mardi , 25 septembre 2018
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Budam

Man

Label: Volvox Music / Disques Office

ROCK ALTERNATIF – La trentaine alerte, le regard clair, une dégaine virile et une inspiration aventureuse, Budam continue sa trajectoire avec deux disques au compteur, dont un petit dernier fraîchement sorti. Une création qui met en lumière cet archipel reculé des Féroé où vaille que vaille la création artistique constitue le seul passeport, avec la pêche et le football.

Fils d’un conteur et d’une actrice, Bùi Dam s’intéresse tôt à la musique et aux histoires que lui raconte son père. Originaire des Iles Féroé, un groupement d’îles perdues entre l’Ecosse et l’Islande, le jeune guitariste de jazz amateur s’envole pour Cuba dans le but de s’inspirer des rythmes caribéens. Avide d’apprentissage, une blessure au poignet le coupe dans ses élans de virtuosité.
Il décide donc de parcourir le monde. A l’occasion de ses voyages, il récolte de multiples petites pièces de chaque culture et les ramène au pays où il s’emploie alors à les rassembler. Ce long périple fera de lui Budam, un pianiste et conteur d’histoires extraordinaires portées par sa voix rauque et granuleuse digne d’un Tom Waits.

Le chanteur sort un premier album fin 2009. STORIES OF DEVILS, ANGELS, LOVERS AND MURDERES est un univers peuplé des personnages fantastiques sortis de l'imagination déjantée du féroïen. Après avoir joué en France aux côtés de Yann Tiersen, Orka ou Bazbaz, Budam s’attèle à la composition de son second opus. MAN est un album divisé en quatre parties évoquant la nature, la religion, l’amour et la mort. Il est question de la nature humaine sous ses meilleurs jours comme sous ses versants les plus obscurs, une introspection à coeur ouvert allant de la naissance à la mort, le tout soutenu par un humour habile et grinçant. Assez baroque et féroce, l’univers de l’artiste est singulier.

 

 

Les compositions offrent un très bel aperçu du talent de mélodiste de Budam, des chansons épiques telles que "The Fly" ou "Lats Song" à la poignante ballade "You Are My Religion", en passant par "The Bicycle". Le nouvel album évoque tantôt le songwritting de Leonard Cohen tantôt la délicatesse d’Anthony and the Johnsons. Pour une bonne partie des morceaux, on a une impression de « chanson puzzle », comme si ces dernières étaient composées de trois ou quatre parties avec une identité propre qui finissent par se rejoindre et former une harmonie.

Cet enfant du grunge propose un véritable paysage musical indescriptible mais que l’on s’approprie sans difficulté. Un vrai tour de force dans le monde aseptisé de la musique actuelle. Reste à voir si ce disque séduira les esprits les plus curieux et dépassera le statut de « bête de foire ».


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