dimanche , 23 septembre 2018
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Route du Rock vendredi

Vendredi - St-Malo

« Rock is not dead ». Depuis hier et jusqu'à dimanche, le slogan comme le célèbre drapeau à tête de mort, étendard du festival.

« Rock is not dead ». Depuis hier et jusqu'à dimanche, le slogan comme le célèbre drapeau  à tête de mort, étendard du festival,  flotte au dessus du Fort de Saint-Père, à une dizaine de kilomètres de Saint-Malo en Bretagne. Pour ceux qui ne connaissent pas, la Route du Rock est un peu aux festivals rocks ce que les « Inrrockuptibles » sont au magasines Rock. Non, non, pas prétentieux et parisien, mauvaises langues ! Non. Par là il faut comprendre « destiné à un public de connaisseurs ». Attention, on ne se gare pas en double fil sur la Route du Rock. ,« On est pas au festival des Vieilles Charrues ici ». L'édito du « Paplar », canard officiel du festival, donne le ton. Mais ne tombons pas dans le panneau caricatural non plus. Les fans de rock indépendant, de rock tout court et même les néophytes y trouvent leur compte. Il y a de la place pour tout le monde sur la route du rock qui depuis plus de 20 ans permet à un certain rock d'exister, et c'est tant mieux.

 

« Mondialement connu à Yamoussoukro »

Le rockeur de Saint-Malo a depuis longtemps troqué son blouson noir contre un Kway. Ici le top du chic vestimentaire, c'est la  paire de bottes qui ressemble à tout sauf à une paire de botte. Presque chaque année, la pluie réussi à se faire accréditer en VIP avec une mention spéciale pour l'an dernier ou l'enceinte du Fort avait été transformée en pataugeoire de boue. Du coup cette année, les organisateurs ont fait appel à maître Mambo, un marabout ( « mondialement connu à Yamoussoukro »)  pour chasser les nuages. Ça a plutôt pas mal fonctionné hier soir, mais aujourd'hui la pluie est revenue. Il y a un marabout qui a intérêt à surveiller ses arrières dans les prochains jours. Mais que diable, nous ne sommes pas là pour parler météo ( y'a plus de saisons, c'est la faute à l'internet), bordel, pourrait on dire si nous osions la vulgarité, parlons un peu de Rock.

 

Électrisante Electrelane

Et du rock, il  y en a eu hier soir. Peut-être pas suffisamment aux goût de certains, mais nous en reparlerons. 19h et des poussières, c'est la chanteuse berlinoise Anika, épaulée par Geoff Barrow de Portishead qui ouvre le bal. Petite mise en bouche gentiment acidulée mais pas inoubliable. Une grosse heure plus tard les très attendus américains de Sebadoh ont fait leur grand retour sur scène.  Fer de lance, aux côtés de Sonic Youth ou de Pavement, dans les années 90 du dirty rock US indépendant. Menés par Lou Barlow, ancien bassiste de Dinosaur Jr, le groupe n'a pas déçu les fans. Seul regret, programmés à 20h, ils auraient peut-être mérité une entrée en scène un poil plus tardive.

Autre grand retour attendu, les anglaises d'Electrelane. Séparées en 2007 et  fraîchement reformées ce printemps, les fille, n'ont pas perdu la main. Remontées sur scène pour « le plaisir de jouer ensemble », elles ont transmis leur énergie au public. Public qui ne s'y est pas trompé.  Lorsqu'on demandait aujourd'hui aux festivaliers leur moment fort de la soirée de vendredi, « Electrelane » arrivait largement en tête. Parmi les moments forts de leur concert, une reprise particulièrement musclée et réussie du « Partisan » de Léonard Cohen de quoi bousculer la mise en plie du vieux folk singer !

 

(Trop?) Expérimental

D'après certaines mauvaises langues, dire que « Mogwai c'est un peu chiant » tient du pléonasme. Les écossais sont montés sur scène à 23 h  Leur concert a été un peu à l'image de la plupart de leurs chansons. Une montée en puissance par laquelle on se laisse emporter (ou pas). Des morceaux savamment construits, presque trop. Entendu de la bouche d'un festivalier : « Pour vraiment profiter et se laisser embarquer, il  faudrait pouvoir se poser tranquillement dans un canapé ». Une musique qui flirt avec l'expérimental. D'expérience, il en a aussi été question avec les Québécois de Suuns. Difficile a définir. Même si les festivalières ont trouvé le chanteur «  trop beau », cela ne suffit pas. Le groupe est pourtant produit par Jace Lasek leader des Besnard Lakes et était annoncé comme produisant un rock « sous pression ». A l'image de Mogwai, le son des Suuns poussait plus à la détente qu'à un bon vieux  pogo . « Encore un truc qui doit être génial à écouter au casque peinard dans son salon ! », s'amusait un festivalier.

 

Hésitations

C'est débat presque aussi vieux que la route du Rock. La musique électro a-t-elle sa place sur la scène du Fort de Saint-Père ? The Avalanches, 2Many Djs…depuis plusieurs années, la Route du Rock laisse la part bonne à la musique électronique. En même temps, en fin de soirée, un bon set bien dansant, ça vous réveille un rockeur ! Cette année c'est Aphex Twin, Richard D-James de son petit nom, chantre des musiques électroniques et du label Warp qui a occupé la scène de 2h à 4 h du matin. Spectacle aussi visuel que musical, on hésite entre la fascination pour ce son unique qui perturbe les oreilles et qui donne   l’irrésistible envie de bouger son corps les yeux scotchés aux écrans derrière le DJ et le parallèle un tantinet facile mais tellement tentant avec une sorte de Jean-Michel Jarre top hipe. Pour tout vous dire, 24 h après, on hésite toujours.

 

Ce soir, le rock revient en force sur la route avec entre autre les habitués du festival que sont Blonde Redhead et The Kills. On attend aussi la performance de Low, trio originaire du Minesotta, sorte de punks mormons. La messe est dite pour aujourd'hui, la suite demain.

 


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