samedi , 15 décembre 2018
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Triel Open Air 2013


REVIEW - En ce beau week-end de la fin juin, le soleil s’est installé dans un parc verdoyant de Triel-sur-Seine, et réjouissons-nous car l’association Esprit Rock a décidé de nous régaler, encore une fois, pour son édition 2013 avec une bien belle affiche. Je vous propose de dresser le bilan ! Ces deux jours de concert voient défiler pas moins de dix-sept groupes à un rythme effréné. Aussi hallucinant que cela puisse paraître, il est midi en ce samedi 29 juin et le public est déjà très en forme alors que le concert n’a pas encore commencé ! Il faut dire que le bar est ouvert et que certains (et certaines !) ont déjà entamé les hostilités la veille, car rappelons-le, le site a prévu un espace camping et quelques festivaliers n’ont pas hésité à s’équiper de glacières. Il n’est pas de mon ressort d’en dévoiler le contenu…

Il est déjà 14H00 Pervert Asshole a la lourde tâche d’ouvrir le bal et le moins que l’on puisse dire c’est que le rock gore burlesque et déjanté du combo est fort efficace. Comme le dit « Dr Pervert » en s’adressant à son public : « Ça fait plaisir de voir toutes vos gueules de con ! ». Je n’aurais pas dit mieux d’autant qu’une large tranche du public présent n’a pas oublié de prendre l’apéro. Rajoutez à cela le soleil qui tape sur le giro, en cette fin juin et vous obtenez une ambiance festive de bon aloi. Bref, musique efficace, show endiablé, strip-tease d’un chanteur au sommet de son art maitrisant la dérision avec brio. Même si le son reste à désirer, j’ai eu un coup de cœur pour ce premier combo!

Le temps d’une très rapide rotation et ce sont les Kopper8 qui déboulent avec un trash-rock biker efficace dont on regrette encore une fois, que le son ne soit pas un chouïa plus gras. Mais que voulez-vous, il est difficile d’aménager une balance digne de ce nom, en si peu de temps. Ceci étant dit, le groupe s’en sort bien, le public répond présent à des titres concis et rentre dedans qui nous font passer un agréable moment.

Vient le temps des black metaleux de Lutece qui se voient infliger le devoir de produire en plein jour et en plein soleil un black metal furieux et sombre. Tâche d’autant plus difficile que dans le cadre d’un festoche – certes metal – mais plus proche du rock que des circonvolutions des textures du combo, l’ambiance est à la rigolade et non aux ténébreuses incantations sataniques. Ceci dit, les déflagrations sonores et la voix très éraillée de son chanteur, font mouche ! Le combo est brutal, précis et possède des ambiances accrocheuses largement relayées par une section rythmique formidablement efficace. Du coup, ça fonctionne plutôt pas mal pour la section brutale de cette édition 2013.

Il n’est pas loin de 18H00, lorsque Nightcreepers investit la scène en kilt, peau de bête et maquillage guerrier du plus bel effet. Je pressens une ambiance à la Black Messiah ou Eluveitie ce qui laisse présager de bonnes choses. Le groupe délivre un folk-metal aux relents pagan. Malheureusement, le rendu sonore n’y est pas. On peine à entendre le clavier tout comme la basse qui a tendance à disparaître dans les méandres d’une sono un peu capricieuse. La débauche d’énergie reste remarquable et les gimmicks du chanteur font lever la guibole de quelques festivaliers réunis en farandole. Et puis, quelle performance de jouer avec de la fourrure sous une pareille chaleur. Conclusion : une prestation solide.

Je me souviens avoir beaucoup secoué la tête à l’écoute de T.A.N.K. Lorsque j’ai chroniqué son dernier album SPASMS OF UPHEAVAL (2012), il me tardait de voir ça en concert et je n’ai pas été déçu! Bon son et compos maitrisées permettent aux festivaliers de gesticuler en rythmes des saccades du trash-death-core des parisiens. Ça et là, on sent que le combo est gêné par des problèmes de son, du coup, le groupe semble ramer à contre-courant lors des passages les plus rapides. Le son n’aura pas vraiment été de la partie mais quelle niaque !

Il est 20H00, une tranche du public, tels des zombies émergeant d’un profond coma, crapahutent du camping au pit. Il faut dire que No Return, est attendu par ses fans ! Ils déboulent avec beaucoup de précision et enchainent un joli set qui pioche dans sa longue discographie et se permettent même de nous jouer sa cuvée 1990 du « fameux » PSYCHOLOGICAL TORMENT. Pour l’anecdote, j’avais acheté ce disque dans un magasin faisant de la brocante à l’année. Je l’avais payé 5fr et je peux vous dire que le disque tourne encore sur ma platine, c’est vous dire la qualité de cette livraison qui a maintenant plus de 23 ans ! Un très bon concert passé en la compagnie d’un combo version 2013 dont Alain Clément est l’unique survivant du line-up d’origine.

