Merz

Allons droit au but : NO COMPASS WILL FIND HOME est un album d’electro sans electro !!! Composé uniquement de batterie et de percussions auxquelles s’ajoutent les vocaux de Conrad Ewart Lambert, quasiment aucun beat n’est présent dans cet album et, si l’on excepte les bruitages et le mixage, rien d’électronique. Merz fait de l’électro qui est en réalité totalement organique pour nous délivrer des paysages rythmiques comme un tour du monde de la percussion qui mimerait les paternes propre au genre.

C’est ainsi qu’on ne peut jamais parler vraiment de thème musical, de mélodie ou encore d’orchestration. Tout est percussion et chant. Mais c’est cependant là où réside le génie de l’artiste : en recourant à ce genre d’instruments uniquement qui reproduisent les sonorités du monde entier, Merz obtient une musicalité rythmique étonnante ! Chacune des tracks qui mêle envolée lyrique et pulsation rythmique émet comme un chant dont on ne peut se soustraire. De plus, le fait de mimer les structures du genre électro confère à l’ensemble un côté dansant fort appréciable.

Parfois c’est ainsi que Merz produit comme un brouillage numérique – qui n’en est pas un – grâce au son d’une batterie tribale qui s’entrecoupe de percussions fébriles. On est littéralement plongé à la fois dans la forêt amazonienne comme dans une boîte de nuit. Le contraste est saisissant. L’album dans son ensemble se présente alors comme un voyage aux quatre coins du globe l’idée étant comme le titre de l’opus l’évoque que où que l’on aille, on peut trouver un chez soi.

Dans cet ordre idée, et toujours selon la même recette, Merz nous propose autant des percussions amérindiennes, qu’asiatiques ou orientalisantes. Ces titres tiennent lieu parfois de véritables mandalas destinés à la contemplation zen. D’autrefois ils se font boisés et mystérieux ou transcendants et éphémères, citadins ou sauvages. On passe tant du milieu liquide ou végétal qu’au béton et aux lumières de la ville dans sa vie la plus nocturne. Ce sont vous l’aurez compris de véritables cartes postales que l’artiste nous délivre avec en bonus une immersion sensorielle pour l’auditeur dans chaque milieu.

On peut ainsi dire aisément que Merz n’a pas volé sa réputation et que ce quatrième opus est encore une fois pour lui une réussite. De même que des célébrités de l’indus tels Einstürzende Neubauten ont révolutionné le genre en remplaçant les claviers et autres samplers par des outils, Merz se réapproprie le style électro pour lui redonner une essence organique qui surprend par tant de saveur. Si vous ne vous êtes pas procuré encore cet incroyable opus, n’hésitez surtout pas une seconde ! En relevant toutefois que ce genre de création se destine plutôt aux puristes de l’expérimentation ou aux auditeurs en quêtes de nouveautés originales.

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