste de l’album. Baffe, deuxième acte : c’est au tour du premier single de l’album, "Rope", de nous mettre la patate. En alternant un son massif et la mélodie d’un refrain implacable, ce truc est fait pour cartonner. Avec le "Dear Rosemary" qui suit, on aborde des rivages plus calmes, qui ne cèdent pourtant pas une once à la médiocrité ambiante, la chanson se termine d’ailleurs sur une véritable apothéose avec la voix de Bob Mould, une figure emblématique du punk des années 80 qui inspira Grohl et Kurk Cobain, rien que ça. Après cet interlude, la machine de destruction massive se relance avec "White Limo", une agression à la sauce Queens of the Stone Age version Nick Olivieri. Après quatre morceaux, on est totalement conquis : mélodies envoutantes, diversité, voix à couper le souffle. Mais on n’est pas au bout de nos surprises, preuve avec "Arlandria", qui porte à nouveau un refrain d’une efficacité rare.

 

Au four et au moulin

 

Les "These Days", "A Matter of Time" et "Back & Forth" qui suivent sont du Foo Fighters plus traditionnel. Le deuxième apparaît un peu comme un morceau lambda, peut-être le seul cheveu sur la soupe de l’album, alors que le dernier est un bon mélange de sonorités grungy et punk. Les Foo Fighters font aussi quelque chose qui ressemble un peu plus à du heavy sur "Miss the Misery". Finalement, si WASTING LIGHT avait commencé en trombe, il  se termine en apothéose. Acte un : "I Should Have Known" avec Krist Novoselic à l’accordéon et à la basse ; la musique et les paroles transpirent l’authenticité, le « vrai » (au vu des textes et de la présence du bassiste de Nirvana, ce morceau semble être adressé à Kurt Cobain). Acte deux : "Walk" est lui aussi empli d’émotions et on sent Grohl chanter avec les trippes. Ce mec, qui est au four et au moulin, vit pour le rock’n’roll et ça se sent.

 

 

Les riffs de cet album sont implacables et le groupe mélange à merveille rock, pop, grunge et punk, comme à son habitude. Les Foo Fighters font dans l’efficacité à l’état pur et on en frissonne. On pourrait bien évidemment chercher des moises à cet album, lui reprocher ce trop plein d’efficacité, ce grunge parfois un peu formaté ou un petit essoufflement au milieu du disque, mais ce serait se trahir soi-même et ignorer cette tête qui hoche d’un mouvement pavlovien depuis maintenant une cinquantaine de minutes. Et à quoi bon vouloir faire dans le scientisme musical, constatons plutôt l’évidence : cet album est une réussite et confirme une carrière sans faille pour les Foo Fighters. WASTING LIGHT va tout ramasser sur son passage, c’est un véritable Juggernaut que l’on n’arrêtera plus.


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