Alors que The Arrs investit les planches, la luminosité cède la place à la pénombre et je peux enfin cesser mon impatience, car disons-le : ce groupe nous a pondu un album frénétique (NDR : SOLEIL NOIR, également chroniqué par mes soins dans notre beau webzine !). Tout y était : ambiance, son, lumière, public déchainé. Ce sont de véritables murs de parpaings qui s’écroulent dans nos esgourdes et la section rythmique déroule le tapis à son charismatique chanteur qui assure à l’édifice une charpente dont il est indéniable qu’elle est appelée à devenir l’une des chapelle du metal français. Et oui, sa claque fort. D’ailleurs le set est accueilli avec ferveur par un public quasi à genou. Les morceaux se s’ont enchainés à la vitesse de la lumière et le groupe cède la place à la tête d’affiche. Il est 22H20. Rideau.

Quelques vingt-cinq minutes de rotation, le timing quasi-parfait permet aux marseillais de Dagoba de débouler sur scène. Le public est désormais agglutiné devant les barrières et attend l’offrande ! La nuit est déjà-là et sur fond bleuté de toute beauté, se dissipe l’écrasante chaleur de la journée afin de laisser les festivaliers profiter des morceaux du dernier né Post Mortem Nihil Est. Le groupe parfaitement rôdé nous offre une prestation ajustée, professionnelle à tout point de vue. Francky dont le jeu toujours aussi précis et visuel, assure le show à lui tout seul. Il est agréable de constater que le groupe n’est pas en reste et délivre une démonstration technique et efficace, à l’image de son chanteur-hurleur qui éructe avec grande précision. Le groupe disposant de moyens conséquents : lumières, son, retours, l’univers des marseillais fait mouche. C’est avec des yeux d’enfants que nous repartons comblée de cette première journée.

Dimanche 30 juin

Nous arrivons à 15H00 juste à temps pour Hell of a Ride mais pas assez pour Syrose, dont j’apprends au cours de la journée, qu’il vient de donner son ultime gig suite au départ précipité de son chanteur. Hell of a Ride assène un southern rock musclé devant un parterre quasi-vide, la faute à une soirée « festive » pour certains festivaliers qui affichent pâle mine en ce début d’après-midi. Les 26°c du thermomètre n’arrangent en rien la situation et nos cinq zikos, qui pourtant sont en place, essuient les plâtres de cette chaleur pénible. Les nombreux tee-shirts flanqués aux couleurs du combo sont là pour rappeler que nos cogneurs étaient attendus.

Changement d’ambiance avec  Reverse the Rules, qui officie dans un hardcore musclé à l’image de ses zicos bodybuildés. Inutile d’insister sur ce set précis mais froid comme les pierres, qui laisse un sentiment de lassitude en ce début d’après-midi. Idem pour Sustain Core, qui ne parvient pas à haranguer le public malgré un son plus que correct.

Il est 18H00 et les yvelinois de Strike Back déboulent à fond la caisse dans le même registre que les deux groupes précédents, avec une patte un peu plus métallique toutefois. Si en façade, le son flanque une méchante rouste à nos oreilles, sur scène c’est compliqué. Le combo peine à s’entendre, et du coup augmente son volume de jeu pour colmater les brèches. Il faut dire que la pression est à son maximum car le nouveau cd (Nec Pluribus Impar) sort aujourd’hui.  Les afficionados massés devant la scène attendent de se faire botter les fesses, tandis qu’une autre tranche du public décide d’organiser un concours de salto avant dans une piscine gonflable installée pour l’occasion. Résultat, il règne comme une ambiance de parc d’attraction sur le site du festival. La conviction et l’enthousiasme du combo ne semblent pas entamés pour autant, ainsi la prestation est acclamée par un public heureux d’avoir avalé plusieurs kilos de décibels.

Alors que Klone s’installe nous décidons d’aller vider un godet et remplir nos estomacs à grands renforts d’hamburgers frites. Nous assistons de loin à la prestation emmenée par un combo qui joue avec soin et dont les grattes foutent la raclée à bien des zicos présent sur le site. Du coup, je lâche mon godet et me concentre sur ce show rôdé aux relents de post-rock, pas désagréable du tout.

Me devant d’être objectif je dois dire que l’heure entière passée à faire la balance Parabellum, sur ce coup-là, s’est montré pénible. Et même si la prestation de nos punks locaux est parfaitement maitrisée, je me dis que c’est un peu irrespectueux pour le groupe suivant qui accuse plus d’une heure de retard ! Dommage car le set était loin d’être désagréable.

Black Bomb A dont le son est certainement l’un des meilleurs au niveau réglage de tout le week-end, nous délivre une prestation solide, carrée et festive à la fois. Ça fonctionne, ça joue fort et le public donne tout ce qu’il a pour conclure cette rude journée. Hervé matraque sa batterie comme si ça vie en dépendait tandis que Poun éclate nos tympans comme à l’accoutumée. L’excellent ENEMIES OF THE STATE (2012) pierre angulaire de ce show un peu court, mais ô combien efficace, vient rassasier nos mines fatiguées. Il est maintenant plus de minuit, l’heure est aux adieux, nous quittons le site en remerciant les organisateurs(trices !) qui ont fait un boulot formidable. À l’année prochaine donc !


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