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Strange Boys

Be Brave

Label: Rough Trade / Musikvertrieb


4 EP et un album sorti en 2009 plus tard, The Strange Boys semblent seulement maintenant se voir reconnaître leur énorme talent. Ces proches des Black Lips, King Khan ou du regretté Jay Reatard tourneront ce printemps avec les indispensables Spoon et Deerhunter. Enfin une occasion pour ces hommes étranges de venir visiter nos contrées ?

Austin, Texas, remet ça. Un état qui doit sa seule considération au fait qu’il est le haut lieu de la country. Et ses braves morveux ne renient pas cet ancrage. C’est ce qui saute aux oreilles à l’écoute des Strange Boys : même si on a affaire là à du garage rock dans le plus pur style Nuggets – le single “Be Brave” aurait tout à fait sa place entre “Oh Yeah” des Shadows of Knight et “Pushin’ Too Hard” des Seeds –, l’ambiance moite des plaines traversées par le Colorado reste coriace. Mais ce caractère so british a sûrement décidé Rough Trade, le fameux label indépendant britannique né pendant l’âge d’or seventies, de distribuer leurs mélopées sur le sol européen… Du coup, on découvre BE BRAVE, second album de la bande après un THE STRANGE BOYS AND GIRLS CLUB (2009) passé quelque peu inaperçu de ce côté de l’Atlantique. Be Brave… Une annonce de ce goût d’innocence printanière que l’on va découvrir du premier au (presque) dernier titre.

 

Puis-je geindre mes textes mieux que toi ?

 

Garage rock british, certes, mais le timbre américain se fait sentir au travers de la voix de Ryan Sambol, sorte de défi lancé à Bob Dylan : puis-je geindre mes textes mieux que toi ? À moins d’un mimétisme modeste de Caleb Followill, son homologue des Kings of Leon (époque pré-BECAUSE OF THE TIMES. Quoi qu’il en soit, cette voix sait jouer de son charme maladroit, se mariant parfaitement avec cet harmonica pleurnichard de “I See”, morceau qui ouvre la galette. Tout de même, tant de flegme chez des texans, cela a de quoi dérouter. Il y a dans cette musique tant d’aller-retour entre les bases du rock à la britannique et du blues à l’américaine que l’on se perd en chemin. “A Walk On the Bleach” se la joue complainte tragique avant de partir en trombes après une minute trente : Chuck Berry renaît subitement dans nos oreilles. Un anachronisme tout de même assez violent. Puis surgira le solo de saxophone déraillant sur le single “Be Brave”. Solo vintage manié par Jenna Thornhill, de Mika Miko. Quand on pense que les Strange Boys ont aussi eu droit à des « backing vocals » tenus par Tim Presley, de Darker My Love… On ne se refuse rien.

 

 

 

 

Et on en est qu’à trois titres.
Suivront le classicisme de “Friday in Paris”, puis la soul sexy au son pourri de “Between Us”. Sont-ils des pilleurs ou savent-ils simplement faire du neuf avec du vieux ? Qu’importe, on passe du bon temps. Et c’est peu dire quand surgit “Night Might”, qui n’a rien à envier aux riffs des Blacks Keys. Mais la suite de ballades finales, un poil simplettes, gâche quelque peu l’excitation du début. On avait senti venir la flemmardise. C’était mieux juste avant. Passéiste, passéiste… Oui et alors ?


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