jeudi , 20 septembre 2018
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Patrick Watson

Wooden Arms

Attitude


A ne pas confondre avec le Londonien Patrick Wolf, Patrick Watson n’est non plus pas l’acteur, producteur, scénariste et réalisateur canadien né en 1929 à Toronto du même du même nom. Originaire de Hudson, Watson musicien a lui seulement trente ans mais déjà une bien jolie réputation. On aime à le comparer, pour sa  pop cabaret et autres sévices séduisants à Rufus Wainwright, Nick Drake ou encore Jeff Buckley. Formant un quatuor, mais restant sous le patronyme Patrick Watson pour des raisons de commodités (soit : à la suite d’une résidence, l’alchimie existant entre ces amis et les fans grandissant ont fait qu’il est vite devenu trop tard de changer de nom…), Watson avait pris le temps de livrer WATERPROOF9 en solo en 2001. Huit ans plus tard, il serait dommage de passer à côté de ce bijou WOODEN ARMS…

Pour la petite histoire, tout est parti du succès suite au premier album du groupe, CLOSE TO PARADISE, en 2006. En tourné marathon lors des deux années suivantes, les Montréalais, pas déboussolés par cette gloire naissante, en ont profité pour raconter l’histoire, en mots et en musique, de ce périple qui a conduit les quatre musiciens aux quatre coins du globe. Pas étonnant de retrouver donc des titres tels que “Beijing”, “Traveling Salesman”, “Down at the Beach”, “Where the Wild Things Are”… On y voit en effet une certaine cinématographie dans le propos, en évitant toutefois l’attentisme et le lisse. Pour cela, l’instrumental trip-hop lo-fi “Down at the Beach” en est la parfaite évocation : n’incitant pas à l’allégresse, sa gravité renvoye à quelques pépites période Kid A-Insomniac de Radiohead pour son chant flippant dans un halo et le classicisme des arrangements.

WOODEN ARMS démontre aussi une modestie bienvenue. Là où l’on pourrait en faire des monstres de lyrismes et d’émotion, Patrick Watson préfère jouer l’option mini-opéras, comme ce “Where the Wild Things Are” tout en nuances et en maîtrise. Dans ce tableau somptueux, il ne faut pas oublier le resplendissant duo avec la jeune Katie Moore “Big Bird in a Small Cage”, réveillant des songes l’auditeur passionné après deux plages faits de chimères (“Hommage” et “Traveling Salesman”), mais aussi “Tracy’s Waters” ou encore “Machinery of the Heavens” clôturant brillamment le chef d’œuvre.

Comment mieux résumer cet album que les mots du label du groupe, Secret City Records : « Sometimes it’s dirty, sometimes it’s wild, but it’s never, ever boring ». C’est une tendance générale, les groupes canadiens commencent à rendre fou de jalousie tout le monde de la musique. Avec ce splendide WOODEN ARMS associé à l’entreprise, décrétons enfin l’état de supériorité de la scène canadienne et son incroyable richesse.


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