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Queens of the Stone Age au Caribana


Caribana Festival, Crans-sur-Nyon, jeudi 5 juin 2014

REVIEW – On ne va pas se mentir, ce jeudi soir au Caribana Festival avait principalement qu’un seul intérêt, à savoir le concert des Queens of The Stone Age.

Le show des « Rois du stoner » devant débuter à 23h30, nous avons eu tout loisir d’écouter les autres artistes programmés ce jeudi soir à Nyon. Enfin, presque car les célèbres ralentissement et autres bouchons de l’autoroute auront eu raison d’Aliose. Dommage, car d’habitude on apprécie beaucoup ce jeune groupe. D’autant plus que le duo indigène jouait sur ses terres. Et ce n’est malheureusement pas les concerts suivants qui nous ont réconfortés. Les Irlandais de Kodaline propose toujours un pop très « gentillette » mais pas franchement convaincante. George Barnett (UK) est certes un jeune multi-instrumentiste de talent, mais là encore, on ne sait pas franchement enthousiasmé. On cherche encore l’atmosphère obscure à la Nine Inch Nails décrite dans le programme… Elle a dû rester coincé en backstage entre 2 mojitos. On retiendra tout de même la prestation de Miles Kane qui a su captiver son public et qui peut s’appuyer sur un set et des morceaux de qualités. Et un pantalon hors-norme ! Mais heureusement tout vient à point à qui sait attendre… et après un petit retard, (oui retard avec un R), Josh Homme arrive enfin sur scène.

La déflagration était programmée. Elle a lieu. Les Queens of the Stone Age étaient là où on les attendait : un set efficace, sans coup férir, assénant à un Caribana plein comme un œuf tous les classiques des Californiens. Alors certes, la prestation n’était pas généreuse dans la durée, format “festival” oblige, mais l’intensité était au rendez-vous.

Dans la lignée de la tournée officielle de leur dernier opus, LIKE CLOCKWORK…, Josh Homme et ses compères débutent avec « You Think I Ain’t Worth a Dollar, but I Fell Like a Millionaire », et son entêtante rythmique à la batterie – exécutée avec tact et brio par le nouveau venu John Theodore. S’ensuit l’éternel « No One Knows ». Si l’artillerie de SONGS FOR THE DEAF paraît encore une fois arriver un peu tôt, elle a le mérite de chauffer immédiatement les kids.

Une chose est sûre, les gars sont là. Et bien là : Troy van Leuwen cache derrière un brin de nonchalance apparente, et une consommation de whisky-coca bien connue, un talent certain, parfois voilé par le fétichisme que certains observateurs vouent à Josh Homme. Le headbanging et le son crasseux à la basse de Michael Schumann donnent aux live de Queens of the Stone Age encore plus d’intensité (dans un registre différent de Nick Oliveri, son prédécesseur quelque peu psychopathe), alors que Dean Fertita, stakhanoviste du détail et des arrangements, fait tenir la baraque avec discrétion. Bien sûr, on n’oubliera pas les riffs et le déhanché endiablés de Josh Homme : si parfois son narcissisme (sur scène) en est presque énervant, l’envergure et le charisme de ce type sont époustouflants.

Entre allusions à la drogue et invectives aux agents de sécurité, sa formule est d’ailleurs bien connue, mais jamais éculée. Et il a fin nez lorsqu’il appelle les popotins à se bouger sur « If I Had a Tail » ou « Monster in the Parasol ». Dans un registre différent, le langoureux « I Wanna Make it With Chu », et son magnifique final mêlant psychédélisme et sensualité, n’est pas mal non plus. Le temps reste suspendu avec « … Like Clockwork » et le piano de Dean Fertita embaumé dans un écrin de fumée, alors que les classiques de LULLABIES TO PARALYSE, « Burn the Witch » (avec un puissant jeu de lumières) ou « Little Sister », ont toujours autant de succès. On notera néanmoins, niveau « son », une basse trop envahissante sur « Smooth Sailing », et, plus grave, une voix trop couverte dans l’ensemble. Quoi qu’il soit, lorsque les premières notes de « Songs for the Dead », le traditionnel final, retentissent, on se dit qu’il est encore trop tôt. C’est une habitude pour nous. Et ce n’est pas les 6 minutes d’agonie de ce chef d’œuvre de la métaphore musicale qui nous convaincront du contraire.

Ce live au Caribana Festival a offert en définitive un bon panorama de l’œuvre de Queens of the Stone Age, ne manquant à l’appel que le premier album éponyme. Il nous a permis de constater que Jon Theodore est maintenant totalement acclimaté à l’univers du groupe et que sa technique et sa rythmique font merveille, notamment lors d’un solo final à couper le souffle. Plus généralement, il nous a transporté encore une fois à travers l’œuvre ambivalente des Californiens, entre Eros et Thanatos, lorsque la brutalité se marie à la sensualité. Queens of the Stone Age fait partie de ces rares groupes qui ont su se populariser, en faisant évoluer leur musique, sans renier certaines valeurs fondatrices et une authenticité reconnue. Que le Caribana Festival continue de programmer des artistes de cet acabit.

En vidéo, ce que l’on aurait bien aimé entendre :


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