vendredi , 18 octobre 2019
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Festival Hautes Fréquences

Review

REWIEW - La sixième édition du festival Hautes Fréquences à Leysin a été une réussite à plusieurs niveaux. L’événement s’est d’abord consolidé comme un lieu de découvertes, avec une programmation éclectique et fraîche, tel un éventail de ce qui est entrain d’arriver actuellement dans les différents milieux alternatifs. L’affiche était pointue, autant au niveau local qu’international, en brassant dans la world music, la cold wave, l’électronique ou la folk d’auteur.

Avec ses mélodies du Moyen Orient et ses airs arabisants, Sofiane Saidi & Mazalda a su enflammer la piste vendredi grâce à un chant profond venu tout droit du désert, une danseuse, une guitare turque électrique, du saxophone, des percussions et une boîte à rythmes pour aboutir à une ivresse en mode Omar Khayam (le poète) et à un fond d’Éthio Jazz et de funk habibi.

D’autre part, Flammkuch s’est confirmé comme la promesse locale dans le monde de l’électronique live, en jouant le flamant Ep qu’il venait de vernir à la fête des Vignerons, au bar 77. Le jeune artiste veveysan arrive à construire un son très élaboré grâce à des machines et des claviers et fait penser par moments aux premières éditions du label Warp, comme celles d’Autechre. En fermeture du premier soir, la Dollkraut Band distille une musique industrielle et mécanique avec des influences parfois orientales ou minimalistes en format trio: basse, batterie et claviers. Le résultat est prenant, narcotique et vire à la coldwave ou au début des années 1980: c’est tendu, dense et sombre, tel des cauchemars murmurés à l’oreille.

Parmi les surprises du deuxième soir, Maria Violenza brille comme une femme orchestre, une sorte de Blondie underground sous tons de tarantelle, déchirée et passionnée. Sur la grande scène, Lumerians propose une new wave tropicale avec de la cumbia psychédélique, de l’italo disco et une partie cheesy avec du digital hardcore pop qui semble venu tout droit de la Russie.

Ils se rattrapent grâce à un morceau arabisant et des influences funk. Claviers, guitare orientale électrique, batterie et séquenceurs, l’instrumentation est atypique et les rythmes sont trop détendus comme pour danser.

Mais la grande révélation de cette soirée est certes Tryphème. La lyonnaise prend littéralement la grande scène par assaut en montant sur sa table de mix et en dansant sur celle-ci sous la lumière rouge des projecteurs. Sa musique électronique évoque par moments celle d’Ellen Allien, Aphex Twin, Boards of Canada ou Telefon Tel Aviv. Elle évolue entre des moments de vide et de plein, entre le rêve et la rythmique avec des envolées surprenantes.

Au-delà de cette programmation exquise, avec également les excellents Juan Wauters, Zahnfleisch et Bitter Moon, le festival a bénéficié d’autres atouts. En premier lieu, son cadre idyllique dans la forêt des fées aux pieds du merveilleux village alpin de Leysin, avec ses chalets et ses anciens hôtels, son air pur, sa nuit étoilée et son eau délicieuse. Des balades en montagne étaient un complément parfait pour apprécier ce festival dans toute sa splendeur.

En deuxième lieu, un autre atout de Hautes Fréquences est l’intimité d’un festival qui ne fait actuellement d’autre promotion que du bouche à oreille et qui reste (heureusement?) confidentiel. Pourtant, la méthode a marché, avec entre 150 et 200 personnes de plus en moyenne par soir par rapport à l’année précédente. Le public des éditions antérieures a aussi contribué à faire du buzz autour de l’événement, en ramenant leurs amis. L’atmosphère était donc tranquille et conviviale, un paradis émotionnel très loin des grandes machines commerciales.

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