mercredi , 19 septembre 2018
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Angel Olsen

Burn Your Fire For No Witness

Label: Jagjaguwar / Irascible

FOLK-ROCK - C’est le printemps et chaque label sort ses nouveaux poulains de l’écurie en prévision de l’été. Jagjaguwar, plateforme aux consonances 70’s mais aussi très modernes ne manque pas à l’appel. Cette fois-ci ces derniers nous proposent de découvrir Angel Olsen, artiste déjà «responsable » d’un très bon EP (« Strange Cacti ») et d’un LP sorti chez Bathetic (« Half Way Home »). La jeune femme, réputée pour son sens des mélodies hypnotiques et minimalistes, sa voix éthérique et son aptitude au voyage saura-t-elle nous faire rêver – antidote à la morosité ambiante – comme elle le promet ?

Cette dernière, qui a beaucoup travaillé sa voix pour cet album, ambitionnait disait-elle de nous faire vivre « des ambiances intactes et des émotions fortes » comme si nous l’écoutions dans sa propre chambre : et bien disons le, c’est choses faite ! Album extrêmement minimaliste et épuré que porte une voix magistrale, BURN YOUR FIRE FOR NO WITNESS nous embarque dans un voyage auquel on adhère facilement. Parlant tant de l’amour avec un grand « A » que des grands thèmes universels, Angel Olsen nous envoute littéralement durant toute la durée de l’album.

Tout d’abord avec l’excellent "Unfucktheworld" qui ouvre le bal par l’égrainage de quelques accords fragiles de guitare soutenant une voix chaude et sensuelle non sans rappeler quelque peu Joan Baez. Un titre très old school qui évoque la grande époque de la folk 70’s en raison de son intensité, mais aussi de sa mélancolie et de son lâché prise.

On pourrait alors s’attendre à une suite de titres du même acabit : que nenni ! Avec le second titre, "Forgiven/Forgotten", Angel Olsen surprend tout son monde. Véritable morceau punk aux guitares acérées et subtilement simplistes, le titres nous entraine dans une sphère plus sombre de la personnalité de la diva que reflète sa voix triste et mélancolique. C’est alors un véritable retour aux sources du Rock primitif qui s’opère.

Grande amatrice du contrepied, Angel Olsen emprisonne encore dans de nouveaux filets l’auditeur avec son "Hi-five". Grâce à quelques nappes d’accords de guitare sèche qui contrastent avec le titre précédent – mais qui s’intègrent de manière cohérente à l’ensemble musical – la talentueuse compositrice invente un monde absurde mais rempli d’espoir et de joie. Le génie tient ici à ce que s’ajoute des sons de guitare électrique qui font saigner la jolie balade folk-acoustique, un peu folle, pour qu’ensuite s’illumine l’ensemble d’un piano scintillant.

Forte d’une intensité remarquable dans son chant, Angel Olsen ne cesse alors de passionner l’auditeur pour ses chansons. Avec "White Fire" qui s’enchaîne, titre le plus poignant de l’album, la jeune femme hypnotise son public pour mieux saisir son âme. Il s’agit d’une ballade triste et sombre, manufacturée seulement de quelques arpèges électriques aussi fins et purs que du cristal. Cette fois, la poignante chanteuse s’y consume véritablement, tout en douceur. Fascinant et accrocheur.

Emprunte d’une puissante force émotionnelle et d’une fragilité à fleur de peau, la chanteuse éthérique continue de s’envoler de succès en succès minimalistes et exacerbés. Ainsi par exemple avec le très beau slow folk-rock "Lights Out" composé pour les amoureux du monde entier. Encore, "Iota", qui comme son nom l’indique se veut un titre à l’orchestration la plus simple mais aussi là plus intimiste possible. Relevons finalement l’excellent "Windows" qui clôture ce festival d’émotions dans un florilège du meilleur des capacités vocales de la chanteuse mais aussi de son jeu fragile et profond de guitare.

Vous l’aurez donc compris, BURN YOUR FIRE FOR NO WITNESS est un petit bijou d’album. Avec une recette qui lui est propre, Angel Olsen nous fait voyager dans un monde riche en émotion dont elle tire son origine aux sources du rock le plus primitif. Doté d’une grande sensibilité et d’un organe remarquable, il suffit à cette virtuose du chant de quelques accords bien choisis pour faire décoller son monde qu’elle emporte avec elle aux confins du sentiment humain.

Car il faut le savoir, à défaut de remplir ses chansons de notes et d’accords en tout genre, la jeune femme habite chacun des quelques sons qu’elle produit (outre sa magnifique voix) avec une intensité rare. Promesse tenue donc pour Angel Olsen qui nous ouvre son univers auquel d’ailleurs chacun peut s’identifier. À se procurer vraiment, surtout avant un passage éclair au Kilbi Festival le 30 mai accompagnée de… Mogwai !


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