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Sacri Monti

WAITING ROOM FOR THE MAGIC HOUR

STONER PSYCHÉDÉLIQUE / HARD ROCK - Originaires de San Diego (USA), les cinq chevelus de Sacri Monti m’avaient terrassé avec leur premier album éponyme sorti en 2015. Prenez place dans la salle d’attente pour 43 minutes de pure magie.

Riche de 6 morceaux, ce premier album faisait la part belle à un stoner psychédélique à la fois moderne et emprunt d’un feeling très blues hippie 70’s. Tout en nervosité malgré ses envolées planantes, ce premier album se concluait par le morceau donnant le titre à l’album ainsi qu’au groupe avec 12 minutes tantôt atmosphériques, tantôt nerveuses. C’était bien construit, ça montait doucement en force et finissait dans une impression de presque bordel hautement savoureux.
Depuis sa sortie en 2015, j’ai dû écouter cet album en moyenne 1 fois tous les 15 jours, sans exagérer. L’idée de retrouver ce groupe pour un deuxième album m’a obnubilé pendant quelques mois jusqu’au 5 juillet 2019 où il est sorti sur toutes les plate-formes numériques. Le 33 tours turquoise en pré-commande me parvenait 2 ou 3 jours plus tard, comme quoi la modernité n’a pas que du mauvais.


Je me disais qu’il serait difficile de dépasser ou égaler leur premier album dont le single “Sittin’ Around in a Restless Dream” jouïssait d’un clip très nonchalamment léché et charismatique sur fond de film en Super 8.

Bref, assez d’histoire à deux balles et de souvenirs. Faut taper dans le dur. Comme annoncé un peu plus haut, 43 minutes pour le disque WAITING ROOM FOR THE MAGIC HOUR. 43 minutes qu’on n’entend pas passer, 43 minutes que l’on remet de suite après avoir écouté l’album une première fois. Album écrit sous influence, comme dirait les copains de l’autre côté de l’Atlantique, on ressent quelque chose de mystique dans l’évolution des morceaux et l’alternance d’énergies sinon d’ambiances.

L’entrée en matière avec le morceau qui donne son nom à l’album est très vive, on croit reconnaître cette fougue tout droit venue de 2015, puis le morceau “Fear and Fire” arrive… et là c’est plus la même semoule de Peyote. C’est mature, ça varie entre la fougue du précédent opus et des parties planantes qui feraient facilement écho au ANIMALS de Pink Floyd. On ne se lasse pas des riffs qui reviennent, qu’ils soient légèrement modifiés au fur et à mesure ou non. On en bouffe, on en boit et on re-veut.

La suite de l’album garde une excellente dynamique, toujours dans l’alternance entre énergie explosive et sonorité digne d’un énorme trip en douceur sous acide dans le désert par un soir au ciel étoilé.
La suite des passages planants rappellent encore Pink Floyd par leur sensibilité, leur son de guitare et leurs accompagnements au clavier, sans pour autant sonner comme un cliché ou une repompée. La fragilité d’un morceau comme “April” de Deep Purple pourrait également être évoquée pour vous donner un point de repère. Pour preuve le morceau intitulé “Affirmation”.

Arrive le single “Gone From Grace” qui vient relancer la machine jusqu’à ce que le groupe nous quitte, à bout de souffle pour ma part, sur “You Beautiful Demon” aux sonorités folks des sons hippies des 60’s et 70’s.

Courrez acheter ce disque, courrez l’écouter sur une plate-forme numérique, courrez le commander sur internet ou courrez jusqu’à l’entrepôt de Tee Pee Records qui produit cette splendeur. Et au passage, rajoutez le premier album dans votre course frénétique.
Conseil supplémentaire, parce que je suis aussi sympa des fois, écoutez-le de nuit perdu au milieu de nulle-part. Faites le vide en vous et laissez-vous aller à vibrer dans cette salle d’attente, car l’heure qui suivra la pression de votre doigt sur la touche PLAY sera réellement magique.

Et comme on aime bien faire les choses à Lords of Rock et aller un peu plus loin dans nos écoutes, je me suis rendu le 31 juillet 2019 au Supersonic situé au 9 rue Biscornet à PARIS 11ème où Sacri Monti partageait la scène avec Liquid Bear et Decasia pour un (fabuleux) concert gratuit.
Sur scène, les 5 lascars se donnent à fond comme à chaque fois que je les ai vu et ce peu importe le nombre de personnes présentes dans le public. Ce soir là, il faut dire qu’il y avait du monde.
Le set était majoritairement axé sur le dernier album.

En live, on sent dès les premières notes la complémentarité de chaque membre. Les guitares ne jouent que très rarement la même chose. Les riffs se suivent, se complètent, se séparent, se retrouvent brièvement avant de reprendre leur propre chemin à toute allure. Le clavier complète fort intelligemment les mélodies tandis que la basse aide la batterie à marteler une rythmique bien rodée. Et la voix est très bien maîtrisée.

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