samedi , 17 novembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Interviews » Midnight Juggernauts

Midnight Juggernauts

MJF 2008, Interview

EMI


Avec leur van improbable, les Midnight Juggernauts détonnent dans l’enceinte du Montreux Jazz Festival. Alors qu’Otis Taylor effectuait un tour en ballon au dessus du Léman, les australiens effectuaient sagement leur soundcheck. Rencontre avec A, V et D, ou plus exactement Andy Juggernaut, Vincent Vendetta et le batteur Daniel Stricker. Les deux premiers cités alternent synthé, basse et guitare. La fiabilité de leur patronyme n’est pas assurée par contre… Peu après minuit les Juggers écrasaient le MDH Club dans un grand bordel de fans hystériques ou stupéfaits. Ils auraient mérité le Miles Davis Hall, au moins. Humbles, ils en font abstraction et ont sans doute livré un des meilleurs lives de cette édition 2008 du festival montreusien. Cela n’en fait aucun doute.

Lords Of Rock : Alors, ce van…
Vincent Vendetta : Oui… c’est amusant, on avait un gros bus, mais on l’a cassé, une histoire de rocher ou de caillou, je ne sais plus. Mais ce van nous va très bien de toute façon…
Andy Juggernaut : On habite à Paris pour quelques mois donc les voyages ne sont pas si grands…
Daniel Stricker : Il est complètement détruit ce pauvre bus (rire) !

 Midnight Juggernauts Et donc vous revenez de Belfort ?
Andy : c’était complètement fou, c’est un des « highlights » de notre tournée je pense, les fans étaient complètement fous. Et en plus c’est tellement beau cette presqu’île…

Vous y avez fait un des fameux tours en bateau ?
Daniel : non… mais on a essayé, en vain ! On voyait les grands groupes monter dedans et nous on a seulement fait un tour en barque (rire) ! Mais on est chanceux, on a fait tous les gros festivals, en Grande Bretagne notamment.

Ici tout le monde parle de vous comme un electro-band. Une façon de créer la surprise en live ?
Daniel : en fait on a commencé comme un simple groupe de rock indé. Nous avons pleins d’influences rock, des choses aussi très pop. C’est une sorte de mélange entre plein de choses, même Giorgio Moroder.
Vincent : au début on jouait juste Andy et moi. Et Daniel est arrivé et a amené cette saleté (rire)…  Mais plus sérieusement, on fait nos propres trucs, on ne se soucie pas trop de savoir quel son on a.
Daniel : c’est vrai, on n’y pense pas trop.
Vincent : on est vraiment inspiré par une tonne de styles de musique, c’est assez instinctif finalement.

Et pour quel groupe rêveriez-vous de faire la première partie ?
Vincent : quelque chose de classique dans le rock, comme il y en a un grand nombre ici à Montreux.
Daniel : Pink Floyd !
Vincent : on a joué ces derniers temps sur des scènes énormes et on était ravi de faire les premières parties de MGMT par exemple. Ils sont excellents ces types… La semaine passé Kate Bush est venue chanter sur un de nos titres en Grande Bretagne, c’était sympa.

Vos amis doivent être nombreux…
Vincent : oui, mais c’est vrai que l’on tourne beaucoup avec d’autres groupes. Nous nous entendons très bien avec Late Of The Pier. Un très bon groupe, on espère qu’ils vont exploser .

Comme Soulwax officie derrière les platines sous le nom de 2ManyDJs, vous pourriez faire la même chose ?
Vincent : ces gars là sont les meilleurs au monde avec leurs remixes.
Andy : les remixes, on en a fait effectivement. C’est assez fun, tu peux faire d’autres choses, recréer des choses. C’est assez surprenant ces remixes, ça revient dans ta face et ça peut prendre des proportions énormes. Mais nous, on pense surtout à notre groupe, au songwriting, c’est ça qu’on veut faire, de la musique.
Daniel : le groupe c’est le plus important. Je pense que les remixes ça empiète sur le reste, ça peut prendre de la place sur le groupe. Et en plus tellement de choses ont déjà été faites là-dedans…

Midnight Juggernauts A l’instar de votre passage récent à Berne, vos concerts sont très sales, très carrés, avec une batterie  omniprésente. On voit vraiment deux groupes différents entre l’album et le live…
Andy : pour nous, c’est complètement différent. Ce n’est pas intéressant d’essayer de reproduire ce que l’on fait sur disque. On le fait complètement différemment, on essaye de donner quelque chose de vivant, un peu comme de la pure dance music (rire) !
Vincent : certains groupes reproduisent ou essayent de reproduire leur album, ils font la même chose, ce n’est pas très créatif et c’est dommage.

On ne va pas s’en cacher, vous devez beaucoup à internet…

Andy : toute cette musique accessible, ça change un peu les habitude des gens. Pour nous c’est une bonne chose, il y a plein de gens qui viennent à nos concerts juste en connaissant un ou deux morceaux, nos singles en fait… Mais c’est bien, ça nous permet aussi de se créer une « fan base », c’est une excellente sensation de jouer avec des fans complètement fous dans chaque endroit.

Et ce soir, c’est le Club de Montreux. Que ressentez-vous ?
Vincent : depuis l’Australie, on en entend beaucoup parler. C’est quelque chose de très « classique » pour chaque amateur de rock. On avait regardé pour pouvoir passer par ici durant notre tour. Et finalement on est là, c’est extraordinaire. Les montagnes gigantesques nous sidèrent, nous petits australiens où tout est désespérément plat et désertique…

Justice vous prenant sous son aile depuis quelque temps, ça doit être de la folie à Paris…
Andy : en fait on y habite juste pour les festival de cet été. Donc on ne voit pas grand chose…
Daniel : tant qu’on tourne en Europe, notre maison c’est plutôt l’aéroport et notre van. Mais qui s’en plaindrait ? C’est excitant, on est ici à Montreux. Nous sommes tellement heureux et point du tout blasés. On ne fait pas comme ces groupes qui se coupent du monde et restent dans leur coin.
Vincent : on dort à Vevey, on ira faire une ballade demain matin je pense, si on finit pas trop tard (rire) !


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page