vendredi , 20 juillet 2018
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Graham Coxon

A+E

Label: Parlophone Records

INDIE-POP-ROCK - A+E est le huitième album de Graham Coxon, toujours dans sa logique indie-rock/trashing pop, loin de son blur natal, mais avec son toucher de guitare incroyable et cette voix d’adolescent qui ferait chavirer tout le front row. L’album, produit par Ben Hillier, est intelligent et très pointu. L’écoute doit être attentionnée sous peine d’en louper la quintessence.

Alors, il faut que j’explique le contexte car sinon vous n’allez pas comprendre mon attachement à trouver cet album intelligent et génial. Lorsqu’il s’agit de Graham Coxon, je deviens limite « gaga ». Depuis juin 1990, je trouve ce gringalet timide : génial, sublime, magique et mignon. Bref, je craque depuis 22 ans sur ce type à l’allure d’un ado attardé avec sa voix fluette et son look de nerd. Parce que, malgré son côté trognon, c’est surtout son toucher de guitare qui m’a révolutionné en 1990. Quand un type tout frêle est capable de me tirer des larmes en deux ou trois accords, je fonds (comme je craque sur le toucher de Bill Ryder-Jones).
Bref, chroniquer le huitième album de "mon" Graham (oui, depuis 22 ans, je peux largement me permettre !), c’est comme donner une cigarette à un fumeur : suicidaire !

Pour la petite histoire, Coxon a composé 21 chansons en deux mois, en jouant pratiquement de tous les instruments et, avec l’appui de Ben Hillier (déjà sur l’album THE GOLDEN D et aux manettes du THINK TANK de Blur), divisé le tout en deux albums : A+E et le suivant (peut-être l’année prochaine). Prolifique, Graham Coxon l’est sans aucun doute. Et autre chose que le guitariste de Blur, aussi. Parce que, quand vous dites Graham Coxon, on vous répond (au mieux) : "Song 2", "You’re So Great", "Tender", et plus souvent «Ah ouais, Coxon, c’était le guitariste de Blur, non »? ( je rappelle que Blur n’est toujours pas séparé).

 

 

Bref, Graham Coxon est avant tout un artiste : guitariste, soit, mais dessinateur, photographe et, donc, un musicien génial. On peut même s’aventurer à dire que Blur c’est surtout lui (et Damon Albarn). Une chanson de Blur sans le toucher de Graham c’est (presque, faut pas pousser non plus !) fade. Toute cette introduction pour annoncer A+E comme un bien bel album…

Je vais tout de suite vider mon sac sur le nom (déjà utilisé, à deux mots près, par Spiritualized en 2008) qui n’est pas vraiment pertinent et la photo illustrant la pochette, quasiment déjà vu dans le travail de Larry Clark. Ceci était dit (critiques rapides), si A+E pouvait être rapproché d’un autre album, la filiation serait sans aucun doute BLUR (L'album)

"Advice", titre d’ouverture, est du pur indie rock et très punky. Dans la foulée "City Hall" appuie sur la fibre noisy avec une belle ligne de basse. Mais Coxon produit alors "What'll it Take", véritable chanson pour soulever une foule, avec certes des paroles basiques (What’ll it take to make you people dance ? I don’t know I don’t know I don’t really know what’s wrong with me ? what’s wrong with me ?) répétées sur 4:29 minutes ! "Meet, Drink and Pollinate” ressemble à un mauvais trip psychédélique avec un air new-wave mal digéré. Surgit alors le tournant de l’album… "The Truth" est un assemblage noisy avec une basse et un beat entêtants. Les paroles distilleraient presque le message d’un messie. Ce titre captivant est suivi par le délicieux "Seven Naked Valleys" dont la sonorité pourrait être rapproché de "National Anthem" de Radiohead.

 

 

Le virage amorcé atteint quasiment le sommet avec "Running For Your Life" qui m’a fait penser à la B.O de Trainspotting. Je passe sur "Bah Singer", de la même trempe, pour parler surtout de la pénultième chanson "Knife in the Cast". C’est sombre (cf. les paroles), beau, inventif et à la limite de l’ensorcellement mental avec ce petit son noisy qui lui sied si bien. Personnellement, je suis tombée amoureuse immédiatement. 6:35 de bonheur. L’album se clôt sur "Oh Yeh Yeh" qui me laisse encore perplexe. Il y a du Blur dans le toucher de guitares, du rock américain dans l’écriture (un côté folk/rock à la Springsteen, en moins brut).

A+E est donc un excellent album qui démontre toutes les possibilités de « l’un des meilleurs guitaristes de sa génération » (dixit Jonny Greenwood et Noël Gallagher, excusez du peu !). Le potentiel créatif est là et on ne peut qu’espérer une nouvelle contribution à la discographie de Blur à la hauteur d’un 13, d’un BLUR ou d’un THINK TANK. Allez, Graham, reviens à la maison ! En attendant les autres chansons déjà enregistrées sur un prochain album…

 


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