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DAD

Un vendredi soir à Pigalle

Le Bus Palladium, Paris (FR), vendredi 12 octobre 2012

REVIEW - Voilà une semaine que j’habite à Paris. Vendredi soir a été en quelque sorte le baptême de ma nouvelle vie branchée plutôt rock ! 21h15, pâtes avalées, bière engloutie, jean enfilé, coup de rimmel, je saute dans le métro 13 et me voilà partie direction le BUS PALLADIUM.

 

Je ne sais pas vous, mais le nom de cette salle résonne au fond de moi comme étant le pilier emblématique de la scène rock française. Y sont passé les plus grands : Noir Désir, Bérurier Noir, Mano Negra… Me voilà ravie à l’idée d’aller me plonger dans un univers dont le passé chargé d’histoire ne me rend pas indifférente. Station Pigalle, je cherche la rue Pierre Fontaine. L’excitation est à son comble lorsque le réceptionniste a rayé mon nom dans la liste des « invités du groupe DAD ». L’atmosphère du lieu qu’on imagine enfumé laisse entrevoir une scène parfaitement conçue pour accueillir les groupes de rock qui promettent une carrière remarquable.

La salle n’est pas pleine, le public était  jeune (18-30) ans, j’ai été néanmoins agréablement surprise de voir assis à une table un couple de sexagénaire sirotant un Mojito. N’ayant pas payé l’entrée je me suis accordée une bière qui m’a coûté les yeux de la tête et m’a fait regretter d’être parisienne pendant quelques secondes… Et en plus ayant mal géré la durée des transports, j’avais loupé le groupe Yellow Flight.

 

 

Le groupe DAD entre en scène. Quelques réglages de dernières minutes faisaient monter la pression et la curiosité d’un public qui semblait impatient. Ça y est c’était parti ! Le groupe était ici pour nous présenter son nouvel album VITRO. J’avais écouté quelques chansons avant de venir, il s’agit d’un rock progressif à la fois énergique et planant, influencé par les Talking Heads, Grizzly Bear et la mouvance new wave. Le chant/parlé est assuré par une petite boule de nerfs à cœur vif. Eh non, ce n’est pas nécessairement les grands gringalets à joues creuses qui représente le rock new-wave. Leur point fort c’est le saxophone qui apporte des sonorité pincées et jazzy-expérimentales alléchantes. On a donc eu droit à une bonne dose de nappes synthé/ guitare, d’arpégiateurs rythmique et d’un duo basse batterie très soutenu. Le batteur a assure une rythmique d’enfer qui structure, donne du relief et fait exploser les morceaux. De manière générale, le public était attentif et curieux de découvrir DAD. Niveau prestation, le show n’a pas été décevant mis à part le duo guitare/ basse un peu timide. Faut dire qu’ils occupent une place importante dans l’esthétique du groupe et qu’ils ont fait de ce concert un tour de passe-passe en changeant voire s’échangeant les instruments. Le chanteur m’a donné l’impression d’une certaine retenue, d’un manque de lâcher prise. Il n’était pas statique mais ses membres restaient étrangement collés à son corps et ne sont pas montés plus haut que son torse. Tout était dans l’intensité des expressions. Il semblait que quelques fans étaient de la partie car certains réclamaient des morceaux et se sont réjouis à la première note du morceau "Sensation", tube de VITRO en ligne sur leur site. Certains sont même allés sympathiser avec le chanteur après le concert. Le son était niquel, le mixage a laissé transparaître chaque détail.

 

 

Le concert s’est terminé très proprement, et après un rappel organisé, le groupe a laissé place à Arun Tazieff. La salle a commencé à se remplir et le public s’abreuvant était bien parti pour en profiter. Arun Tazieff l’a bien compris et n’a pas laissé de répit. Les parisiens au look british savent s’amuser et amuser autour d’un rock psychédélique. J’ai trouvé le groupe très intéressant : jeu mélodique très présent à la basse donnant de la profondeur, une guitare saturée aux multiples « delays » titillant plutôt les aigus. L’orgue électronique apporte un coté rétro rappelant directement le gout de The Horrors. Mais j’ai fini par me lasser de la lenteur et du manque de groove. Le son global cette fois laissait à désirer, un peu criard et agressif. Le public était très enjoué et le groupe paraissait vivre pleinement la musique sans se prendre trop au sérieux. Contrairement à DAD qui semblait prendre la chose très à cœur. Je suis partie au dernier morceau, heureuse de ma soirée. J’en avais pris plein les oreilles.

 


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