mardi , 25 septembre 2018
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Sunset Rubdown

Dragonslayer

Jagjaguwar - Irascible


Quatrième album du Canadien Spencer Krug et de son projet Sunset Rubdown. Au menu: l’album de l’année ? Réponses et tentative d’explication du cas Krug.

 

Sunset Rubdown

Deux choses de prime abord: la pochette et le titre inaugural de ce DRAGONSLAYER: flamboyants, courageux, théatraux, géniaux. Où nous nous trouvons dans un décors limite science-fiction laissant toutes les plus belles découvertes possibles, entre les mannequins à cheveux rouges et la Chevrolet à bout de souffle. Où “Silver Moons” ne laisse pas longtemps planer le suspens: on se trouve face à du Sunset Rubdown pure souche et en grande forme, au chatoiement à placer entre Queen et Pulp, rien que ça. Et par là même, on en profite pour rappeler que Spencer Krug, menant de front les projets Wolf Parade et Sunset Rubdown, fait partie des frontmen les plus incroyables de la décennie. Le nouveau Morrissey ou le nouveau Jarvis Cocker ? Il suffit de l’écouter chanter ces paroles pour s’en convaincre, un petit peu: « Under all the folds of the dresses that you wear / sway around to the cadence of your voice when you sang there ».

 

 

Spencer Krug fait partie des frontmen les plus incroyables de la décennie

 

 

Après ce “Silver Moon”, on aborde les choses sérieuses avec l’épique “Idiot Heart”, emmené ambitieusement par des riffs de guitares new-wave. Le souffle d’Editors, la grandeur d’âme et la sensation de danser sur quelque chose qui le mérite en plus, pas écrit pour la gloire mais bien parce qu’il le faut. En 2 morceaux, mine de rien, Sunset Rubdown signent le meilleur début d’album de l’année, sans prétention aucune. Entouré cette fois-ci de Michael Doerkson (guitare, batterie), Camilla Wynn Ingr. (chant,
percussions), Jordan Robson-Cramer (batterie, guitare) et Mark Nicol (basse, percussions), la troupe semble soudée autour de Krug et ses idées à l’image de la démesure de son talent. En tout cas, “Apollo and the Buffalo and Anna Anna Anna Oh!” ne perd en rien de tension, si ce n’est qu’il ralenti le tempo pour mieux introduire l’épique “Black Swan”, sorte de tour en grand huit avec port de la ceinture plus qu’oblgatoire, mini opéra-rock exigeant une écoute attentive sous peine d’être définitivement largué par le génie excessif de Krug.

 

 

Sunset Rubdown

 

 

Votre coeur vous en remerciera, place à la pop song légère “Paper Lace”, louchant sur les années 60 et montrant le groupe dans un format plus classique. “You Go On Ahead (Trumpet Trumpet II)” annoncerait presque des guitares à la Bloc Party pour mieux tromper l’auditeur, avec son clavier midi et sa structure en labyrinthe débouchant sur une ritournelle emmenant Krug à la suffocation. Tout un programme. Ici, on n’a jamais craint la surenchère, oui mais alors la surenchère grandiose et pas pompière (lire ici Muse et consorts), une musique des grands airs évitant comme par magie l’indigestion pour se rendre génialement addictive.

 

Si vous n’y croyez toujours pas, voici ensuite “Nightingale/December Song”, le joyaux caché de ce DRAGONSLAYER, avant-dernier titre d’une belle – mais courte – aventure. Car seuls 8 titres sont présents sur ce quatrième album, mais quels morceaux ! Et surtout, n’oublions pas le final “Dragon’s Lair”: il faut entendre Krug et Camilla chanter « And you’re not a widow yet ! » dans cette chason à tiroirs d’une dizaine de minutes, encore une fois pas franchement éloingé des architectures pop de Pulp avant de baisser la garde: « You’re such a champion. I hide behind your sun. You are the champion… ». A en pleurer une fois que les guitares reprennent le devant.


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