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Mogwai – Interview @ MJF

Interview @ MJF

Montreux Jazz Festival (CH) du 1er au 16 juillet 2011

INTERVIEW - Mogwai, ou l’un des groupes les plus inclassables de la programmation montreusienne. Les Ecossais délivrent depuis 1997 leur rock instrumental sans concessions, pour le plus grand bonheur des amateurs à la recherche "d'autre chose". Ce mercredi 13 juillet, les privilégiés se trouvaient au Miles Davis Hall du Montreux Jazz Festival et assistaient encore une fois à un spectacle d’une grande intensité. Visuel autant qu’auditif, ce concert aura certainement laissé quelques acouphènes en souvenir à un bon nombre d’entre eux. Quelques heures plus tôt, Lords Of Rock rencontrait Dominic Aitchison, bassiste, pour parler musique et avenir du groupe. Entretien.

 

Lords of Rock : Vous allez jouer devant le public du Montreux Jazz encore une fois. Comment te sens-tu?

Dominic Aitchison : Très excité ! C’est la troisième fois que l’on va jouer ici et les deux dernières avaient été super.

 

Vous êtes des habitués maintenant…

Oh, je ne sais pas, mais on est très flattés d’être invités à nouveau. Ca n’arrive pas tous les jours pour des groupes de notre genre.

 

On est impatients d'arriver au bout de cette tournée

 

Le volume sera assez élevé à ton avis ?

(Rires) Ca peut toujours l’être plus ! L’équipement est génial ici, le son est toujours très bon.

 

Vous avez sorti votre septième album cette année. Certaines personnes pensent que le post-rock – qui est un mot terrible d’ailleurs…

Tout à fait d’accord ! (Rires)

 

…que le post-rock peut-être rébarbatif. Or, vous en êtes là maintenant, un septième album en poche, vous arrivez toujours à faire évoluer votre son, et ça marche. Comment l’expliques-tu ?

Je pense que c’est lié au fait que les cinq membres du groupe ont des goûts musicaux très différents et nous contribuons tous à la composition. Ca rend un très bon mélange de sons, d’influences. De plus, on s’ennuie très facilement ! On tourne depuis six mois avec HARDCORE WILL NEVER DIE, BUT YOU WILL et ces chansons nous ennuient déjà. On est impatients d’arriver au bout de cette tournée et de pouvoir commencer à écrire de nouvelles chansons.

 

 

Mais vous avez un nouvel EP qui sortira en septembre : EARTH DIVISION. Est-ce que ce sont de nouveaux titres ou bien quelque chose qui ne rentrait pas dans l’album ?

Oui, ces morceaux ont été enregistrés en même temps que les autres mais ils ne pouvaient pas faire partie de l’album. Ils ressemblent à une soundtrack. Il y a beaucoup plus de cordes aussi. Ils sont bizarres pour tout te dire (rires). Mais on les aime et on voulait les faire partager.

 

On va les entendre ce soir ?

Oh non ! (rires) Je ne pense pas que ces titres seraient très bon en live… Je suis très mauvais quand il s'agit de décrire notre musique, pardonne-moi (rires). Quand les gens les entendront, ils comprendront.

 

Vous travaillez beaucoup sur les visuels et tu me dis que cet EP ferait office de soundtrack. Y a-t-il quelque chose derrière ?

Non, pas cette fois. On va sûrement essayer de faire des vidéos mais on tourne tellement que je ne sais pas si on va trouver le temps pour cela. On a beaucoup d’idées, de plans, mais on réussit rarement à tous les réaliser. On verra.

 

Cet EP s’appellera EARTH DIVISION. Vous avez souvent des anecdotes concernant les titres de vos albums/morceaux. Quelque chose de particulier ici ?

Non, malheureusement, je vais te décevoir, il n’y en a pas derrière celui-là. On intitule souvent nos morceaux après les avoir écrits et en référence au groupe auquel cela nous fait penser. Ici, c’était Joy Division et Earth. On les a juste mis ensemble.

 

Pour en revenir aux visuels, lorsque vous tournez, ils prennent une grande importance. Qui s’en occupe ?

On a des projections pour cette tournée. L’une des vidéos a été faite par Anthony Crook, réalisateur de la pochette également. Il a fait un court métrage sur un norvégien qui a voyagé autour du monde en vélo. Il a utilisé certains des footages pour l’une de nos vidéos (ndlr. « How To Be A Werewolf »). Pour le reste, ce sont des amis à nous de Londres qui nous ont préparé des visuels. C’est plus abstrait, des formes, des couleurs. Nous mettons rarement la main à la pâte nous-mêmes car on n’est jamais d’accord quand on en vient aux visuels. Ce sont les seules fois où on se dispute. On trouve donc mieux de déléguer à d’autres personnes.

