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Health

Disco 2

Label: City Slang


ELECTRO Un an après sa
sortie, Get Color  des géniaux Health
ressort remixé par la fine fleure de l’électro actuelle. De quoi faire mieux
que l’originale ?


Pour Health, c’est donc devenu un passage obligé que de
publier un remix de son album. En effet, le premier disque du groupe avait lui
aussi eu le droit au même processus avec le précédent DISCO qui contenait une des meilleures chansons des années 2000 “Crimewave”, fruit de la rencontre de deux des meilleures groupes
de ces mêmes années : Health donc et Crystal Castles. Mais tout cela
s’avère en définitive assez logique tant les albums de Health appellent
intrinsèquement leur remix. Car les chansons des quatre de Los Angeles semblent plutôt
être des destructions de chansons. A la fois rugueuse et mélodique, elles ne
choisissent jamais entre la voix monotone du chanteur et le son volontairement
sale des synthés et guitares, haché de silence. Le tout est à la fois atonal,
désynchronisé et rythmé. Charge aux remixeurs de dénicher les chansons
potentielles cachées au sein de GET COLOR.

Une wunderteam sous
l’œil d’un entraineur magicien

Si le concept de remix apparaît souvent comme un procédé
commercial utilisé par la maison de disque pour rentabiliser un album, il est
important de préciser qu’Health sont ici parties prenantes et ont curaté
eux-mêmes cet album. Et la liste des invités démontre une fois de plus leur bon
gout. Parcourir la liste des groupes présents, c’est presque donner le 11 idéal
de l’électro actuel : en commençant par Crystal Castles, de nouveau
convié, auquel s’ajoutent le très 90’s Pictureplane, la révélation Javelin, les
grands espoirs Salem, les insouciants Small Black, le très polyvalent Gold Panda
et d’autres. Chacun impose son style reconnaissable entre tous et les chansons
de GET COLOR en sortent entièrement
changés, certaines étant même remixées plusieurs fois sans qu’aucune répétition
ne soit perceptible. Un point commun à l’ensemble des morceaux de DISCO 2 reste tout de même l’effacement
des guitares.

 

Crystal Castles étaient évidemment très attendus après leur
premier essai parfaitement réussi. Leur remix de “Eat Flesh” surprend
à l’instar de leur dernier album. Cette fois, ils ne signent pas le tube du
disque mais ce n’était pas l’intention du duo canadien. Leur version fait
ressortir une ambiance fantomatique, glacial, proche de leur “Celestica”, et très radical, avec une batterie restant très
présente et un bip strident. Un très beau morceau de ghost-wave. Dans la même
veine, les incroyables Salem plongent “In Violet” dans leur chaudron
mêlant dubstep hanté et ambiance de cryptes. Ces deux chansons ne doivent pas faire croire que DISCO 2 a une teinte sombre d’ensemble,
au contraire une de ses qualités tient à la diversité des styles. Ainsi Javelin,
Small Black et CFCF livrent des remixes pop et tropicaux. “In Heat”
revue par Javelin, voilà peut-être le tube incontournable de cet album,
endiablé et léger, bref jouissif. Pictureplane, quant à lui, passe le tube de GET COLOR, “Die Slow”, à la
moulinette pour en faire un vrai hit rave. Mais la transformation la plus
radicale, c’est Gold Panda qui l’assure, “Before Tigers” étant
transsubstancé en une chanson instrumentale totalement démente. A part ça, on
trouve de l’assez bon (Little Loud), de l’intéressant (la présence de
Blindoldfreak plus habitué aux drones), mais aussi du putassier avec Tobbaco,
seul maillon faible de cette équipe de rêve, qui a le mauvais gout d’envoyer du
beat lourdingue et fait ressortir la voix du chanteur de Health comme si c’était
Thom Yorke (Argh !).

Des lendemains qui claquent

DISCO 2 révèle
donc une véritable wunderteam, alliant polyvalence et efficacité. Tout ça, sous
l’œil expert d’un coach, qui n’est pas en reste en signant la première des 12
chansons de cet album. Il s’agit d’un nouveau titre de Health “USA
Boys”, que les gens avisés ont déjà eu la chance d’entendre lors du
passage du groupe à Kilbi. Un titre juste énorme, différent du travail du
groupe sur GET COLOR, et collant
parfaitement avec cet album de remix. Le son est beaucoup moins rock, guitare
et batterie ayant quasiment disparus. Un titre révolutionnaire dans la
trajectoire du groupe, qui laisse présager des lendemains qui claquent.

Health sera de retour
en Suisse le 27 août à Zürich lors du Zürich Open air.


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