samedi , 17 novembre 2018
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Julie Rocks You

Julie Rocks You: sans concessions


« La rencontre de la sophistication "post" avec la rusticité toner. Une sorte de chimère atomique. Un bon film de zombies ». Sur leur site, Julie Rocks You donne le ton. Interview avec l’âme du groupe neuchâtelois, Louis Jucker. Présentation du bassiste et leader érudit du groupe chaux-de-fonnier Julie Rocks You sur fond de conversation sur Kyuss…

Louis Jucker : Le stoner est un son que l’on recherche, on va dans cette direction pour ne pas finir dans le math rock… Mais avec le stoner, on recherche cette énergie. Cela dit, on doit toujours mettre des étiquettes à la con. Pour Julie Rocks You, il faut bien en mettre une ma foi…

Lords of Rock : Il y a pire comme étiquette que le stoner, avec Josh Homme comme Saint-Patron…

Louis Jucker : Oui, ce style a un côté rock sans concession, tu te le prends dans la gueule. Le son est lourd, ça peut être que des gros riffs, mais sans forcément être joué rapidement… On aime bien cette référence à Kyuss, c’est quelque chose de basique: une basse, une guitare, une batterie, quelque chose de direct. Sur scène, c’est aussi toute une attitude, il y a une image qui colle au stoner. Nous sommes plus dans la recherche de sonorités. Pas besoin de trouver à tout prix des influences, de se mettre dans un seul style, nous écoutons beaucoup de choses en dehors du rock (Louis est un membre du collectif  Massive Groove Orchestra, ndlr).

Lords of Rock : Julie Rocks You, c’est quoi alors ?
Louis Jucker : Le concept c’est utiliser du matos rythmique dans une veine math noise rock pour faire de la musique rock avec des influences 70’s, avec comme point de convergence le stoner. On aime le déstructuré mais on garde quand même un côté mélodique.

Lords of Rock : Et le post rock dans tout ça ?

Louis Jucker : Oui est non. On préfère dire alors post stoner. Ce qu’on fait sur scène ne sonne pas comme sur disque. Ici, on garde un format pop, alors qu’en live, on dilate nos compositions tout en leur donnant plus d’énergie.  On n’adhère pas forcément au côté post rock, on tend à être plus francs. Avoir des émotions tout en restant spontané. Il ne faut pas rester dans une bulle. Notre dernier concert à Vevey l’a prouvé : le public répondait bien, ça partait dans tous les sens.

Lords of Rock : Plus frontal alors ?
Louis Jucker  On n’y va pas par quatre chemins tout en restant assez complexes. Nous avons tous fait l’école de jazz : diplômés, étudiants… De fait, il reste cette exigence, mais avec la volonté de rendre tout cela accessible.

Lords of Rock : Le fameux dilemme de la pop…
Louis Jucker : Pour faire simple, on essaye de s’identifier à Brian Wilson. Sur son morceau de bravoure, “Good Vibrations“, il a ce passage complètement fou, il y a tout ce qu’il veut mettre. Si tu grailles, tu vois toutes les influences du type. On essaye de faire des chansons dans cette même perspective. Le rock à la mode avec Led Zep et Converge : l’exact milieu. Ca peut aussi finir dans le hard rock. On ne veut pas être éclectiques, ce n’est pas la bonne solution. Avoir une démarche précise, notre musique est un bloc tendant au but de ressembler à n’importe quel groupe de rock, sans être Mr. Bungle, surtout sur scène. La clôture de notre tournée, qui s’est déroulée à Moutiers, a incorporé des reprises de Nirvana, par exemple. Il faut avoir ce côté basique, garder une simplicité, ne pas se poser de questions…

Lords of Rock : Parle-nous de cette tournée européenne…

Louis Jucker : En collaboration avec notre label, Burning Sound, nous avons enregistré un EP au début de l’année. Intéressés à bosser avec nous, les responsables du label nous avaient pris pour six dates en France (Paris, Montpellier, Bordeaux, ndlr). Nous faisions les premières parties du label tout en faisant notre chemin de notre côté. C’était planifié de refaire une tournée en un mois, chose que nous avons fait en cette fin d’année. En trente jours, nous avons fait seize dates, en Italie à Turin, à Montpellier, au Mans, en Belgique à Bruxelles, au White Trash à Berlin en première partie de Texas Terri. Pour finir, la Suisse avec Neuchâtel, Vevey, Moutiers. En résumé, on essaye d’y faire la promotion de notre LP disponible sur notre MySpace.

Lords of Rock : Qu’en est-il de ce LP justement ?

Louis Jucker : Le but était de clôturer une première année autour d’un enregistrement de LP. En une année, nous avons fait pas moins de quarante dates. Nous avons enregistré le LP cet été, séparément. Il s’agit de cinquante minutes de musique. Jusque là, nous avions fait deux EP de six titres chez Burning Sound. Il faut que nous ayons un dossier cohérent pour trouver des partenaires, mais aussi dans un but artistique. Pour rôder le groupe, on aime faire de la scène. Le disque n’est jamais ce qu’on retrouve sur scène. Il est plus pop tout en ayant un son crade. On se distingue de Burning Sound, Julie Rocks You a ce côté “on sait jouer propre“. Ceci se retrouvera dans l’album.

Lords of Rock : On décèle chez vous une volonté de toujours progresser…
Louis Jucker : Jusque là, toutes les démarches que nous avons faites nous ont ouvert des portes. Il y a une relation de confiance. Etant à la base de mon groupe, j’essaie d’être en arrière. Il ne faut pas que ça soit un projet solo. J’avais au début engagé au début un batteur et fait le reste, mais maintenant nous sommes un véritable groupe. En 2007, nous avons été sélectionné pour le M for Music, nous étions en ouverture d’une compilation parmi plus de six cents groupes candidats. C’est cool, nous avons la chance que les choses viennent comme cela, pas trop besoin de pousser. Augustin Rebetez a accepté de faire la pochette de notre LP, avant c’était moi qui faisait ce boulot. C’est chouette, on trouve gentiment de plus en plus de partenaires. Pour la fin de l’année, on va faire une pause jusqu’au printemps. Nous avons tous d’autres projets à gauche à droite. On va aussi tenter de démarcher d’autres distributeurs, finir aussi le disque, le mastering.

Lords of Rock : Pour terminer, comment voyez-vous le paysage musical en Suisse?

Louis Jucker : S’il y a bien une chose en Suisse, c’est qu’on se doit d’être intègres. Rectangle, Commodore, ce sont des groupes avec une démarche très radicale que nous adorons. Nous avons le même discours : nous ne sommes rien par rapport au reste du monde. Des groupes tels que Knut, Kruger sont connus, mais si on les fait écouter à l’étranger, il y a cette sensation d’avoir affaire à un truc sans concessions. En France, tout semble être plus mou, il y a moins cette recherche de personnalité à tout prix, la connexion avec l’underground n’est pas la même.

http://www.myspace.com/julierocksuband 

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