Stupéfiant Rock en Seine – J2

On continue notre bilan de l’édition 2023 de Rock en Seine, avec un programme encore chargé ce samedi. Rendez-vous sur la grande scène pour voir nos chouchous du festival : Altin Gün. Une sorte de groupe de rock psyché turco-néerlandais. Dit comme ça vous allez sans doute nous dire que c’est trop exotique pour vos oreilles chastes, habituées au bon son des tubes de RTL2 (“le son pop-rock”). Sauf que les compères de Jasper Verhulst sont certainement ce qui se fait de mieux du côté du Bosphore depuis 2016, avec bien entendu les opérations chirurgicales destinées à retrouver une crinière digne de Francis Lalanne. Si nous devions nous lancer dans une comparaison hasardeuse, nous dirions que la troupe suit un peu la même évolution musicale que Tame Impala. Là les fans de Kevin Parker sont vent debout contre cette approche osée bien évidemment, mais avec des débuts plutôt rock, un poil cradingues et des morceaux comme “Leyla” qui tanguent vers la fuzz, on se rappelle bien évidemment l’excellentissime “Lonerism” des Australiens. Depuis, Merve et ses copains usent davantage du synthé pour nous délivrer des rythmes disco et hypnotiques comme “Doktor Civanım“, encore meilleur en live. Si vraiment vous n’avez jamais entendu parler d’eux, nous vous les recommandons d’urgence. Vous ne tarderez pas à être convertis à la saz de Erdinç et à la basse de Jasper qui pue le groove.

Arrive ensuite Florence + the machine Cypress Hill qui vient donc remplacer le groupe londonien, forfait de dernière minute. Ce n’est pas un problème pour nous puisqu’avec B-Real et sa bande c’est surtout une histoire de nostalgie. Rappelle-toi les nombreuses soirées où tu explorais avec tes copains de lycée différentes substances psychotropes “pour voir comment ça fait”, et qu’après avoir affirmé que tu ne sentais pas grand chose, tu terminais la soirée totalement retourné, à voir à tous les coins de rue des sosies de Michel Polnareff en pyjama. Eh bien si tu puises dans ces mêmes souvenirs, la bande son de ces soirées était gérée par un copain fan d’un petit groupe de rap qui milite pour la légalisation : Cypress Hill. C’est donc avec beaucoup de plaisir, mais également beaucoup de fumée que le public voit débarquer le groupe sur scène, après avoir été chauffé à blanc par DJ Lord pendant quelques minutes d’intro. Les californiens ne sont pas là pour présenter du nouveau, alors ils fêtent avec Saint Cloud les trente ans de “Black Sunday”, leur deuxième album studio. Ils démarrent avec “I Wanna Get High” puis enchainent avec “I Ain’t Goin’ Out Like That” : l’intégralité de la galette sera jouée ce soir. Tout le monde reprend en chœur, tout le monde fume en chœur, y compris B-Real qui se descend un truc gros comme un barreau de chaise. Une fois les quatorze titres passés, Cypress explore son patrimoine musical pour finalement terminer sur l’inévitable “Rock Superstar“.

Pendant l’aqua géant du main stage, les britanniques de Coach Party jouaient sur la scène Firestone. Certainement pas de stress pour Steph et Jess de jouer dans un festival de l’ampleur de Rock en Seine, puisque la bande a assuré les premières parties de la tournée des stade d’Indochine l’année dernière. Pas dégueu comme tremplin dans l’hexagone ! Si on va même plus loin, on pourrait même remercier Nicola Sirkis de les avoir découverts (wink wink Ephelide). On vous conseille de surveiller leur première mouture à venir le 8 septembre prochain : “Killjoy”.

La deuxième journée de festival pour nous se termine sur le set des Chemical Brothers. Il y a deux niveaux de lecture pour ce genre de show. D’un côté, on est impressionné par la qualité de la scénographie. Ce n’est pas juste de la musique sur un fond noir, chaque morceau est également visuel. Les écrans géants dévoilent à tour de rôle toutes sortes de formes et de silhouettes, à chaque fois calibrées avec la musique, ce qui donne un effet dancefloor garanti. Le public est en transe pendant une heure et demi. D’un autre côté, on pourrait très bien se dire que finalement les gars ont balancé une playlist et sont partis boire des pintes. Qui nous dit que des gus sont bien en train de mixer derrière des platines ? Tout est à la seconde près, pas de possibilité de faire du rab sur certains morceaux, c’est ça l’électro. Allez on a compris, ce n’est pas maintenant qu’on va avoir un solo de guitare de cinq minutes. Rentrons.

Crédit photos : Victor Picon, Olivier Hoffschir, Louis Scomar.

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