 

Il n’y aura donc jamais de film réalisé par Mogwai ? Vous parliez quelques années auparavant de réaliser un live, c’est fait. Ensuite, de faire une soundtrack. Fait aussi pour « Zidane ». Et récemment, Stuart a fait part de son envie de réaliser un film entier…

Oh, non. Ca n’arrivera jamais ! (Rires) Jamais, jamais. Ce serait terriblement mauvais.

 

Pourquoi ?

Nous sommes trop différents. Je peux prédire un désastre total. On a essayé de faire un film sur les super-héros. C’était affreux. Imagine cinq écossais essayant de faire un film sur les super-héros !

 

On l’appellerait comment ?

Oh…

 

« Scotland’s shame» ? (ndlr.titre d’un morceau de l’album THE HAWK IS HOWLING)

Oui ! Ce serait très honteux pour l’Ecosse. (Rires)

 

 

Vous avez fait une mixtape pour Fact Magazine. Et il semblerait qu’en musique aussi vous ayez des goûts très différents. Clark, Fever Ray, Can, … Il y avait vraiment de tout là-dedans.

Oui, en musique aussi, c’est très varié. Je crois que c’était Barry qui avait fait cela. Il écoute beaucoup de musique électronique. Berlin l’a influencé. Mais c’est bien. Ca rend les choses plus intéressantes pour nous. On a des idées variées. Si on aimait tous la même chose, ça deviendrait vite très ennuyeux.

 

Je ne comprend pas que des membres de groupes puissent se détester

 

Justement, avec Barry à Berlin, comment faites-vous pour continuer à travailler ?

En général, grâce à Internet. On enregistre des trucs sur notre ordinateur et on s’envoie les fichiers. Si on doit répéter ou terminer les morceaux, Barry vient à Galsgow et dort quelques jours chez sa mère. (Rires) C’est vrai qu’on ne joue plus autant qu’avant. Mais c’est faisable. On était inquiets au début. Finalement, ça c'est bien passé. C’était même très relax comme manière de travailler. On a été plus productifs chacun de notre côté. Avant, quand on se voyait, on passait toujours beaucoup de tempsà parler de football, de la série TV de la veille, etc.

 

Donc, Internet vous est indispensable. Qu’en est-il du téléchargement ? Vous disiez en 2003 que cela ne vous dérangeait pourvu que ça n’aille pas plus loin. On est en 2011 aujourd’hui. C’est devenu plus que monnaie courante. Tout le monde possède le Wi-Fi. Votre avis a-t-il changé ?

Je n’ai toujours pas de problème avec ça. La situation est ce qu'elle est, il faut l’accepter. Un groupe comme Mogwai a toujours gagné plus d’argent en tournant. Ca ne nous affecte donc pas plus que ça. Internet, c’est génial pour découvrir de la musique. La musique devient plus disponible…

Personnellement, j’ai acheté un tourne-disque l’an dernier et me suis mis à collectionner les vinyls à nouveau. C’est comme redevenir adolescent. Je regarde toutes mes pochettes de vinyls, j’écoute les albums dans leur entièreté plutôt qu’un titre par-ci par-là. Internet, c’est donc bien pour découvrir de la musique. Mais pour l’apprécier réellement, je vais ensuite acheter le vinyl et j’écoute ça tranquillement chez moi.

 

Après toutes ces années, il y a toujours du plaisir à jouer dans Mogwai ?

Oui c’est génial ! Je ne comprends pas les gens qui sont dans des groupes et se détestent, détestent tourner, ne prennent aucun plaisir.

 

C’est exactement cela. Mogwai semble être l’un des rares groupes qui tient dans la durée sans trop de problèmes relationnels !

On est toujours de très bons amis. Comme je te dis, je ne comprends pas l’inverse. J’imagine que souvent, il y a une histoire d’argent derrière. On a pas vraiment de problèmes avec ça (rires).

 

A quoi peut-on s’attendre ce soir ?

J’espère un bon show, sans trop d’erreurs ! Et j’espère que ce sera bien. Très fort ! (Rires). Je pourrais te mentir et te dire qu’il y aura des costumes délirants et que l’on sautera sur un bateau mais…non ! On ne le fera pas. (Rires). Un bon show j’espère.

 


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