mercredi , 14 novembre 2018
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Adam Green

Minor Love

Fat Possum Records


Moins de 30 ans et déjà 6 albums à son actif. Adam Green est certes productif, mais la qualité est-elle toujours au rendez-vous? Analyse de MINOR LOVE, dernier opus en date. 

Qui aurait donné cher de la peau d’Adam Green après l’éclatement des Moldy Peaches ? Bien sûr, à l’écoute de certaines de ses productions solo, l’image de l’icône de l’anti-folk américain tend à s’évanouir pour ne voir rester que celle d’un membre plutôt discret de « la collection de mini rock-stars » actuelle, dixit Stéphane Deschamps (Inrocks). Pourtant, le New-Yorkais nous livre là son 6ème album, ce n’est pas rien : et si son fameux FRIENDS OF MINE, sa bombe de l’an 2003, reste indétrônable, ce MINOR LOVE fait bien vite oublier le pernicieux SIXES & SEVEN (2008) aux goûts soul plus que louches.

 

Sans s’emporter non plus, cette galette de 14 (courtes, à son habitude) comptines flâne entre lourdeurs et légèretés, flirtant avec quelques belles productions à la Lee Hazlewood. La recette reste la même : titres pop n’excédant Ô grand jamais les 3 minutes et humour empli de naïveté touchante. Recette qui fait tout le charme d’Adam Green, à défaut d’en faire un songwriter reconnu. Enregistré à Los Angeles avec le coup de pouce de Noah Georgeson qui fait parfois des merveilles avec Devendra Banhart, cet album revient pourtant aux racines de la renommée du dandy urbain : l’enregistrement demeure plus sale, donnant un sentiment pas forcément désagréable de bricolage de dernière minute, dépouillant ses chansons des tous ces apparats dégoulinants que Green a pu leur donner récemment. Le premier titre, “Breaking Locks” est sa prod’ lo-fi confirme d’entrée ce retour aux « sources ».

 

 

 

Si l’artwork gominé où le dandy joue les déglingués n’a rien de très attrayant, la première écoute de ce MIOR LOVE n’est pas non plus très accueillante. Adam Green, dans son ambition plus que mesurée, ne se fait pas très aguicheur et ainsi, répéter l’aventure sera nécessaire pour commencer à digérer ces mélodies simples, parfois minaudantes.

 

Crooner désabusé

 

L’atout d’Adam Green reste sa voix de crooner désabusé : “Give Them A Token”, au pied léger, souligne cette sobriété de ton entre Frank Sinatra et Lou Reed mais dont l’usage reste une sorte de contrefaçon du style de son glorieux ami Julian Casablancas. Mais cette voix si maîtrisée, dont le calme plat mène presque à l’indigestion, donne à ces 14 titres une même teneur. Mettons quelques morceaux qui le méritent en avant : “Buddy Bradley” au rythme funky nous fait patienter jusqu’à ce que la guitare se dégrippe sur “What Makes Him Act So Bad” qui fait place neuve au delirium subjugué de “Stadium Soul”. Les chœurs de “Castles and Tassels” cassent enfin cette monotonie vocale avant que le foutraque “Oh Shucks”, qui n’invente rien, vienne donner un coup de fouet avec sa structure très minimaliste et ses résonances de Game Boy.

 

L’amour mineur reste dans sa retenue, sans être néanmoins médiocre.
Adam Green sera aux Docks le 25 février prochain. Moi, j’irai le voir.


Un commentaire

  1. Yeah!
    Adam Green spielt am 7.9.2010 seine einzige Schweizer Clubshow in der Kulturfabrik Kofmehl Solothurn. Infos: http://www.kofmehl.net

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