mardi , 18 septembre 2018
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John and Jehn

En interview

Interview réalisée dans le cadre du Montreux Jazz Festival 2010


INTERVIEW De passage au Montreux Jazz Festival, le duo de Charentes exilé à Londres s’exprimait avant son concert au Café. Devenu quatuor, John & Jehn garde toutefois cette tension inexorable, cette froideur cold wave en aucun cas alibi. Ce groupe est à suivre la main sur le coeur, sait-on jamais jusqu’où cette aventure va les mener. Sans doute très loin…

Sans préavis

Le duo
français expatrié à Londres, John & Jehn, paraît bien moins impressionnant
que leur visuel sombre veut bien le laisser croire. Elle, en robe d’été,
fraîche et pétillante. Lui, malgré ses nombreux tatouages et son attitude rock
and roll désarme tout interlocuteur de ses yeux bleus transparents. A savoir
comment ils se démarquent des nombreux autres duos fille-garçon du moment, ils
répondent ne pas y penser et ne pas avoir à la faire. La composition du groupe s’est
imposée d’elle-même. « Pas de choix mais une histoire de vie ». La
différence, elle, vient de la musique. Leur dernier album TIME FOR THE DEVIL est sorti début 2010 et a été produit par Dave Bascombe (Depeche
Mode, Echo and the Bunnymen). Ce titre est venu à John lors de la lecture du
poème « L’heure du diable » de Fernando Pessoa et lui a également
inspiré le titre du même nom contenu dans l’album. « Le point du non
retour, de l’urgence », dixit Jehn. En tous les cas c’est dark et d’autres
intitulés le confirment, “Ghosts”,  “Vampire”… Le but
inavoué serait-il d’intégrer la BO de Twilight ? John s’empresse de
répondre oui étant donné la visibilité accordée aux artistes y participant. On
soulignera que pour ce troisième opus des noms improbables comme Fanfarlo, Battles
ou Vampire Weekend apparaissent. Mais passons… John and Jehn ont quant à eux posé
une chanson pour la série Skins…Un côté plus populaire en totale opposition
avec leur côté rétro. Leur musique, populaire, elle le devient aussi. Après une
influence très Joy Division, ils s’entichent désormais de New Order.
« C’est sans doute dû à plus de claviers aussi. On fait quelque chose d’un
peu plus dansant. Une évolution presque logique ». Selon Jehn, cependant,
ce n’est pas cela qui ouvrira l’accès au grand public. Au final, ils ne font
que ce qu’ils ont envie de faire, sans préavis…

On leur
parle du visuel de la pochette. « Tout a été fait par Antoine Carlier, un
ami. Ce type est vraiment devenu un membre à part entière du groupe ».
Dualiste encore, la pochette les représente de dos se regardant dans un miroir.
« L’idée de base était de créer quelque chose de déformant. D’où le miroir
déformant. Quand je regarde le résultat maintenant, je le trouve très intimiste
pour le coup ». On ne contredira pas Jehn. Le visuel semble prendre une
part importante pour eux mais ils affirment que la seule chose qui compte est
la musique. Le reste n’a pas tant d’importance. « On ne serait pas
musiciens sinon ». Et sur scène ? « Tu verras ! » glisse
John malicieusement. « Bon, ok. En live, c’est beaucoup plus rock que sur
l’album. Les gens ne s’y attendent pas forcément mais il y a une vraie énergie
et un partage. » On veut bien les croire. De plus, le duo se transforme en
quatuor le temps des concerts. Pour la musique, ils restent seuls maîtres à
bord. On se rappelle leur parcours épineux. Une expatriation d’Angoulême à
Londres, des petits concerts à la tonne pour pas un sou et les voilà avec ce
deuxième album salué par les critiques. Un conte de fée rock ? Jehn fait
la moue. « Parfois, ça relevait plutôt du cauchemar » rit John. Mais
au final, les critiques ils ne les lisent plus et le succès commercial semble
lointain. Ce n’est pas non plus ce qu’ils souhaitent. L’important ?
Pouvoir faire de la musique et en vivre. Juste ça. Le stade où ils en sont ne
les a pas changés et ils citent en exemple Alex Kapranos de Franz Ferdinand
avec qui ils ont tourné. « Le mec se fait reconnaître partout où il va et
il ne semble même pas s’en apercevoir ». La musique, la musique… et rien d’autre.

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John & Jehn

Time For The Devil (2010)

Ecrit par Boris Berger – Le 9 mars 2010

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