mardi , 18 septembre 2018
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Let’s Wrestle

In The Court Of Wrestling Let's

Label: Full Time Hobby


LO-FI Ces groupes qui donnent l’impression d’enregistrer
une de leur répète m’ont toujours fasciné. Une désinvolture (presque)
naturelle, un son à la ramasse, des mélodies à la con et une pochette dégueux.
Et le plus agaçant, c’est que ça me plait… Nous voici sur le ring avec Let’s
Wrestle.

 

C’est clair qu’à la première écoute, on se pose quelques questions… On
est vite frappé par la voix de Wesley Patrick Gonzalez. Une voix désinvolte,
ultra décalée, qui peut nous replonger dans l’époque punk où certains chanteurs
faisait exprès de chanter faux. Mais avec Let’s Wrestle on est plus dans des
mélodies Indie-rock avec ce son et ce style lo-fi. On comprend que le groupe
cite Pavement dans leur référence. IN THE COURT OF WRETLING LET’S est donc le
premier album du groupe et il est sorti il y a un vingtaine de mois. Et oui,
déjà, mais nous sommes pas si en retard que ça, car le label Full Time Hobby
réédite cet album avec un deuxième disque en bonus (les titres des EP). Ce qui
fait 29 morceaux, dont la plupart sont réussis, mais tellement barjots qu’on se
demande si il y a un minimum de sérieux dans ce groupe. Le titre de l’album est
déjà une blague, une référence à l’album mythique de King Crimson. Mais
lorsqu’on s’intéresse d’un peu plus près, on est rapidement emballé par cet
humour et par le fait que les gars s’amusent et ne se prennent visiblement pas
trop la tête. D’autant plus que musicalement les compos tiennent la route et
sont agréables. Derrière tout ça, le trio londonien semble honnête et ne se
cache pas derrière une quelconque intellectualisation de leurs chansons.

Pour le côté « sérieux » et bien rock du groupe, il y a une
belle entrée en matière avec deux titres qui envoient. “My Arms Don’t Bend
That Way, Damn it !” et “I’m In Love With Destruction”. En fin d’album le titre instrumental éponyme tire
presque sur quelque chose de progressif. C’est très soutenu, mais drôlement
efficace pour mettre un point final à l’album. Et au milieu du disque, il y a à
boire et à manger… Par moment on est dans la mélodie fastoche et décalée (We
Are The Men You’ll Grow To Love Soon, Song For Old People), parfois on retrouve
cette touché à la Pavement
(In Dreams, My Schedule) et pour le reste on navigue entre indie et noisy rock.
Let’s Wrestle trouve facilement des mélodies accrocheuses qui se marient à
merveille avec le style proposé. On ne s’ennuie pas le long de cet album.

Du punk au rockabilly

Sur le deuxième disque, on
retrouve deux ou trois titres figurant sur le premier dont le très bon “I Won’t
Lie to You”. “Insects” qui figue aussi sur les deux disques perd un peu de son
charme sans les chœurs. Dans l’ensemble, ces titres des EPs sont un peu plus
brouillons que le disque complet, mais reste forcément dans la lignée du
premier. Signalons encore la présence du titre “Let’s Wrestle” qui mélange tous
les styles, du punk au rockabilly. Avec ce double album, on a un large et
profond aperçu de ce qu’est capable de faire le groupe. Ils ne vont sans doute
jamais rivaliser avec les grosses écuries anglaises d’indie-rock et de
britrock mais ils nous ravissent par leur originalité, leur humour décalé et
leur second degré. A consommer et à conseiller !


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